Bienvenue en Enfer, par Alyéée

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[24 heures de la nouvelle 2018 : Toute la nouvelle doit se dérouler dans une seule et même pièce.]

La douleur me réveilla. Elle me vrillait les poignets, se répandait dans ma nuque, descendait dans mon dos, et s’insinuait dans mon crâne.  Je décide d’ouvrir les yeux, prenant peu à peu conscience de l’environnement qui m’entoure. La première chose qui interpelle après la douleur, c’est l’odeur. Il règne une vielle odeur d’urine, de transpiration et de sang qui me soulevés le cœur ajoutant de la douleur à celle qui m’habitait déjà. J’essaie de me déplacer pour trouver une position plus confortable. Mais les chaînes qui me retiennent les bras au-dessus de la tête me bloquent et ma tentative de mouvement déclenche une vive douleur dans mon épaule. C’est une souffrance de trop que je ne peux pas supporter, je m’effondre inconscient.

Mon deuxième réveil, je le dois à la faim qui me ronge cette fois. J’ignore à quand remonte mon dernier repas, cela fait tellement longtemps que j’ai oublié. Et même si je pouvais manger, l’odeur des lieux me rend tellement malade que je ne pourrais rien avaler. C’est d’ailleurs une chance que je n’ai rien dans l’estomac, ça m’aura au moins évité de me vomir dessus et d’ajouter cette mauvaise odeur aux autres.

Après quelques minutes nécessaires pour calmer mes haut le cœur, j’arrive enfin à passer outre toutes les douleurs qui me tiraillent le corps et l’odeur nauséabonde, qui semble venir en grosse parti de moi, pour me concentrer sur ce qui m’entoure. Le manque de lumière ne me permet pas de voir grand-chose dans la pénombre ambiante. La seule source de lumière de la pièce ne diffuse qu’une faible lueur ne me permettant que de voir que la douleur qui met mon corps au supplice est fondé. Mon pantalon est bon à jeter. Il est couvert de sang et d’autres taches d’origine suspectent, sans parler de toutes les lacérations qu’il a subi et dont je peux aisément deviner qu’elles n’ont pas épargner la peau en dessous.  Mon torse est dans un état assez similaire, mais cette fois aucun vêtement n’est là pour cacher les marques et absorber le sang. Et je pense pouvoir affirmer que mon dos n’est pas en meilleur état, mais la difficile de juger vu que ma position me bloque tout mouvement. Je peux seulement me fier à mes sensations et aux faits que j’ai la peau en feu. Et le fait d’être adosser à un mur en dalles irrégulières n’arrange rien, le moindre mouvement même infime me racle le dos contre la pierre et rouvre mes plaies qui se remettent à saigner.

Le seul sens qui qui me reste qui ne soit pas altérer c’est l’ouïe. Mais elle ne m’apprendra rien, il n’y a pas le moindre bruit.  Rien, pas même le bruit du vent s’engouffrant dans les interstices du mur. J’ignore si quelqu’un est au courant de ma présence ici. Je n’ai vu ou entendu personne. Je ne sais pas depuis combien de temps déjà je suis là mais je ne peux pas rester. Je dois aller au travail, sans moi la boite va faire faillite. Je suis sûr que tout ça c’est encore un coup de ma femme. Elle n’a jamais compris que je faisais tout ça pour nous. En plus elle a eu la bonne idée de mourir au mauvais moment. Tu parles d’une égoïste. Tout est de ta faute si tu avais fait plus d’effort pour être une meilleure épouse.

–              ‘’ Je voie, mon cher mari que vous n’avez toujours pas compris. Je me doutais que vous refuseriez de comprendre.  Mais je dois reconnaître que je suis surprise que ma mort vous peine. Même si ce n’est pas pour les bonnes raisons, au moins elle ne vous laisse pas indifférent. Et chose surprenante vous n’avez même pas fait de remarque sur les circonstances de ma mort. Vous ai-je tellement surpris que vous en ayez oublié votre volonté de me transformer en parfaite petite femme d’intérieure ?

Mais vous avez quand même eu le cran de dire devant témoin que ma mort n’était pas arrivée au bon moment. Mais y a-t-il vraiment un bon jour pour mourir ? Même si je ressens une certaine joie d’avoir réussi à gâcher vos plans si parfaitement organisés.

Mais je ne suis pas là pour ça bien que vous voir dans une telle position n’est pas pour me déplaire.

Pourquoi me regarder avec cet air horrifié, je suis morte, mais vous aussi. Pas la peine de vous agiter comme ça, vous ne pouvez plus rien me faire, plus jamais.  Le temps où vous aviez le dessus sur moi est terminé.

Je suis venu m’assurer que vous comprenez bien ce qui vous attend à partir de maintenant.

Vous allez souffrir comme vous m’avez fait souffrir. La douleur viendra quand vous vous y attendrai le moins et vous ne saurez pas quand ça finira.  Vous allez découvrir ce que ça fait de vivre en enfer. Vous avez détruit ma vie aujourd’hui c’est votre tour. Il est temps que vous compreniez et que vous expiés vos péchés. Et peut être qu’un jour vous comprendrez ce sentiment qui m’a poussé à en finir.

Au fond de moi je savais que j’étais aussi pitoyable que j’en avait l’air. Le corps recouvert de bleus et d’hématomes, je faisais peine à voir. Mon avenir je ne voulais même pas y penser. Il était aussi noir et douloureux que le présent. Je ne le laisserai pas me prendre, à la moindre occasion je souhaitais en finir avec la vie, tirer un trait sur une vie de souffrance et de désespoir. ‘’

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