Un funeste train, par James Hamlet

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[24 h de la nouvelle 2016 : L’histoire doit se passer à au moins deux époques différentes (pas forcément très distantes), qui ne peuvent pas communiquer directement entre elles (pas de portails temporels, de machines à remonter le temps, de télépathie…), mais se répondent et se complètent.]

« Hey docteur, il est l’heure de mourir ».
Il y avait eu, en un temps incertain, un être effrayant, qui ne venait que lorsqu’on l’appelait et même ainsi, personne n’en voulait. Il errait donc, de villages en villages, à la recherche d’une sombre mission.
C’est que, comprenez bien chers lecteurs, il possédait un fardeau épouvantable : celui de la vie alors qu’il était totalement mort.

 Extrait du tome 1 de la série « Le docteur funeste »

            La première disparition, celle de Monsieur Farnsworth, remonta à l’année dernière, vers la moitié du mois de juillet. Cela fut très simple à résumer : il s’était tout simplement volatilisé. Il était parti un matin et n’en était jamais revenu. Aucun mouvement suspect sur sa carte bancaire (en fait, on pouvait se limiter à aucun). Pas de comportements bizarres d’après son entourage, rien qui ne laissait présager l’événement. Personne ne l’avait revu depuis. En un mot comme en cent : disparu.

            Cela avait grandement affecté madame Farnsworth qui, si elle ne sortait déjà pas beaucoup, s’enferma totalement chez elle et ne vivait que par les appels téléphoniques de la police, se rongeant les ongles. Pour ne rien épargner, plus le temps se mettait à passer, plus l’on chuchotait qu’il était probablement mort. Doutez vous bien que cela ne l’aidait en aucun cas à calmer ses angoisses.

            Les jeunes enfants Farnsworth ne furent pas épargnés par cette tragédie. Les jumeaux Ryan et Meredith allaient rentrer en troisième année de collège lorsque cela se produisit. Ils se firent plus discrets qu’ils ne l’étaient à l’ordinaire, ayant grand soin de ne pas augmenter le chagrin maternel. Du moins tout autant qu’il était possible quand Meredith se promenait avec un épais bouquin nommé « Le grand livres des poisons » sept jours sur sept et vous arrêtait parfois pour vous raconter un quelconque détail ou procédé appris à l’intérieur. Quand à son ainé, sa discrétion se résumait à s’enfermait dans sa chambre avec d’autres sortes de livres, contant histoires fantastiques et fantaisistes, n’en sortant que pour s’occuper de diverses corvées, de sa mère ou encore de sa moitié. Les deux jeunes avaient d’ailleurs repris leur vieille habitude de dormir ensemble. Ils repartirent bien vite à l’école, dans leur pensionnat, allégeant ainsi le fardeau de leur mère.

            La seconde, celle de Madame Farnsworth, eut le bon gout d’avoir lieu le lendemain de Noël, de sorte qu’on mit très rapidement sa progéniture à l’internat, sans avoir besoin de chercher un tuteur. La police ne s’inquiéta donc pas tant que cela de ce second drame et Monsieur son mari demeura absent. Non, réellement, cela ne fut que lorsque Juillet pointa le bout de son nez que le soucis revint sur le tapis : à qui allait-on bien pouvoir confier ces presque-orphelins ? La question était épineuse. Les recherches concernant les deux parents faisaient choux blancs (enfin surtout ceux du père car ils ne recherchaient en aucun cas la mère). Les grandes personnes s’activèrent dans tous les sens afin de trouver la personne convenable et finirent par décider de les placer chez une lointaine tante habitant à l’autre bout du pays.

            Ils montèrent donc un train, direct, qui devait les y emmener. Le voyage durait près de 6 heures et ils devaient s’estimer heureux qu’il soit en direct… Le wagon était peu rempli et les gens descendaient l’un après l’autre. Meredith avait pu s’allonger sans gêner qui que ce soit et, la tête posée sur les genoux de son frère, lisait avec grande attention son livre fétiche. Le nouvel oreiller, pour sa part, avait la même occupation mais son ouvrage avait une couverture bien plus noire, à l’image de cette étrange collection de livre d’héroïque fantaisie dont il était amateur. Tout était calme. De temps à autre, une tête se relevait vers l’ainé pour lui raconter un fait :

            — Dis, tu savais que le sarin était 500 fois plus toxique que le cyanure ?

            — Ah bon ?

            — Dis, tu connais le mythe de Médée ?

            — Bien sûr.

            — Dis, tu savais que le curare agissait comme antagoniste compétitif sur les récepteurs nicotiniques d’acétylcholine ?

            — Oh.

            Aussi, lorsqu’il l’aperçut sur le point de poser une nouvelle question, il ne fut guère surpris. Ce n’était que la quatrième.

            — Dis Ryan, tu penses que notre oncle et notre tante ressemblent à quoi ?

           Mais cela, il ne s’y attendait pas. Il marqua un court temps d’hésitation avant de refermer son livre et répondre d’une voix posé :

            — Eh bien, je ne sais pas. Notre tante doit surement ressembler à maman vu qu’elles font partis de la même famille. Je sais qu’ils ont un fils de notre âge. Mais je ne les ai jamais vu.

            — Et la maison ? A quoi elle ressemblera ?

            — Oh cela. Ils ont leur maison à eux. Ils sont à la périphérie de la ville, près de la campagne aussi ont-ils surement un grand jardin. Mais la bâtisse sera surement petite, ils ne sont que trois. Probablement un seul étage et une chambre chacun. Notre tante est à la retraite, ses balcons doivent être surement fleuris, de plantes dont elle prend bien soin. Et les volets seront probablement peints. En bleu peut être, qui c’est. Les murs seront blancs et l’intérieur bien tenu. Au salon, des photos de notre cousin et d’autre de familles, des diplômes ou même des trophées exposés. Et avec un peu de chance, il y aura une bibliothèque.

            Les derniers mots étaient plus un souhait en lui même. Certes, sa deuxième valise et son sac à dos étaient pleins à craquer de livre qu’il avait pu sauvé avant qu’on ne l’emmène loin de son chez-lui, il espérait un lieu au calme où il pourrait se reposer. De son côté, Meredith lui avait surtout posé la question pour l’entendre parler. Ce simple fait l’apaisait. Mais rien de tout cela n’était satisfaisant à ses yeux. D’ailleurs, ils ne cessaient de regarder ailleurs, tout sauf son aîné. Un soupir finit par s’échapper de ses lèvres.

            — Je veux ma maison.

            — Je sais.

            — Je veux pas aller là bas.

            Tout autre personne aurait pu juger cette lamentation puéril ou égoïste. Mais Ryan savait où était le véritable nœud du problème. Et il savait également à quel point sa mère lui manquait plus que tout. Aussi passa-t-il doucement sa main dans les cheveux noirs de geai.

            — Je sais.

            Mais la tête bougea, marquant sa désapprobation. Alors il soupira doucement et proposa :

            — Tu veux que je te fasses de la lecture ?

            — Moui…

            L’adolescent reposa son livre sereinement, faisant bien attention à ce que le marque-page soit bien placé et que le livre ne s’abime pas. Il en sortit un autre de son sac et l’ouvrit méticuleusement. Sa douce voix emplit le wagon. Oh, il n’y avait pas à dire, Ryan était un conteur hors pair. Et un très bon menteur…

Beth regarda l’homme d’un air inexpressif. Elle se contenta de fixer.
 — Quel est donc ton métier ? demanda-t-elle finalement.
— Je vais de maison en maison, écoutant les confidences, faisant office de témoin des choses qui s’y passent, puis les résolvant, à la manière dont la personne m’ayant fait mander le souhaite.
— Et comment le souhaite-t-elle ?
— Oh cela dépend. Du lieu comme du moment.

Extrait du tome 1 de la série « Le docteur funeste »

  

            Le jour de leur rentrée au collège, les jumeaux s’étaient aperçus avec horreur qu’ils n’étaient ni dans la même classe, ni dans le même dortoir. Peut être une demande de leur père ? Ce dernier voyait de plus en plus mal le lien quasi fusionnel qui les unissait. Il grognait, grondait, hurlait toujours plus à ce sujet. Il n’y avait aucun doute dans leur têtes d’enfants : c’était lui le responsable de cette séparation. Et peut être cela avait le moteur pour l’étrange idée qui avait traversé la tête de Meredith :

            — Et si on échangeait nos places ?

            Son frère l’avait d’abord regardé sans comprendre mais l’idée avait vite été plaisante. Personne ne les connaissait. Ils étaient jumeaux et, à leurs yeux, complémentaires, formant une unité. De ce fait, interchangeables et identiques.

            L’ennui, c’est que cela n’était qu’à leurs yeux. Et le choc n’en fut que plus dur.

Ce que peu de gens savent, c’est que l’on n’inventa pas les valets et autres cuisinières pour servir, mais pour diminuer le nombre d’empoisonnements des époux.
En effet, il était estimé que laisser aux femmes libre accès à la cuisine leur procurait un trop grand pouvoir. Ainsi, l’on ne comptait plus le nombre de gentilhomme qui, pour avoir été trop vieux, trop volage, trop violent, trop peu porté sur le consentement, avaient tragiquement rendu l’âme.

C’était, vous l’avouerez, quelque peu incommodant.

Et pourtant, la maison dans laquelle se rendit le docteur funeste ce jour là avait oublié ce principe.

Extrait du tome 2 du « Docteur funeste »

           — Fin ! fit joyeusement Ryan.

Il avait senti, tout au long de sa lecture, que d’autres personnes avaient écoutée. Cela lui fit plaisir. L’adolescent aimait lire à voix haute. Il en envisageait même de faire son métier et il y avait, caché dans un coin de son sac à dos, un… oh non, finalement, ne vous gâchons pas de suite la surprise. Vous le verrez plus tard par vous même.

            — Cela t’a plu ? demanda-t-il à son public originel.

            Un hochement de tête lui répondit, tandis que le tronc accroché à cette tête se balança afin de revenir à une position assise.

            — On arrive dans combien de temps ?

            — Deux heures encore.

            — J’ai faim.

            Ryan sourit et lui donna un billet de 20 livres sterling.

            — Va te chercher quelque chose à manger au wagon-restaurant.

            — Et toi, tu veux quoi ?

            — Euh.

            L’adolescent réfléchit à tout allure, tout d’un coup incapable de savoir ce qu’il avait envie de boire ou de manger ou même s’il avait faim ou soif. Puis il réfléchit au prix que cela engendrerait. Il était plus sage de lui donner un second billet pour éviter de se retrouver à court devant le marchand mais cela en valait-il réellement la peine ? Sans doute était ce du gâchis d’acheter quelque chose (si cher dans un train) alors qu’il n’avait pas réellement faim.

            C’était sans compter sur sa moitié qui ne le connaissait que trop bien.

            — Okay, je te prends une bouteille d’eau.

            — Ce n’est pas la p…

            — T’inquiètes. A tout de suite.

            L’être juvénile se leva totalement et se dirigea vers le milieu du train. Son frère suivit des yeux sa progression jusqu’à ce que la porte ne claque. C’était idiot sans doute, mais il lui vint soudainement la crainte qu’il ne lui arrive quelque chose. Ce genre d’inquiétude ne le quittait jamais tout à fait mais revenait à la charge dès qu’ils se séparaient un peu.

            A sa décharge, Meredith avait toujours été, d’aussi loin que Ryan pouvait s’en souvenir, très fragile. Son système immunitaire avait décidé, dieu seul sait pourquoi, de ne pas bien fonctionner. Régulièrement, la maisonnée subissait une infection de streptocoque par ci, une bronchite par là. Si bien que l’enfant finissait alité et avait passé une bonne partie de sa vie dans son lit ou pas très loin. De fait, Ryan avait toujours été le jumeau à qui on permettait tout, qui pouvait aller faire du vélo ou acheter du pain ou des livres seul, tandis qu’on rappelait sans arrêt à sa moitié qu’elle ne devait même pas quitter sa chambre ou alors être extrêmement prudente car elle-avait-déjà-failli-mourir-à-ses-un-ans et l’idée qu’une pareille catastrophe ne se reproduise terrifiait leur mère.

            Surtout que bon, si cela recommençait, les gens s’en donneraient à cœur joie pour l’accuser de nouveau. Enfin, plus que d’habitude.

            Et donc, Ryan était très très très anxieux à l’idée qu’une mort subite puisse venir faucher l’ado pendant les quinze minutes qu’allaient durer son achat. Peut être que tout ceci ait un caractère irrationnel.

            Pour tenter de se calmer, il se laissa tomber au fond de son fauteuil et tenta de fermer les yeux. La chaleur qui régnait dans le train lui était de plus en plus insupportable. Et, sans qu’il ne sache réellement pourquoi, le sommeil le gagna.

 

Ils sonnèrent à la première porte de la rue. La nuit était encore noir.
Le judas s’ouvrit et quelqu’un les dévisagea. Le docteur, comme il était poli, ota son chapeau et dit de sa voix grave
—Bonsoir chère madame, vous m’attendiez n’est ce pas ?
La porte s’ouvrit. Une femme a la mine blafarde et aux lourdes cernes se trouvait de l’autre côté.
— Oui, dit-elle simplement. Entrez vite.

Extrait du tome 1 de la série « Le docteur funeste »

 

            Ils avaient sept ans. Il s’en souvenait encore bien car leur anniversaire était passé il y avait un mois déjà et qu’il avait reçu la trilogie de Bartiméus. Son premier livre fantastique. Celui qu’il avait choisi car la couverture lui plaisait. Il avait demandé les trois livres pour ne pas connaître cette douce frustration de finir à minuit mais d’avoir à attendre la prochaine ouverture de la librairie pour connaître la suite. Mais il les avait dévoré en une semaine à peine. Son père avait hurlé. Il n’avait pas compris pourquoi on le traitait de menteur ou que c’était impossible « qu’un morveux comme lui lise si vite ». Il en était ressorti tellement confus de cette expérience. Mais grâce à cela, il s’en souvenait encore très bien : ils avaient sept ans.

            Meredith avait eu plus de mal pour apprendre à lire aussi avait-il entrepris de lui faire la lecture de ces cadeaux. Et ce jour là, c’était justement ce qu’ils faisaient. Allongés dans le grand lit, blottis l’un contre l’autre – cela aurait surement fait hurler leur mère à l’idée des microbes qui pouvaient s’échanger – ils suivaient avec délice les aventures du démon. Ils n’avaient d’abord pas trop fait attention aux cris, c’était tellement courant chez eux. C’était le bruit d’un objet qui se casse qui les avait fait sursauter. Ca, c’était nouveau.

            — Ryan, j’ai peur.

            Les pleurs de l’enfant ne l’avaient pas réellement aidé. L’embrassant sur le front, il lui dit juste :

            — Ne t’inquiètes pas. Je vais voir en bas ce qui se passe. Toi, restes dans ton lit, d’accord ?

            Il eut un hochement de tête en guise de réponse avant que son propriétaire ne se roule en boule sous sa couette. Descendant doucement les escaliers, le petit avançait silencieusement sous crainte de se faire repérer. La dispute venait de la cuisine et de ce fait, il imaginait sans peine où était le problème : sa mère revenait juste du marché donc le repas n’était pas encore prêt. Et son père détestait attendre.

            Passant la tête par l’encadrement de la porte, il vit une scène à laquelle il n’était que trop habitué : son père hurlait en faisant les cents pas et sa mère pleurait. La seule nouveauté était le vase brisé qui était par terre. Vase que leur père avait lui même acheté trois jours auparavant pour sa femme, avec de superbes fleurs à l’intérieur. Elles aussi résidaient par terre.

            — J’en ai marre ! T’es vraiment une bonne à rien ! Je me tue toute la journée à travailler pour t’entretenir et c’est comme ça que tu me remercies ?

            — Mais non, tentait-elle.

            — Regarde ce que tu m’as fait faire ! rajouta-t-il en pointant le vase brisé. J’essaye d’être gentil avec toi, réellement. Tout le village peut en témoigner ! Mais tu me pousses à être méchant.

            — Je… Je suis désolée, je ne voulais pas.

            — Je n’aurais jamais dû t’épouser.

Ces derniers mots ravivèrent les larmes de son épouse sans que cela ne l’émeuve plus que cela.

            — Je serais tellement plus heureux si tu n’existais pas.

           Il se retourna pour partir et c’est là qu’il aperçut son fils qui les regardait. Son regard devint encore plus dur qu’il ne l’était.

            — Et vous deux également, j’aurais tellement voulu ne jamais vous avoir fait. On aurait tellement plus heureux sans enfants.

            L’adulte ne le frappa pas, même s’il en avait grandement envie. Mais il était bien conscient que s’il s’en prenait à son fils, cela donnerait une motivation à sa femme pour s’en aller, ce qu’il refusait absolument. Aussi se contenta-t-il de partir en claquant la porte.

            Dans la cuisine, Ryan se retrouva seul avec sa mère. Il tenta d’aller la consoler mais celle ci lui fit un signe de la main.

            — Tout va bien. C’est ma faute, je l’ai provoqué. J’ai passé trop de temps au marché.

            — Mais maman…

            — Je… Je suis stupide. Même pas foutu d’être une épouse et une mère convenable.

            Une nouvelle crise de larmes la prit. L’enfant se rapprocha bien plus cette fois et la prit dans ses bras.

            — Ne t’inquiètes pas maman, tout ira bien. Je m’occuperais de Mere, promis.

            L’adulte le regarda d’un air las, les yeux rougis. Ryan n’avait jamais remarqué à quels points ils étaient cernés et combien elle semblait fatiguée et maladive.

            — Maman, va te reposer. Je m’occupe du repas pour ce midi.

            — Tu ne sais pas comment faire marcher le gaz ou le four.

            — Je ferais de la salade avec les légumes du marché. T’en fais pas.

            Elle avait abdiqué assez vite. Probablement que l’idée de dormir une heure ou deux ne lui étaient pas totalement désagréables. Elle avait donc hoché la tête avec un sourire d’excuse et était monté dans sa chambre. Leur père ne revint pas avant la fin de la semaine. C’était la première fois qu’il faisait cela. Et cela devint de plus en plus fréquent avec le temps. Quand à Ryan, c’est là qu’il comprit : c’était à lui de protéger sa famille.

            Une semaine après, leur mère fut hospitalisée pendant un très long mois.

— Mais docteur, cette femme que vous venez d’aider, ne risque-t-elle rien ?
— Que veux-tu dire Beth ?
— Eh bien, n’importe qui vous ayant vu à sa porte la soupçonnerait de suite.
— Oh ne t’inquiètes pas pour cela. Seul ceux qui nous attendent peuvent nous voir.
— Et ce qui ne nous attendent plus ?
— Ils nous oublient très vite. La nature humaine est ainsi faite.
Extrait du tome 1 de la série « Le docteur funeste »

 

            De son côté, Meredith avançait péniblement entre les sièges. Pourquoi ce train n’était il pas, comme dans les films, avec des compartiments ? L’arrivée au compartiment fut bien compliquée. La seule chose qui égaya son « voyage » fut de voir un chat dans une cage. Plus tard, ils auraient un chat dans leur maison, promesse hautement importante.

            L’ennui d’acheter de la nourriture dans le train est qu’elle est extrêmement chère pour une qualité plus que médiocre. Un second billet du donc être tiré pour acheter deux sandwich, une bouteille d’eau et une petite bouteille de fanta. Peu importe ce que disait Ryan, il finirait surement par avoir faim, mieux vaut prévoir.

            Ce qui l’ennuya plus fut la réaction du marchand. D’abord, il ne sut pas quoi dire en voyant la personne devant lui. Puis il passa son temps à l’observer, à la recherche du détail qui saurait lui dire. Et finalement, Meredith sentit son regard continuer même après avoir fait ses achats. C’était de plus en plus fréquent et de moins en moins supportable.

            Une fois de retour à sa place, l’ado remarqua que son frère s’était endormi. Mangeant sans faire de bruit, ses yeux le surveillaient. C’était rare que Ryan dorme dans un lieu public. Finalement, sa tête revint contre les cuisses de son frère et sombra également dans le sommeil. Ou plutôt, dans un affreux cauchemar.

            L’ironie fut que ce fut un autre cauchemar qui réveilla sa moitié et ce, peu de temps après que Morphée ne l’ai prit dans les bras.

« Rien n’est Poison, Tout est poison. Seul ma dose fait le poison ».
Paracelse

  

            Un an. C’était le temps pendant laquelle leur supercherie avait duré. Peut être était ce réellement dû au fait que personne ne les connaissait. Ou alors qu’ils n’avaient jamais été scolarisés avant le début du collège. Qui sait ? Toujours est-il qu’ils parvinrent à échanger leur place une année durant. Ils avaient finis par prendre leur marque, même à se faire un cercle de connaissance qu’ils pouvaient appelés « amis ». Ils s’étaient habitués à leur classe, au nouveau fonctionnement, au fait de ne plus dormir ensemble, à tout cela… Et ils pensaient finir leur scolarité ainsi, dans le nom de l’autre. Mais c’était sans compter cette délation en début de la seconde année. Leurs parents et eux furent convoqués.

            Leur mère semblait sur le point de pleurer.

           Leur père semblait sur le point de hurler.

            La principale semblait être déconcertée.

            Et eux semblaient ne pas se sentir concernés.

            — Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?

            Les jumeaux se jetèrent un regard (et cela n’était pas la première fois ni la dernière qu’ils le faisaient depuis le début de la réunion).

            — Ce n’est pas si grave, hasarda Ryan.

            — Pas si grave ?! Vous avez menti à tout le monde pendant un an ! C’est un crime d’usurper l’identité de quelqu’un. Un crime passable de prison.

            — On a pas usurpé d’identité, protesta l’autre. On les a échangé. On était tous les deux d’accord. Qu’est ce que ca change si un professeur m’appelle Ryan alors que mon nom est Meredith ? On n’a même pas passé d’examens importants comme ça. En fait, même nos notes étaient pratiquement identiques.

            — Vous n’êtes pas interchangeables comme ça !

            — Pratiquement.

            Le ton montait doucement, un peu plus alimentée par la discussion où chacun haussait le ton à chaque parole, toujours un peu plus. Ce qui conduit la principale à crier :

            — Tu es une fille, voilà ce que ça change !

            « La » ( ?) concernée regarda son frère étrangement, un peu perdue, l’air de lui demander « Je suis une fille moi ? ». C’est que, il y avait de nombreux qualificatif que Meredith appliquait à son humble personne : maladive, inutile, poison, nerd, avec une taille trop petite pour ses espérances, tout en maigreur, jouet cassé, mort-vivant… Tout un tas qu’on pourrait encore détaillé mais « Fille » n’en avait jamais fait parti.

            — Vous en êtes consciente de cela ? rajouta l’adulte. Vous n’êtes pas interchangeable mais surtout, vous avez dormi dans le dortoir des garçons. Que se serait-il passé s’il y avait eu un accident ?

            — Ben je serais allé à l’infirmerie ? hasarda Meredith, ne comprenant absolument pas ce que l’adulte entendait par « accident ».

            — Et ton frère a dormi avec des filles. Que se serait il passé s’il avait agressé l’une d’entre elles ?

            — Pourquoi j’ai agressé quelqu’un ? fit le concerné avec un air choqué.

            — Tous les garçons ont des…. Besoins quand ils grandissent. Il ne faut pas se voiler la face.

            — Hé ?

           Ryan resta choqué par ces paroles, tandis que sa moitié songea qu’il était déjà incapable de ressentir ses besoins primaires (manger/boire/dormir) alors des soi-disant « besoin d’agression »… Cela la fit rire jaune. Mais déjà, on ne s’adressait plus à eux mais à leurs parents :

            — Comprenez bien monsieur et madame Farnsworth, que c’est une faute très grave qui a été commise. Vu que rien de grave ne s’est passé et qu’ils ne sont qu’en première année… nous pouvons éventuellement fermer les yeux. Mais à la condition que ce genre de choses ne se reproduisent pas. Et nous aimerions tout de même qu’ils consultent un psychologue. A leur âge, faire ce genre de… choses, sur un temps aussi long. Enfin vous comprenez quoi.

            — Nous comprenons tout à fait, assura Monsieur leur père. Nous sommes vraiment navrés de cet incident. Soyez assurés qu’ils seront sévèrement punis.

            — J’en suis rassurée. Sachez cependant qu’ils sont « exclus » jusqu’à la fin de la semaine. Oh bien sûr, cela n’aura rien d’une vraie exclusion et nous n’en garderons aucune trace mais nous aimerions être certains qu’ils retiennent bien la leçon.

            — Bien entendu.

            Et sur ce, ils se levèrent, se serrèrent la main et les enfants repartirent chez eux.

            Dès qu’ils eurent mis un pied à la maison, la tornade paternelle s’abattit sur eux.

            — Mais à quoi vous aviez pensés ? Vous avez un grain ma parole !

            Suivi évidemment de :

            — C’est de ta faute ! Tu ne pouvais pas mieux les surveiller ? Je t’avais dit de les séparer. Je te l’avais dis et tu vois le résultat ? Oh mon dieu, je n’ai jamais été aussi humilié de ma vie.

            Leur mère fondit réellement en larmes tandis qu’il continuait de lui hurler ses reproches à la figure. Puis il passa à ce qu’il considérait comme l’autre « fille » de la salle.

            — Et toi, espèce de sale dégénérée. Quand est ce que tu vas le comprendre ? Tu. Es. Une. Fille ! Arrête de prendre pour un mec ! Tu t’es vu ? T’es laide ! Jamais un mec ne voudra te prendre, ne serait ce que comme pute. Marie toi avec ton frère, même vos enfants consanguins seront moins débiles que toi.

            Meredith n’avait pas l’habitude qu’on lui crie dessus ainsi et se tétanisa sur place. Même son frère n’osait pas se mettre en travers, complètement happer par ses mots. Quand à leur mère, n’étant pas totalement inconsciente, elle se dépêcha de s’éclipser. Et la tempête dura longtemps avant qu’il ne finisse par se lasser et s’en alla, une fois de plus en les laissant seuls.

            Et le souvenir en fut si traumatisant pour Meredith que le cauchemar valsa en éclat pour ne laisser qu’un être en larmes.

« Hey docteur, il est l’heure de mourir »

            Meredith se réveilla donc en sursaut et s’agita.

            — Ryan, c’est obligé que je sois une fille ?

            — Pourquoi ? Tu veux être un garçon ?

            — Nan, je ne veux pas être un gars car je ne le suis pas. Je suis rien du tout. J’ai le droit de dire ca ?

            — Si tu veux oui, si c’est ce que tu ressens.

            — Vraiment ?

            — Vraiment.

            Cela rassura l’enfant qui laissa sa tête reposer contre les cuisses de son frère. Une main froide passa sur son front puis ses cheveux. Ryan était bien au courant que sa moitié détestait cauchemarder. Mais en même temps, qui aimait cela ? L’ancien dormeur du Valls remarqua alors que le train était à l’arrêt.

            — On est encore loin ?

            — Non, plus trop. On est à quinze minutes de notre destination. Mais il y a un problème d’aiguillage donc le train s’est arrêté.

            — Ca va durer longtemps ?

            — Je ne sais pas.

            Son attention se porta ensuite sur le carnet et le crayon que tenait son aîné. Jamais ses yeux ne l’avaient aperçu. C’était étrange.

            — Tu écris quoi ?

            — Oh rien, enfin rien d’importe. C’est juste… pas grand chose, voilà.

            Ces yeux, les mêmes que ceux qui n’avaient jamais vu ce cahier, ceux là très précisément, se posèrent sur le visage de leur moitié et le fixèrent avec insistance, lui faisant très clairement comprendre qu’ils n’y croyaient pas un mot.

            —Enfin… Tu sais je lis beaucoup et… Euh.

            — Oui ?

            — C’est stupide hein. Mais je m’étais dit que… peut être… tu vois.

            Il tentait à tout prix d’échapper à ces yeux perçants en regardant partout ailleurs et en se malaxant compulsivement les mains.

            —Je… Je pourrais peut être en écrire une moi aussi.

            Les yeux se firent surprise tandis que le tronc se redressa subitement pour leur permettre de le regarder en face.

            — Tu as écrit un roman ?

            — Oh, oh non, roman est un bien grand mot. Ce n’est pas cela. Plutôt une petite suite de nouvelle. Oui, voilà, c’est cela. Une petite suite d’histoire courte avec un thème commun. Mais rien de bien écrit, hein. Ce n’est pas un prix Nobel ou quoi, c’est même plein de fautes et d’incohérences et il faut vraiment que je le réécrive encore et…

            Il ne put finir sa litanie car une main se posa sur sa bouche et un sourire en illumina l’autre.

            — Non, je suis sur que cela est très bien. Raconte moi plutôt l’histoire.

            — Eh bien…

            Il s’éclaircit la gorge, comme lorsqu’il s’apprêtait à lire et prit une grande inspiration.

            — C’est l’histoire d’un docteur. Mais pas un docteur en médecine, non. Un docteur en poison. Il parcourt les routes, allant de ville en ville là où on l’appelle.

            — Et pourquoi l’appelle-t-on ?

            — Pour fournir des poisons.

            — Donc en fait, c’est une sorte de tueur sur gage ?

            — Oui c’est cela. Et il est accompagné de son assistante, la petite Beth.

            — Je peux lire le début ?

            Ryan s’apprêtait à riposter, dire que cela n’était pas prêt, mais la main revint sur les lèvres et sa moitié n’eut pas à parler pour qu’il comprenne : à ses yeux, jamais son précieux frère ne serait un incapable. Aussi lui passa-t-il le début, appréhendant sa réaction tout de même.

            Meredith lu les premières lignes mais s’arrêta bien vite.

            — « C’est que, comprenez bien chers lecteurs, il possédait un fardeau épouvantable : celui de la vie alors qu’il était totalement mort. », c’est de moi ça.

            — … Oui.

            — Je ne pensais pas que tu t’en souvenais encore.

            Le jumeau baissa la tête. Certes, son frère ne l’avait pas formulé ainsi. Mais ce jour là, celui où il avait appris que c’était à lui de protéger sa famille, quand il était remonté pour lui dire qu’il ferait le repas, Meredith lui avait dit. Car Meredith avait entendu les hurlements de son père. Il avait entendu qu’ils n’étaient pas des enfants désirés. Alors Meredith lui avait dit « Tu sais Ryan, si tout va mal dans la maison, c’est à cause de moi. Je suis déjà mort, quand j’avais un an. Et on me force à vivre. Alors c’est un fardeau. »

            — Il y a beaucoup trop de choses que je n’arrive pas à oublier.

            — Tu sais, tu dis toujours que tu es nul et que tu ne vaux rien. Mais de nous deux, tu es le meilleur ! Regarde, tu as réussi à faire tenir la maison tout seul quand maman était à l’hôpital. Et tu n’avais que sept ans.

            — Oui c’est vrai.

            — Elle avait quoi d’ailleurs maman pour rester si longtemps ?

            « Phlébotomie » fut la première pensée qui lui vint à l’esprit mais il ne pouvait le dire. Cela faisait parti des choses qu’il ne pouvait oublier. Comme la veille de Noël, où il était tombé sur la boite remplie de lettres de menaces et d’accusation de meurtres. C’était en effet la dernière rumeur à la mode : l’épouse Farnsworth avait tué son mari. C’était la seule possibilité pour ses gens qui ne concevaient pas que cet homme si intègre et dévoué en société ait pu partir.
Ou alors le lendemain de Noël, quand c’était lui qui avait trouvé la preuve qu’elle était partie et qu’il avait fallu la décrocher. Et ensuite appeler les adultes. Mais il ne pouvait rien avouer de tout cela à Meredith aussi se contenta-t-il de dire :

            — Je ne sais pas.

            — Elle va bientôt revenir hein ?

            — Euh… ouais. Je crois.

            —Ryan tu pleures.

            Il ne s’en était pas rendu compte de suite. Après tout, il ne se rendait jamais rien compte concernant son corps. Et pourtant, il pleurait. De toute les larmes de son corps, sans pouvoir s’arrêter. Même ses mots ne pouvaient traverser ce déluge. Tout ce qui avait été enfoui en lui, qu’il n’avait jamais pu ressortir, s’écoulait. Il pleurait comme un enfant, il voyait même qu’il incommodait les autres passages qui se retournaient et même son/sa jumeau-elle était décontenancé-e. Il aurait dû s’arrêter, il ne pouvait.

            Peut être que dans tous les besoins que Ryan n’arrivait plus à ressentir, que cela soit la faim, la soif ou la fatigue ou encore les « besoins d’agression » de la directrice, il y en avait un, plus important, qu’il n’avait pas réussi à exprimer depuis bien longtemps : le besoin de pleurer. Et le train se remit en marche.

Les chroniques du docteur Funeste est une série de livres de fantasy jeunesse écrits par les jumeaux Ellis et Elisabeth Evans et parus entre 2033 et 2045.

Les huit tomes se sont écoulés à plus d’un million et demi d’exemplaires dans le monde.

Article wikipedia

            Le train arriva finalement en gare, à son terminus. C’était la destination finale, il n’y avait plus aucun retour en arrière possible. Ryan eut un regard pour Meredith, tandis que cette dernière portait les valises. Son mensonge lui brulait encore la gorge.

            Leur mère avait disparu. La police ne s’en était jamais vraiment inquiété, et pour cause : ils avaient toujours su où elle était. Tout comme son fils ainé. Elle était désormais dans un lieu qu’ils ne pourraient jamais atteindre. Et d’où elle ne pourrait jamais plus revenir.

            En somme, si vous n’aviez pas déjà compris, elle s’était pendue.

FIN

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6 thoughts on “Un funeste train, par James Hamlet

  1. Très belle histoire! J’aime beaucoup le thème, et je trouve l’histoire du docteur funeste (les extraits disséminés depuis le début de la nouvelle) très bien trouvée 🙂

  2. Oh, mais c’est dommage cette dernière phrase, elle gâche tout! A mon avis tu peux très bien t’en passer, le lecteur n’est pas idiot, il a saisit depuis un moment.
    Il y a plein de mystères en revanche qui restent pour moi irrésolus. Pour le vendeur regarde Mérédith comme ça, surtout.
    Sinon, c’est vrai que c’est une chouette histoire, avec un univers bien particulier je trouve, et pour ça chapeau parce qu’en 24h créer une ambiance c’est pas facile je trouve^^ Ça m’a un peu fait penser aux orphelins Baudelaire par moment.
    Je pense qu’il y a vraiment de bonnes idées, mais que les personnages et leurs interactions mériteraient d’être creusés. Ils sont souvent résumés à un seul aspect, une seule action et c’est dommage parce que je suis sûre que tels que toi tu les vois, il y a bien plus à nous montrer (notamment pour Mérédith).
    En tout cas si tu retravailles ce texte je serais curieuse de voir la version finale =)

    • Merci pour vos commentaires 😀
      Coralie : Malheureusement, j’ai beaucoup de mal à gérer la subtilité : soit je le suis pas du tout, soit au contraire personne ne comprend mes sous-entendus X_X Donc j’ai préféré l’écrire directement plutôt que de laisser le doute à quelqu’un.
      Par contre je pensais avoir été compréhensible pour le vendeur QQ Comme quoi… Meredith est très androgyne (fallait au moins ca pour se faire passer pour un garçon pendant une année entière, même en première année de collège) donc comme la puberté commence à arriver, ca accentue encore plus ce côté. Le vendeur cherche à savoir si c’est une fille ou un garçon.
      Pour les orphelins Baudelaire, je plaide coupable, je les ai relu il y a peu de temps et j’ai dû être encore un peu influencé par l’écriture >> Et au début des 24h, j’étais parti dans l’optique d’écrire également leur vie chez cet oncle et cette tante mais je ne savais pas où m’arrêter. Je n’ai trouvé l’idée de limiter au train qu’en cours de route ^^ donc cela fait un peu compacté effectivement et pas toujours bien développé. Meredith est mon chouchou pourtant mais écrire sans pronom s’est révélé vite compliqué x__x Surtout en 24h. Donc j’ai pas pu écrire autant que je le voudrais avec.

      Mais encore une fois, mille merci pour vos retours ^^

  3. L’intro, peut-être un peu longue, pose bien l’ambiance et ton style.
    Je trouve très bien l’idée du « limiter » le récit au voyage en train très bien trouvé. On se voit presque assit en face des jumeaux et d’être capable de voir leurs pensées ^_^

    En lisant ton commentaire, je comprends pourquoi les références à Meredith sont parfois alambiquées ^^ C’est parfois un peu trop alambiqué, quelques répétitions sur les termes simples seraient un moindre mal pour améliorer la fluidité.
    Je plussoie que la dernière phrase n’est pas nécessaire, ou peut-être sans interpeller le lecteur.

  4. A cause d’analyses de textes que je dois faire ces derniers temps, je suis particulièrement sensible aux mots pouvant être épicènes… du coup j’avais deviné. Par contre pour la mère, je me suis laissé berner ^^ comme quoi…
    Bonne nouvelle, longue et riche. 🙂

  5. Un fait divers au travers de regards et de vécus d’enfants. Un quotidien qui pèse sur eux malgré tous les efforts du garçon.
    Une belle histoire qui mérite quelques corrections ici et là mais rien de méchant.
    On se demande comment ils vont supporter leur nouvelle vie et surtout ce qui va bien pouvoir leur arriver encore.
    Un rendu de leurs relations crédible quand on évoque les échanges fusionnels de nombre de jumeaux.
    Une triste mais belle histoire.
    et pour la maman j’avais compris quand il a dit « décroché »

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