Ce petit air qu’on fredonne… par Chany

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[24 heures de la nouvelle 2017 : Un moyen de transport doit être important pour l’intrigue.]

Les premiers rayons venaient frapper la glace du grand lac canadien et repousser la nuit polaire de janvier. – 20 °C ce matin. Une légère brise soulevait des nuages de flocons assoupis pour leur offrir une danse. Un loup accueillit cette nouvelle journée par un hurlement plaintif, bientôt suivi par ceux du reste de la meute.

Comme chaque nuit, Braggi n’avait pas fermé l’œil. Le sommeil lui était étranger. Il avait mis ce temps à profit pour lire, réfléchir et apprécier cette existence. Ses voisins, les gens de la petite communauté de rebelles du grand lac, avaient décidé de vivre dans des maisons flottantes sur cette étendue d’eau douce figée par l’Hiver. Au péril de leur vie. Mais libres.

Après une ronde de saisons à découvrir ce beau pays, il devrait repartir. Il se passa la main sur le visage comme pour effacer les rides d’amertume qui s’y formaient à mesure que l’heure du départ approchait. Mais rien n’y faisait. Déjà quatre mois qu’il avait posé ses maigres bagages par ici, après avoir traversé quelques grandes villes et d’autres plus petites jusqu’à atterrir sur cette rive sauvage. Dame Destinée l’avait poussé dans la bonne direction. Il lui revaudrait ça à son retour. Sans faute.

Les fenêtres des maisons flottantes, tels des yeux, s’allumaient une à une. Celle de Sue lui adressait un clin d’œil. Il ne put s’empêcher de sourire, oubliant sa peine un moment.

Ici les gens vivaient au rythme de la Nature, simplement, sans fast-food ni supermarché. Ils vivaient de pêche, de chasse, de troc et d’artisanat. Et cette vie simple, mais difficile avait créé entre eux une solidarité à toute épreuve. Ses pensées dérivèrent vers une habitante en particulier : Sue.

Une fois de plus.

Ce petit bout de femme, aux cheveux noirs de jais coupés à la garçonne, aux pommettes saillantes, aux yeux foncés en amande et au teint mat l’avait rien moins qu’ensorcelé.

Il s’obligea à remplir son sac à dos, prit garde de ne pas oublier sa flasque. Par acquit de conscience, il la secoua et perçut le clapotis du précieux liquide contre les parois. Rassuré, il termina de s’équiper pour affronter cette journée.

***

Grâce à son père, l’odeur du café emplissait déjà la pièce à vivre, alors que le soleil pointait à peine de l’autre côté du lac. Sue s’affala sur une des trois chaises en bois dépareillées. La maison, faite de bric et de broc, au fil des ans, possédait une âme. Sue s’y était tout de suite sentie à l’aise. Pas une seule fois, elle n’avait regretté son choix de le rejoindre pour changer de vie et laisser derrière elle, le fric-roi, New York, ses masques et sa folie. Ici, chaque chose avait sa place et sa raison d’être. Son père avait fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour caser tout le nécessaire vital, et même plus, dans cet espace restreint. Il lui apporta une tasse fumante.

– Bien dormi ?

– Pas vraiment, j’ai encore fait un rêve étrange…

– Toujours le même ?

– Oui, mais là en plus d’avoir l’image, j’avais le son.

Elle haussa les épaules avant d’ajouter :

– Mais je ne comprends pas mieux ce qu’il signifie.

Elle vit les traits soucieux de son père, consciente de l’image qu’elle pouvait lui renvoyer : une jeune femme de vingt-deux ans, loin d’être armée pour cette vie rude qu’elle venait tout juste d’embrasser, éreintée par des nuits trop courtes qui pourtant allait braver des températures polaires dans un environnement hostile.

– T’inquiète pas, je ne serais pas seule, je pars avec Braggi aujourd’hui, tu te rappelles. Il doit me montrer comment il relève ses pièges sur ses lignes de trappe.

Pour toute réponse, son père replongea dans son livre tout en émettant un grognement contrarié.

Sue se mit à chantonner.

– Où as-tu entendu ça ?

– Dans mon rêve, pourquoi ?

– Pour rien, ça me rappelle ce que fredonnait ta grand-tante.

– Aliénor, celle qui a fini folle ou Eliphasie, celle qui était chamane d’une tribu inuite ?

– Eliphasie.

Il l’observa d’un air songeur.

– Peut-être as-tu quelques dons de chamane toi aussi ?

– Mmh, j’en doute.

***

Il traversa le lac sur sa motoneige à vive allure. Malgré le masque sur ses yeux et la cagoule, il sentait le froid lui mordre le visage. Cette sensation douloureuse ne suffit pas à lui remettre les idées en place. Il était trop heureux de retrouver Sue. Il se gara devant la maison de bois à la façade rouge et monta les marches qui le séparaient de la porte d’entrée. Son cœur battait si fort dans sa poitrine. Quelle sensation grisante ! Il devait se reprendre. Un peu au moins.

Le battant s’ouvrit sur le père de Sue avant qu’il ait pu frapper.

– Braggi.

– Doug.

– Elle arrive… Mais elle est crevée alors fais bien gaffe à elle. OK ?

Le vieux Doug ne le lâchait pas du regard. À chaque fois, il semblait le jauger. Il se demandait sûrement si ce gars sorti de nulle part serait digne de sa princesse. Sans se laisser intimider, Braggi afficha son plus beau sourire, celui qui était censé lancer un message du genre : aie confiance !

– Bien sûr. On va aller du côté de Yellowknife et le temps sera dégagé aujourd’hui. Tout se passera bien.

Après un grognement qui aurait pu vouloir dire tout aussi bien « OK » que « je t’ai à l’œil », un mur de silence gêné se matérialisa entre eux. Fort heureusement, Sue les rejoignit quelques minutes seulement après cet échange.

– Bonjour !

– Bonjour Sue. Il paraît que tu es fatiguée. On peut annuler si tu ne te sens pas d’attaque.

Braggi pria intérieurement. Il fourra ses mains dans ses poches de blouson et serra ses poings le plus fort qu’il le pouvait. Tout tendu en attendant sa réponse.

Les yeux de Sue répliquèrent les premiers. Elle foudroya son père du regard avant d’y ajouter la parole.

– Papa, tu exagères !

Qu’elle était belle, les joues rosies par l’embarras et la colère ! Déjà elle se retournait pour récupérer son sac et laisser en plan son géniteur. Mais celui-ci ignora l’attitude de sa fille et se plaça entre elle et la porte. Braggi évita de s’en mêler, il aurait à coup sûr envenimé la situation.

– Attends jeune fille, as-tu pris le nécessaire de survie que je t’ai donné à ton arrivée ?

– Bien sûr papa !

Alors seulement il s’effaça pour les laisser partir, avec une pointe de regret dans la voix.

– Revenez pas trop tard.

Sans même se retourner et tout en maugréant, Sue attendit que Braggi s’asseye pour enfourcher à son tour leur monture. Quand ses mains se serrèrent autour de sa taille, une grande émotion le saisit. Ils filèrent à vive allure sur le lac gelé, saluant leurs voisins. Au sortir du lac, ils virèrent en direction de Yellowknife et ralentirent, car il n’y avait plus aucune route ni aucune trace. À l’orée du bois, un énorme corbeau leur fonça dessus en coassant. Braggi baissa la tête, Sue cria, s’accrochant encore plus fort à lui. Leur cœur battait à tout rompre, l’un de peur, l’autre d’émotion. Arrivés sur la première ligne de trappe, Braggi et Sue se mirent au travail.

La jeune femme se révélait une élève attentive, elle apprenait vite. Même s’il n’y avait que peu de proies dans les pièges. Seulement de vieilles hermines et une marte. Ils s’arrêtèrent vers onze heures pour se restaurer au pied d’un épicéa. Grâce au soleil, la température était un peu remontée, mais lutter contre le froid exigeait énormément d’énergie. Il ne fallait pas hésiter à faire le plein de protéines et se réchauffer. Il fit fondre de la neige dans un petit réchaud et il déplia une couverture en peau de bête qu’il déposa au pied de l’arbre. Après le repas, Sue se mit à bâiller.

– Désolée. C’est vrai que je suis un peu fatiguée. Les rêves m’empêchent de bien récupérer.

– Et ça dure depuis longtemps ?

– Plusieurs jours. Je dirais… presque deux semaines.

Une branche craqua dans leur dos, Braggi se leva d’un bond et sauta sur son fusil – pour les apparences  — avant même de repérer la source du bruit. Un loup. Là pour lui délivrer un message de sa mère.

– Ne bouge pas.

Sue s’était recroquevillée sur elle-même et s’enquit dans un chuchotement :

– Qu’est-ce que c’est ?

– Un ami, ne t’inquiète pas. Il vient juste… voir qui a pénétré sur son territoire.

Le loup grogna dans leur direction. Plusieurs fois. Puis hurla. Braggi fulminait : sa mère lui intimait l’ordre de rentrer. Encore. Toujours. Il entendit Sue bouger et se força à repousser sa colère.

Sue se releva avec tant de précautions que la bête eut le temps de filer et qu’elle le manqua. Elle se pinçait les lèvres et même si ses mains étaient gantées, Braggi pouvait les voir trembler. Comme il avait envie de la prendre dans ses bras pour la rassurer.

– Tout va bien, tu vois, il est reparti.

– Mais qu’est-ce que c’était ?

– Un loup.

– Et les loups sont tes amis ?

– Bien sûr, comme tous les animaux qui vivent sur ces terres du nord. Quand tu as compris que tu es chez eux et que tu les respectes, tout se passe bien. Il faut juste se méfier des grizzlis. Eux c’est une autre histoire, ils n’écoutent rien.

Sue éclata de rire. Comme il aimait ce rire, il ne pourrait pas s’en passer.

– Allez repartons, il reste plusieurs lignes à vérifier avant la tombée de la nuit.

Sue leva vers lui des yeux pétillants. Apparemment elle avait récupéré et l’aida à ranger les reliefs du repas.

Et de nouveau ils enfourchèrent leur monture de métal. La seule à pouvoir affronter ce territoire.

Vers la fin d’après-midi, Braggi laissa Sue aller relever un piège, seule, et s’occupa de la motoneige et du temps. Instantanément, d’énormes nuages noirs poussés par le blizzard assombrirent le ciel du Nord et les enveloppèrent.

– Sue ! Reviens !

Il la vit ressortir du petit bosquet d’arbres où il avait placé le collet, courbée contre le vent et les cristaux de givre qui lui fouettaient le visage. Il se retint de ne pas aller à sa rencontre et tenta de démarrer la motoneige. Le moteur toussa, crachota puis se tut. Comme prévu…

***

On entendait plus que le vent qui sifflait rageusement. La température avait encore chuté et ce satané motoneige était en rade ! Et malgré toute l’estime qu’elle portait à Braggi, la panique submergea Sue. Une fois à sa hauteur, elle lui saisit les bras, approcha son visage du sien et cria pour se faire entendre.

– Qu’est-ce qu’on va faire ?

Il récupéra les sacs à dos, en jeta un sur ses épaules et garda l’autre à la main. Puis il la tira par la manche vers le bosquet d’arbres. Ils continuèrent à marcher pendant plusieurs minutes qui lui parurent des heures. Le froid et le vent la saoulaient littéralement. Elle ne sentait déjà quasiment plus ses doigts de pieds et de mains. Le blizzard la tourmentait. Il s’insinuait sous ses vêtements, lui coupait le souffle puis s’engouffrait dans sa gorge et la brûlait. Les larmes qui coulaient sur ses joues se transformaient instantanément en perles de glace. Enfin, elle constata que le vent fou faiblissait, un peu. Braggi lui criait des mots que la tempête emportait avant qu’elle puisse les saisir. Tous ses muscles, hors de contrôle, se contractaient encore et encore. Vains réflexes corporels contre cette nature si puissante et si férocement hostile. Son cœur se mit à palpiter plus fort dans sa poitrine comme si toute sa vie s‘était concentrée là et puis… plus rien.

Quand Sue reprit connaissance, un feu de braises couvait à quelques centimètres de sa tête et elle était couverte du blouson de Braggi. Ses doigts lui faisaient un mal de chien. Elle grimaça, toussa comme pour recracher tous les cristaux de glace qui étaient entrés à son insu dans sa gorge, la lacérant au passage. Elle gémit, voulut parler, mais seul un borborygme sortit de sa bouche.

– Doucement Sue, prends ton temps. La tempête nous a pris par surprise je suis désolé. J’ai trouvé cet abri d’arbres morts et de branchages et je l’ai consolidé. Heureusement le gros de la tourmente est derrière nous. Dors un peu si tu veux, histoire de récupérer. Nous ne pouvons pas bouger avant le lever du soleil de toute façon. Ne t’inquiète pas, je veille sur toi.

Sue ne se fit pas prier et s’endormit. Et une nouvelle fois, elle rêva. D’animaux sauvages et d’esprits de la Nature, de Dieux effrayants…

***

Braggi décida qu’il avait assez tergiversé. Sue lui avait confié son amour pour lui voilà deux semaines. Il l’aimait lui aussi, le fou ! Il sortit la flasque de son sac à dos. Un hululement de chouette déchira la nuit polaire. Une strix nebulosa. Frigg continuait son harcèlement.

– Non, je ne rentrerai pas !!

Il étouffait là-bas. La cour, les hypocrites, les obligations. Il se mourrait à petit feu, ne pouvait-elle pas le comprendre ! Il ne voulait plus rien entendre. D’une pensée, il délogea l’oiseau nocturne d’une violente bourrasque. Et repoussa au loin le volatile et ses cris de colère.

– Braggi ?

– Oui, je suis là.

– À qui parlais-tu ?

– À moi-même. Je soliloque souvent. C’est ça d’être un solitaire, avoua-t-il un peu penaud.

Elle releva le buste lentement, avec une grimace, puis s’assit en tailleur en levant les mains tendues près du feu.

– Je suis réveillée maintenant, tu n’auras plus à parler tout seul, dit-elle en lui souriant.

– Merci.

Sans se départir de son sourire, elle se mit à se balancer de droite et de gauche en chantonnant dans la nuit.

Malgré cette épreuve, elle paraissait heureuse d’être avec lui. Il avait eu besoin de cette certitude avant de prendre sa décision et il voulait sauter le pas en sa présence. Symboliquement, c’était important pour lui, même si Sue de son côté ne saurait rien de ce qu’il allait accomplir en buvant cette préparation spéciale.

– Que fredonnes-tu Sue, ça me dit quelque chose ?

– Je ne sais pas, c’était dans mon rêve et il paraît que ma grand-mère fredonnait cet air aussi. Elle était chamane.

Sue tira son sac à dos vers elle et enfouit la main à l’intérieur. Elle ferma les yeux. Braggi porta le flacon plat à ses lèvres. Ses doigts ne tremblaient pas. Chantonnant toujours, la jeune femme rouvrit les yeux. Des yeux étrangement éteints. Un souvenir fugace traversa l’esprit de Braggi – son frère adoptif enfant, jouant aux osselets — il fit semblant d’avaler une gorgée.

Les pupilles de Sue se dilatèrent, un rire fou sortit de sa bouche. Tirant le couteau de chasse de son sac de survie, elle se leva d’un bond et fondit sur lui. Loki la possédait ! Braggi para l’attaque. Dans la nuit étoilée, les animaux s’affolaient, criant, beuglant, coassant. Les deux combattants se faisaient face à présent à côté du feu mourant.

– Traître ! Relâche-la !

– Oh que non…

Sue/Loki s’élança de nouveau, le surin en avant. Braggi le para une nouvelle fois, mais son adversaire feinta et lui décocha un coup dans le flanc au passage. Le couteau cranté avait pénétré sans peine la couche de vêtements pour atteindre la chair. Le sang coulait. D’une pensée, Braggi empêcha la plaie de se refermer.

– Ha, ha. Tu saignes… Humain.

Un sourire sadique étirait le visage de Sue. Elle rattaqua. Braggi tenta de prendre une branche tirée du feu pour se défendre, mais un coup de pied retourné lui fit lâcher son arme de fortune.

– Tu ne voudrais pas me blesser. Chéérrri !

Deux nouveaux coups le touchèrent, entaillant son bras et sa cuisse profondément. Il fit mine de faiblir… Pour mieux mettre son plan à exécution. Il mit un genou à terre, dans la position des vaincus. Ce serait trop tentant pour son « frère ». Sue/Loki, de plus en plus confiant, affichait un masque de jubilation. Fébrile, il chargea de nouveau, couteau levé au-dessus de sa tête, prêt à s’abattre sur la nuque de Braggi. Celui-ci se décala juste assez pour que le poignard se plante dans son dos, ripant sur l’omoplate. Profitant de la surprise, il saisit le poignet assassin d’une poigne d’acier, se releva et tordit le bras de son adversaire dans son dos, lui serrant le cou de l’autre main en le soulevant de terre. Il pria pour ne pas blesser Sue, sans trop y croire. La colère prit le dessus.

– Sors de là !

Mais le corps de la jeune fille inerte ne répondit pas. Elle avait perdu connaissance par manque d’oxygène. Braggi la lâcha et l’allongea à terre. Aucune trace de Loki. Le cœur serré, il s’obligea à ne pas s’attarder sur le corps de Sue, mais à se concentrer sur la suite de son plan. Il s’empara de la flasque tombée non loin du feu pendant le combat et retourna près de sa fiancée. Des marques violettes pointaient déjà sur son cou frêle. Il souleva son visage et porta le goulot à ses lèvres. Elle ouvrit les yeux brusquement et un « non » caverneux sortit de sa bouche. Elle secouait la tête, mais Braggi s’assit à califourchon sur elle et lui maintint fermement. Il fit couler du liquide entre ses lèvres et ensuite, de sa grande main, il lui appuya sur la bouche et le nez pour l’obliger à avaler. Des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’il puisse les retenir. Sa haine pour Loki venait de se décupler. Voilà ce qu’il l’obligeait à faire, ce « faux frère » !

Il relâcha Sue.

Les cris de bêtes ne s’étaient pas interrompus. Les tout premiers rayons de soleil pointaient à l’horizon à présent. Loki avait quitté le corps de Sue qui ne semblait plus respirer. La mine renfrognée du gamin qui s’est fait prendre et les bras ouverts, le faux frère éructa :

– Mais qu’as-tu fait !!

– Et toi alors !

Braggi avait jeté un regard au corps inanimé de la jeune femme, une colère irrépressible monta en lui, il empoigna le couteau, fonça sur Loki et lui planta la lame dans la poitrine. L’élixir l’avait rendu humain mais surtout…mortel. La vie le quittait.

Un loup hurla à la mort tout près d’eux. Sa mère. Elle vint lécher le visage de Sue. La jeune femme bougea. Braggi soupira. Elle était en vie !! Il inspira grand coup comme s’il avait retenu son souffle depuis ce moment où il l’avait vue inerte. La bête s’approcha et lui montra ses babines lui grognant dessus.

– J’ai compris, Mère.

Loki était blafard. Il respirait à peine. S’il mourait, Braggi ne pourrait se le pardonner. Mais cela impliquait aussi d’abandonner Sue et de renoncer à cette vie qu’il avait choisie, quelques heures plus tôt. Son cœur se déchira.

Il se concentra pour chasser les quelques nuages qui venaient dans leur direction. La journée devrait être chaude et ensoleillée. Il raviva le feu. Il était rassuré, Sue respirait même si elle semblait peiner à reprendre connaissance. Il caressa sa joue, embrassa son front.

– Dors et rêve…

Connaissant le père de la jeune femme, il serait là dans les deux heures.

Il prit le corps de Loki dans ses bras. Il ne sentait quasiment plus son pouls et se dirigea vers le levant avec un grand loup brun à ses côtés.

– Allons-y Mère. Rentrons.

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8 thoughts on “Ce petit air qu’on fredonne… par Chany

  1. Une jolie interprétation des mythes nordiques sous fond d’une rencontre amoureuses (si j’ai bien compris le texte)… Et très bien écrit en plus. Merci 🙂

  2. Sue est-elle une descendante du peuple Sami ? Ce qui expliquerait peut-être qu’elle soit impactée par un mythe nordique.
    Un joli conte qui hélas ne rapproche pas les jeunes gens très longtemps.
    Merci pour ce bon moment de lecture

  3. Bonjour Karele 🙂

    Merci de ton commentaire. Oui, c’est exactement ça. Tu connais le peuple Sami ?

    • J’ai fait des recherches sur leurs mythes pour l’un de mes personnages 😀

  4. @Karele : Pour un des personnages de ta nouvelle des 24h ou de ton challenge ?

    • Pour un challenge suivant 😀
      éditeur ou pas pour T1 (lorsque j’aurai tout bouclé) je pense continuer l’histoire, voir où elle m’emmène.
      La nouvelle des 24h00 – 2016 par contre est l’origine de l’un des persos du challenge actuel.

  5. J’espère bien que Mythe trouvera un éditeur 🙂 Belle journée à toi

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