Le Cachot de la Pleine Lune, par Cécilia Ann

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[24 heures de la nouvelle 2018 : Toute la nouvelle doit se dérouler dans une seule et même pièce.]

J’aimerais bien savoir quelle fille de seize ans passe son samedi soir enfermée dans une grande salle immense et froide d’une ancienne chapelle.
Encore, si je n’étais pas seule, pourquoi pas. Y’aurais moyen de faire des trucs marrants ; genre faire du ouija ou monter un escape-game.
Faut pas croire ce que la croyance populaire nous assène : être loup-garou, en période de pleine lune, ce n’est pas courir en horde à travers les bois. Non. La vérité, c’est pas glam’ du tout ; quand l’astre de la nuit est au firmament, c’est enfermement. Surtout quand on est adolescent. Ce joli proverbe me viens tout droit de Mamie Nan ; à la période la plus supposément cool de ta vie, en plus des boutons, tes hormones rendent ton loup incontrôlable. Qu’importe que tu le maîtrisais déjà avant, et qu’enfant, tu étais aussi sage qu’un caniche ; il y a eu de tels déchaînements de violence que désormais, c’est cachot pour tout le monde. Et pas question de se transformer ; toute source vers l’extérieure est close, pour que l’on ne sois pas tenté de voir notre déclencheur et de se mettre en mode full-bersek.
Autant vous dire que c’est l’ennui total.
Et encore, j’ai eu de la chance ; selon ton rythme de croissance, tu peux y passer des années. C’est comme l’appareil dentaire ; il y en a qui commence à l’entrée du collège, d’autres qui tiennent jusqu’au lycée.
J’ai plutôt de la chance : je fais partie de la deuxième catégorie. Enfin, il faut bien se consoler de quelque chose, au moins là dessus… Si l’acné aurait pu en faire autant, question timing…
J’espère que ce que je vois dans la glace est dûe à son âge ; sinon il y a de quoi faire peur. J’ai la peau grisâtre comme si j’étais malade, et mes cernes et autres points noirs ressortent. Je réprime un frisson de dégoût et me dépêche de quitter cette vision traumatisante
Je regarde frénétiquement l’écran de mon téléphone, comme si par miracle, il allait s’afficher autre chose qu’une barre sur l’état du réseau. Pour la centième fois, je réprime l’envie de le jeter contre un mur, autant parce qu’il est à peine vingt et une heure que parce que je suis définitivement coupée du monde. Et ce n’est pas comme si il y a avait quelque chose à faire. Mes parents ont quand même insisté pour que je prenne mes devoirs, histoire d’avancer « tranquilement » (mais quelle blague) mes révisions et mes cours sans distractions. C’est vrai que je dois rendre un commentaire composé et des bacs blancs de langue qui font au moins cinquante pages. Même en une nuit, je n’en viendrais pas à bout de toute façon.
Un lit de camp m’attends, mais je n’ai pas sommeil ; en plus il grince à chaque déplacement de plus d’un millimètre. Et puis, ce n’est pas parce qu’on est loup-garou et initiée au rites sorceliers que l’on aime dormir dans des lieux vides, lugubres et abandonnés. Bouh.
Je suppose que ce n’est pas uniquement à cause de la pleine lune que j’ai atterri ici ; c’est sans doute une punition pour toutes mes bêtises précédentes. Ca a beau être propre, dépourvu de la moindre décoration à l’exception du lit, des chaises et de quelques tables rangées dans un coin et même sobre, à part quelques vitraux et des sortes de voûtes sculptées, ce n’est qu’une prison. Trop grand sans doute pour être un cachot Je crois que c’est une église ou une chapelle, je ne sais pas quelle est la différence, on ne s’intéresse pas vraiment à Dieu dans ma famille, vu
« Le cachot de la Pleine Lune ». Cela ferait un bon titre de roman d’épouvante, comme les Chairs de Poule stockés chez ma grand-mère que je dévorais plus jeune, déjà usés par les années et soigneusement rangés sur les étages des chambres mansardées.
Il faut cependant que j’arrête de faire les cents pas comme ça, je vais devenir folle à force de tourner en rond ; et je vais finir par user prématurément mes addidas superstars neuves. J’ai tellement mis de temps à les avoir que c’est à peine si j’ose les porter, maintenant.

Alors je m’assois par terre et trace un pentagramme ; d’ordinaire, je ne trouve aucun intérêt à faire de l’invocation, surtout que je n’ai pas le droit de l’utiliser pour faire des choses marrantes, sans quoi on me retirerais tous mes pouvoirs. Du coup, à défaut de pouvoir faire léviter cette idiote hypocrite de Capucine, je dois quand même me taper des cours barbants en plus de ceux déjà complètement inutiles du lycée pour maîtriser mes « dons ».
Je prends bien soin de fermer mon âme et de l’y enfermer dans une forteresse mentale avant de procéder au rituel en lui-même ; la protection est essentielle contre les éventuelles âmes malveillantes que l’on est susceptible d’attirer et encore plus dans les androits déjà à forte connotation spirituelle. Le commun des mortels l’ignore et cède à la folie instillée par les entités noires, qui tapies dans l’ombre, se vengent sur les vivants de leur vie passé dès qu’on leur ouvre la porte.

J’ai toujours une craie sur moi, une habitude que l’on m’a incluquée et que je continue d’avoir dans une sorte de respect de tradition sorcelière. J’ai aussi un briquet, mais pas de bougies ; un comble dans une église, j’aurais espéré qu’il reste quelques cierges oubliés par-ci par là. Tant pis pour le côté solennel ; et puis après tout, j’ai toujours trouvé que cela faisait kitsch. C’est pour le décorum ; dès qu’ils y sont invités, les esprits qui habitent les lieux ne se privent pas pour venir qu’il y ai ou non de la lumière.
Tandis que l’air se charge imperceptiblement de ces petites décharges électriques qui rétablissent le lien entre les mondes, je ferme les yeux, m’imaginant à qui vais-je bien parler. Difficile de savoir qui va bien vouloir venir ; c’est assez aléatoire. Cela peut être une persone liée au lieu, qui l’a habitée, qui y est décédée ou qui y était très attachée. Parfois, elle n’a rien à voir avec, elle se situe juste à quelques kilomètres mais le rituel l’a « aspirée » jusqu’à nous. Un peu d’appréhension surviens : on ne sais jamais sur qui on va tomber. Je sais que je ne risque rien – techniquement, ma perception des auras m’avertira à la seconde où celui-ci se matérialisera devant moi et je pourrais interrompre le rituel aussi sec – mais je ne l’ai jamais fait et malgré mon entraînemement, je ne suis pas totalement confiante. Je me dit que quand même, faire ça dans un lieu dont je ne connais même pas l’histoire, c’est plus que risqué.

Je n’ose pas rouvrir les yeux, alors que pourtant tous les signes sont au vert ; je regrette déjà. Pour un coup, je préférerais presque disserter sur la société dépeinte par Victor Hugo.
Mais vu qu’il s’agit d’une âme bien intentionnée, ce serait super malpoli de la jeter comme ça, juste après l’avoir convoquée. En plus, la plupart du temps, ils veulent juste discuter un peu.
Je rouvre les yeux. Et manque de tomber à la renverse.
En face de moi, à l’extrémité est se trouve le plus bel homme que j’ai jamais vu.
Il est si proche de moi que, si, il avait encore une forme physique, nous pourrions nous toucher.
Ma bouche produit même une sorte de couinement de chaton. Bonjour la honte.
Je ne sais pas si il a naturellement ce côté éthéré ou si c’est la mort qui lui donne ce teint de porcelaine qui font ressortir ses yeux d’un noir où brillent des éclats scintillants et de longs cheveux entre le gris et le bleu.
Il a le visage d’un ange, et si, je ne savais pas que ce n’étais qu’une projection immatérielle d’une âme, je sera Je comprends mieux pourquoi les non-initiés perdent si vite pieds et ils ne me semblent plus si bassement stupides et naïfs d’un coup.
Avant de me mettre à perdre complètement mes moyens et en tentant de maîtriser le tremblement de ma voix, je me présente et entame les salutations d’usages.
—  Bonsoir, jeune Seraphina, me réponds t-il. Je me nomme Daurieus Lautrémont.
Manifestement, ce n’est pas la première fois qu’il communique avec un vivant et il est bien plus à l’aise que moi dans l’exercice. Il me sourit et j’ai même l’impression qu’il contribue à me calmer, tant je sens que l’atmosphère perds de son intensité, tendant vers l’harmonie et l’apaisement.
Des miliers de questions se bousculent dans mon esprit, les plus indélicates comme les plus incongrues, manifestation de mon plus vilain défaut ; la curiosité mal placé. Mais Daurius l’est plus que moi ; il est très curieux de ce que bien faire une fille du vingt-et-unième siècle. Du coup, je me dis qu’au final, il ne prendra pas mal mes questions et je saisis la première occasion de tenter de grappiller des infos au passage.
— Assez parlé de moi… Si tu es venu ici… enfin, je veux dire, en général, les m… les gens aiment bien parler d’eux.
Il me gratifie d’un sourire de dents tellement blanches qu’elles scintillent.
— Je n’aime pas parler de moi, ce que je préfère le plus, c’est écouter les histoires des gens qui viennent, enfin vivent dans le futur… Enfin, tu me comprends par rapport à mon époque.
Il a l’air presque gêné et je le suis aussi. Je regrette d’avoir pensé à lui demander comment il était mort, je sais que c’est indélicat au possible, que normalement ce n’est pas un sujet que l’on doit aborder de nous-même, mais il en a tellement peu dit que ça en deviens terriblement attirant…
Une expression que je ne parviens pas à déchiffrer passe sur son visage. Une sorte de résignation mêlée de nostalgie.
— Mais bon, tu as raison, tu m’en a dit beaucoup, je vais te rendre la pareille… Pose moi toutes les questions que tu souhaite et j’y répondrais sans détour.
J’aurais juré qu’il avait soupiré même si c’est impossible. Je n’ose pas attaquer frontalement la question du trépas, j’ai quand même un minimum d’éducation et la retenue qui va avec. Un instant, je reste bête, démunie, ne sachant pas par quoi commencer. Un peu déstabilisée aussi, par la liberté totale qu’il m’offre.
— Hé bien, euh… ce lieu… est-ce qu’il signifie quelque chose de particulier pour toi ?
Bien évidemment, ma nature ne lui a pas échappé et il s’est montré compatissant envers mes mésaventures.
—  Comme toi, je n’y allais pas vraiment par choix, mais je venais d’une famille très croyante. Tout le monde devais assister à la messe. Pour moi, surtout quand j’étais enfant, c’était aussi une sorte de punition. Mais la Chapelle de Tressort était déjà presque abandonnée ; tout le monde se rendais à l’église voisine, flambante neuve et qui venais de s’élever du sol, toute parée de dorures et de tableaux magnifiques ; elle faisait pâle figure en comparaison. Mais pour autant, si je devais sentir la présence de Dieu, c’était là, dans sa modestie, la simplicité dans le dénuement cette sobriété qui la rendais si facile à s’approprier.
Encore cette expression indéchiffrable dont on ne sais si c’est la joie ou la tristesse qui prédomine.
—  Je suis content que ce lieu existe toujours et qu’il ai été préservé, malgré l’abandon de sa fonction principale. J’imagine que c’est pour ça que j’y ai été attaché après… ma mort.
Il s’interromps un court instant, et je réalise que je suis suspendue à ses lèvres, transportée par son histoire. J’ai même l’impression que je ne respire plus, que mon coeur a cessé de battre. J’ai basculé dans son monde.
— Je croyais en Dieu, comme tout le monde à l’époque, mais j’étais assez sincèrement convaincu de son existence. Mais la messe et tous les rituels de l’église catholique ne me convenaient pas. Je n’arrivais pas à y établir la communication avec Dieu et à me sentir lié avec lui.
En revanche, je me sentais bien ici. Je pouvais y entrer à toute heure du jour ou de la nuit et n’y jamais trouver personne. Je ne sais pas si c’est Dieu qui me répondais mais quand je m’asseyais dans la nef, je réfléchissais et je trouvais en moi les réponses (il décrivit d’un grand geste l’androit où se trouvait le lit), je laissais mes pensées divaguer et je posais en moi les questions sur ma vie et mon avenir.
Au début, il y avait un prêtre qui vivais en-dessous. A l’époque Je le croisais quelque fois, mais ensuite, je ne l’ai plus vu. Peut être est-il mort, peut être a t-il été affecté à une autre église… Il avait du comprendre pourquoi je venais ici, il ne me posais jamais de question et contrairement à l’archevèque qui officiais dans la commune voisine Je ne me suis jamais vraiment interrogé sur son sort, je l’avoue…
Il y avait aussi cette légende que tout le monde dans le village connaissais mais dont personne ne pouvais m’en dire la provenance. On disais que la chapelle existais depuis les premiers temps du monde.
Si les êtres immatériels avaient la capacité de rire, j’aurais juré qu’il avait pu le faire à cet instant.
—  J’y croyais sans vraiment y croire. Il m’a fallu la… mort pour que je réalise qu’ils avaient raison et que tous les signes étaient là. Mais il valais mieux ne pas parler de ces choses là sous peine de finir sur un bûcher, condamné pour sorcellerie.
J’en croyais à peine mes oreilles. Comment cet androit aussi triste et banal pouvait cacher une histoire ausi intéressante ? Décidément, j’avais bien fait de me lancer dans l’invocation. Encore mieux que le dernier épisode de Game of Thrones !
—  Un jour, je suis entré comme d’habitude, je me suis assis… Et soudain, comme surgit de nulle part, une jeune fille est apparue. Petite, les cheveux bruns et bouclés en bataille des tâches de rousseur de partout. Elle était très… énergique, et elle n’avais pas vraiment le caractère des autres filles que je côtoyais. Elle m’a expliqué qu’en réalité, elle voyageais à travers les âges et que la Chapelle était son portail d’accès.
— Comment est-ce possible ?! m’écriais-je, oubliant toute notion de respect et de courtoisie. Même en tant que sorcelier, on ne peut pas se déplacer dans les époques et interragir avec les vivants… C’est… impossible !
—  Elle m’a expliqué que c’était dûe à la Chapelle en elle-même ; elle s’élevais sur les ruines d’anciens sanctuaires païens, détenus par les premiers pratiquants. Leur magie était à l’apogée de leur puissance et c’était pour ça qu’ils avaient cette faculté. Ensuite, leur art s’est perdu à travers les siècles et à cause des persécutions dont ils ont été victimes. Mais elle avait été initiée à leur art et détenais cette capacité.
—  D’où venait-elle alors ? Et pourquoi elle faisait ça ?
—  Ysée est toujours restée vague sur le sujet. Il ne fallais pas que j’en sache trop, pour ne pas perturber le cours du temps. Elle ne venais pas de mon époque. Quand à quel était le but de tout ces voyages, je n’en sais trop rien.

J’aquiesçais, mais je restais sceptique. On m’avais raconté que certains morts, surtout depuis des siècles perdaient un peu la boule. Daurieus avait beau me paraître sain d’esprit, tout cela me semblais un peu trop fantasque pour être vrai.
Je me devais de rester sur mes gardes. Même si il me semblais sincère et que son aura restais d’une pureté immaculée, il avait peut être mélangé des éléments réels et d’autres tout droit sorti de son imagination. L’éternité pouvait avoir des effets délèteres sur la mémoire et la perception du réel.
Il dut devenir, car ses traits s’affaissèrent un peu, sa voix perdit de vigueur :
— Tu n’es pas la seule à ne pas m’avoir cru et je ne peux pas t’en vouloir. Je n’y croyais pas non plus. Bien que je supposais qu’elle n’étais pas du village, à sa façon de parler et à ses manières, je ne croyais pas vraiment à ces histoires pour autant. Mais, je m’ennuyais, et elle me distrayait. Je me fichais pas mal de savoir si ce qu’elle me racontais était vrai ou inventé.
Je l’écoutais attentivement, notant tous les détails dans ma tête. J’avais hâte d’en parler à mes grands-mères ou aux Sages.
— Un jour, repris t-il, j’ai fini par en avoir marre. Elle venais épisodiquement me raconter ses histoires et j’ai fini par lui demander de me prouver leur véracité. Elle a refusé. Elle me disais que c’était trop dangereux, que je n’avais pas d’ascendance maegis et que je n’avais pas été initié. Je pouvais mourir, ou pire, errer sans fin à travers les époques.
Ce suspense me tuait. Moi aussi, je commençais pas mal à me moquer de ce qui était vrai et de ce qui ne l’étais pas. On ne m’avais jamais dit que l’invocation, ça pouvait amener à ce genre de trucs.
— Pendant plusieurs semaines, je ne l’ai pas revu. Et puis un jour, elle m’a annoncé qu’elle avait réussi à me frayer un passage. Elle avait fait des tas de rituels pour le sécuriser et pour que moi, simple mortel sans capacité magique, je puisse l’emprunter.
Je redoutais de ce qui allais suivre. L’intensité qui émanais de lui disparaissais, indice que nous évoquions des souvenirs douloureux. Cela faisait aussi un certain temps que nous parlions ; les rituels n’avaient qu’une durée limitée et je n’avais aucune expérience. Je n’étais pas à l’abri que toute communication se coupe subitement.
Daurieus avait deviné ce que j’avais pressenti.
—  Là, dans le fond, dit-il en faisant un grand geste, une porte que je n’avais jamais vu est apparue. Je l’ai suivi… Et… le reste est assez confus.
Je savais, à ces mots, que c’était surtout. Moi-même, j’en avais des frissons. Les morts en pleins rituels magiques étaient des agonies lentes et douloureuses et l’on sentais, paraît-il, jusqu’à la déchirure de l’âme. Cela ne donnais pas vraiment envie.
— Mais ne t’inquiète pas, demoiselle Séraphina Denevos, tu ne risque rien. Ce lieu n’a jamais plus tué personne. Et tu es sorcelière et loup-garou, tu maîtrise suffisamment la magie pour n’en retirer aucun mal.
Un brusque courant d’air froid traversa l’esprit, je ressenti de nouveau les petites décharges électriques, et puis… plus rien. Je me mis à cligner des yeux à plusieurs reprises, me les frottais jusqu’à ce que je me mette des traces de mascara plein les doigts. Il n’étais plus là. Mon pentagramme disparu, signe que le rituel avait pris fin. Je me relevais, les muscles endoloris, comme si je sortais d’une séance intense de sport, ce qui avait été presque l’équivalent, quelque part. Je mis un peu de temps avant de rassembler mes esprits. J’entrepris d’inspecter le mur du fond qu’il m’avais désigné, comme si je cherchais des preuves de la véracité de son histoire. Evidemment, il n’avais rien et je regrettais d’avoir été si naïve.
Maintenant que tout le côté sensationnel lié à l’invocation avais disparu, je réalisais que je m’étais sans doute bien faite avoir un être sans doute en mal de sensation qui profitais alors de la maigre influence dont il disposais pour faire flipper les vivants. Une pratique apparemment assez courante chez les morts, dans laquelle je m’étais manifestement laissée avoir.
C’était bien trop extravagant, et pas crédible pour un sou. Je ne connaissais pas toute l’Histoire et encore moins toutes les branches magiques, mais cela me semblais absurde que cette chapelle soit capable d’abriter une telle source d’énergie et encore moins des familles supposément capables de défier les lois de la physique. Si cela avait été réel, alors Ysée n’avais été qu’une sorcière maléfique qui l’avais utilisé comme sacrifice, mais là encore cela me semblais invraisemblable. Je n’étais encore qu’une petite apprentie, mais je savais ressentir la magie d’un lieu. Or, il y en avais ici qu’à peine quelques traces éparses et pas assez pour faire des rituels aussi complexes, à supposer qu’il existe.
Je collais ma tête sur les pierres, cherchant la moindre aspérité qui trahirais une inscription, un levier pour un passage secret. Evidemment, il n’yavais rien.
Au moins tout cela avait eu le mérite d’occuper ma nuit. Je commençais même à ressentir un peu de fatigue ; tant pis pour les cours, les écrivains du XVIIIe siècle pouvaient attendre.
J’allais donc m’affaler sur le tas de métal et de ressort qui me servais de lit de camp, quand, alors que je quittais le mur des yeux, mon regard accrocha le relief d’une pierre. Le temps d’une fraction de seconde, j’avais juré y lire « Y.L 1708-1741 & D.L 1703-1737 », mais quand je m’y approchais de nouveau, rien ne s’y trouvais. J’avais bien besoin de sommeil.

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2 thoughts on “Le Cachot de la Pleine Lune, par Cécilia Ann

  1. Quelques fautes d’orthographe et des mots manquants, mais j’aime beaucoup ! Bonne idée de mélanger tant d’univers, la suite pourrait être intéressante 🙂

  2. Une histoire qui appelle un développement.
    La pauvre jeune louve va devoir justifier de ses pratiques car la magie laisse des traces pour qui sait les sentir et je ne doute pas que ses parents le sachent.
    D’ailleurs n’ont-ils pas fait exprès de la maintenir là ?
    quelques coquilles mais une lecture agréable
    Merci 😀

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