Poulpe apocalypse, par Guillaume Lapulpe

Kindle

peiuvre

[24 h de la nouvelle 2016 : L’histoire doit se passer à au moins deux époques différentes (pas forcément très distantes), qui ne peuvent pas communiquer directement entre elles (pas de portails temporels, de machines à remonter le temps, de télépathie…), mais se répondent et se complètent.]

Paris, 2037

Depuis quelques mois, je fréquente le milieu underground. Je travaille de temps à autre pour la revue des anars. La France a pris un tournant fasciste, le pays est contrôlé et surveillé. Couvre-feu perpétuel. Personne ne joue avec. Les flics tirent à vue. Direct six pieds sous terre. C’est un peu comme ça que tout a commencé. Thib, vieux râleur contestataire en charge de la revue, m’a contacté pour aller faire un tour dans les catacombes. Une bonne partie de la population a pris possession du sous-sol de Paris. Ils en ont eu marre des drones et du gouvernement sécuritaire. Ils sont partis. Disparus. Dans l’en-dessous. Ils se sont autoproclamés les Rats. Divisés en collectifs, ils font la fête et ne remontent presque jamais. Paraît même qu’on peut tomber sur un labo clandestin pour synthétiser de l’ergot de seigle et en faire de la drogue.

— Ils organisent des raves à l’ancienne. Le collectif en charge de ces parties s’est donné le nom de HPL, beugle Thib au téléphone. Va savoir pourquoi ! Si tu pouvais y aller, jeter un coup d’œil, voir si ça vaut le coup d’en faire un papier, tu me rendrais un grand service.

J’ai dit oui, toujours partant pour ce genre de reportage. Comme d’habitude, je ne sais pas dans quoi je m’embarque. Je fonce toujours tête baissée. C’est mon tempérament.

Pour descendre sous Paris, il faut connaître du monde. Ça tombe bien, je fréquente une nana depuis six mois. La ténébreuse Lucile. Elle vit à Houilles, en banlieue parisienne. Elle est en colocation dans une grande maison. Ses colocataires sont des fans de métal hardcore, adeptes de soirées goths dans les catacombes, non loin de l’ancien cimetière des Halles. Voilà un bon moyen d’aller dessous. Ses deux colocs les plus acharnés, Vincent et Romain, sont aussi les plus énigmatiques. Sans oublier le mystérieux Fred. Je les retrouve chez eux dans leur immense maison. Une atmosphère de films d’horreur, sombre, noire, dérangeante. La chaîne hi-fi diffuse des groupes comme Perturbator et Carpenter Brut.

Romain est fascinant. Grand, blond, les cheveux longs et lisses. Un regard bleu froid, pénétrant. Vincent, lui, est plus taciturne. Ses mots sont pesés, réfléchis. Il ne parle jamais pour ne rien dire.

— Si tu veux descendre dans les catacombes, tu dois d’abord rencontrer des gens, assène-t-il. On peut t’emmener avec nous. Près de Châtelet, ce soir, il y a un concert du groupe Hypnose. Ils sont assez barré, des longues pistes avec des extraits de Lovecraft. Tu peux venir, sûr qu’on y croisera des gars du collectif HPL. Notamment Roland Wagner, un anarchiste complètement fou, tombé dans la SF depuis tout petit. Un grand lovecraftien.

En rentrant chez moi, je réfléchis au collectif HPL. Le vent souffle fort, il fait chaud. L’air est chargé de moiteur. La nuit tombe rapidement. Romain m’a bien confirmé que les initiales du collectif sont un hommage à Howard Phillips Lovecraft, écrivain connu pour ses romans d’horreur, de fantastique et de science-fiction. Et surtout la mythologie autour de Cthulhu. Certaines personnes y vouent un culte parfois exagéré. Je décide de faire un somme, puis d’aller à la BnF en métro aérien. Depuis que les Rats ont investi les catacombes, l’ancien métro est inutilisable, toutes les entrées ont été bétonnées. Dans la foulée, un métro plus récent, fuselé, rapide, a été construit. Sur ces pensées, je sombre dans un sommeil profond.

Paris, les Halles, 1875

Je cours sans relâche. Je ne m’arrête pas. Je me perds dans l’abîme du temps. L’orage gronde. Depuis que la Chose se réveille sous l’ancien cimetière des Innocents, la situation se détériore de jour en jour. L’apocalypse n’est plus loin. Je le sens. Je hume la mort dans l’air, l’asphalte mouillée remonte à mes narines, la pluie ruisselle sur le toit de Paris. Et dessous, le cœur de l’Infernal bat, ses pulsations sont comme un compte à rebours. La fin est proche. J’ai semé mes assaillants. Mais ils ne sont jamais loin. Je dois absolument retrouver l’homme qui m’a donné rendez-vous à l’entrée des catacombes, près des Halles. Question de vie ou de mort.

Paris, 2037

Un tentacule gluant et mécanique m’enlace. Je n’arrive plus à respirer. Je me réveille, haletant et en sueur, trempé. Le temps est moite. Dehors, l’orage tonne. Avant d’aller à la bibliothèque, je me sers un petit verre de whisky tourbé. Je m’assois sur le balcon, pose Bitches Brew de Miles Davis sur la platine. Le diamant craque sur le disque, j’aime sa période expérimentale.

J’habite un petit appartement aux Buttes-Chaumont, un endroit calme. Paris s’étend sous un ciel noir. On dirait presque un paysage d’apocalypse. Des montagnes hallucinées. J’ai comme une mauvaise impression, une boule à la place du cœur me compresse. Enfin, c’est juste passager. Je me concentre sur la trompette de Miles Davis. La musique est apaisante.

J’arrive à la BnF. Le temps est toujours électrique. Je m’adresse directement aux bibliothécaires. Les derniers survivants de la bibliothèque. Ils me font traverser de nombreux couloirs. La salle de lecture est immense, vide. Pas un humain. Je m’assois et contemple toute cette connaissance. On me passe bientôt de nombreux documents en rapport avec le mythe de Cthulhu. Je réussis même à trouver une vieille revue de science-fiction intitulée Bifrost. Un numéro complet sur Lovecraft.  Avant la Préhistoire, la terre était dominée par des puissances astrales sans âmes, les Grands Anciens. Ils sont au nombre de quatre. Nyarlathotep, le messager des dieux, Cthulhu, Hastur et Shub-Niggurath. Et au-dessus, Azathoth, le maître des Grands Anciens. Je comprends la fascination que cette mythologie peut exercer sur nous. L’immanence, l’impermanence, nous rappelle notre insignifiance. Les gens sont friands de mythes et légendes.

Paris, 1875

La confrérie m’a rattrapé. Ils m’attendent au coin de la rue Rivoli et Saint-Denis. Je m’enfuis vers la tour Saint-Jacques. Impossible de les distancer. L’affrontement est inévitable. Je respire un grand coup. Les sbires chtoniens envoyés par la confrérie ne sont pas des enfants de chœur. Habités par des puissances magiques peu communes, il ne faut pas les prendre à la légère. Je sors ma rapière de combat, forgée par mes soins, et modelant l’espace et le temps je fige la scène. Ces derniers jours m’ont diminué je n’ai qu’une dizaine de secondes. Ma première attaque est foudroyante. Je me décale sur la gauche, saute, et fends le premier assaillant de haut en bas. Une brève secousse m’indique la perception du temps qui s’équilibre. La deuxième créature en profite. Fort de deux bras mécaniques, sortes de tentacules organiques, il m’enserre, me prive de mouvements. Crac ! Je sens mon épaule gauche se briser. La situation se corse. Je doute sérieusement de la suite de mon existence.

Paris, 2037

Je quitte la bibliothèque. Pas le temps de repasser chez moi, je file à Châtelet. J’ai rendez-vous dans un pub avec Romain et Vincent. Le Cauchemar d’Innsmouth. Un peu flippant. La météo ne s’arrange pas, le ciel est vraiment noir. Hypno5e, hypnotique, Cthulhu, le mythe, les Grands Anciens. Tout se mélange dans ma tête. J’ai toujours cette impression noire, oppressante et glauque. Il est temps de boire un coup.

Le pub se situe près des Halles, non loin de la rue de Rivoli et Saint-Denis. Curieux que je ne l’ai pas remarqué plus tôt. L’intérieur ressemble à un pub écossais du dix-neuvième siècle. Apparemment, personne n’a pris la peine de le nettoyer depuis son ouverture. Au mur sont alignés de nombreux tableaux représentants des créatures très étranges. Certaines sont pourvues de tentacules, d’autres ont un aspect démoniaque et malsain. Le barman est un grand dandy victorien. Le teint très pâle, un haut de forme, il porte des lunettes cerclées de fer,  les verres teinté en bleu. Il se prénomme Vlad et me propose un verre de Chartreuse, une eau-de-vie montagnarde. La musique en fond ressemble à du métal progressif, assez psychédélique, avec de longues notes éthérées. Je crois reconnaître le groupe « my sleeping karma ». Le groupe colle bien à l’atmosphère du bar. Une musique profonde et spirituelle.

—Tes deux potes sont au fond du bar. Ils enchaînent bière sur bière avec Roland Wagner, me renseigne Vlad.

— Merci !

Il est quand même curieux ce type. Je l’ai déjà vu quelque part, je n’arrive pas à me rappeler où. Ma mémoire flanche.

Je retrouve Romain et Vincent. Romain a toujours sa lueur étrange au fond des yeux. Vincent, lui, regarde une statue en bois. Un corps humain en costume trois pièces. Sauf qu’à la place de la tête : une pieuvre. Au milieu, un œil vert et rouge qui te scrute. Puis la bouche, menaçante et immense. Je frissonne.

— C’est Nyarlathotep, précise-t-il, concentré sur la statue. Il a l’œil ouvert sur le monde. C’est rassurant.

—Heu ouais, dis-je, hésitant et pensant qu’il a surtout envie de nous engloutir.

Je bois une gorgée de Chartreuse. Romain me présente Roland Wagner. Il ressemble à un détective. Les cheveux longs, il porte un imper délavé, un borsalino vert perché sur son crâne. Le genre de chapeau indécrottable. J’apprends que c’est à l’origine de Roland que le collectif s’est baptisé HPL.

— J’ai écrit dans les années 1990 une nouvelle, HPL, en l’honneur de Lovecraft, me raconte Roland, passionné. Je me suis amusé à le faire vivre quelques années de plus. Il n’est pas mort en 1937 mais en 1991.

— Et peut-être est-il toujours en vie, rajoute-t-il, faisant un clin d’œil en direction d’un portrait de l’illustre Lovecraft.

Derrière le portrait, en arrière-plan, il me semble reconnaître la tour Saint-Jacques. Nous continuons de discuter autour du romancier. On enchaîne les bières, je goûte la Love Craft, une bière façon indian pale ale micro-brassée. Puis des tournées de Chartreuse. Les heures passent. Je me demande depuis combien de temps on est là. Les sensations autour de moi s’estompent. Je me sens nonchalant. Roland Wagner prend congé. Il repassera peut-être dans la soirée. Romain et Vincent me proposent de partir dans les catacombes. Le concert du groupe Hypnose va bientôt commencer. On se dirige vers la sortie. Ma tête tourne, mes pensées divaguent. J’ai une vague impression que la populace présente à cette heure est issue de mes pires cauchemars. Je vois des petits êtres encapuchonnés qui se retournent sur mon passage. Pas de visages, juste des grosses langues épaisses et visqueuses. Je ferme les yeux, les ouvre. Plus rien. On quitte le Cauchemar d’Innsmouth. L’entrée des catacombes est très proche.

Paris, 1875

L’être sorti des limbes me compresse littéralement. Je réussis à assener un coup de poing avec ma main droite. Le monstre recule un peu, sonné. Je profite de ce répit pour avancer avec ma rapière . Je l’attaque de taille sur le côté et lui brise les côtes. Il se relève, me gifle. Je vole sur plusieurs mètres. Atterris sur un fiacre. Le choc est rude. Je me relève. Je sors mon petit pistolet de duel Boutet, vise sa tête avant qu’elle ne se transforme en bouche ignoble. La transformation a commencé. La balle va droit au but. Sa tête explose. Un liquide visqueux vert et rouge dégouline du crâne. Le corps marche encore un peu, hésite, comme ivre, puis s’écroule sur le sol.

Si les sbires sont là, je ne donne pas cher de la peau de mon contact. Épuisé, j’arrive à l’entrée des catacombes. C’est bien ce que je craignais. Le corps est disloqué, la gorge tranchée. Il n’a pas eu le temps de se défendre. Je vais devoir me débrouiller seul. J’ai créé ce monstre par l’écriture. C’est à moi de m’en occuper. Je me calme, souffle. Et commence à descendre les catacombes. L’orage gronde toujours, je tremble, ma peau se hérisse, la peur me ronge les entrailles.

Paris, 2037

Dehors, les éclairs illuminent la nuit. Il s’est remis à pleuvoir. Ou la pluie n’a jamais cessé de tomber. Le métro aérien passe. Il est vide. Je crois voir à l’intérieur des humains tout blancs, les yeux vert et rouge. Vides de l’intérieur. Peut-être que je rêve. On descend dans les catacombes par les Halles, près de la tour. Romain et Vincent sont bien allumés. Ils me parlent des soirées goths, de choses bien ténébreuses. D’apparitions de Cthulhu et autres Grands Anciens. Ils me confient même que ce soir Azathoth va surgir des limbes du passé. Afin de purifier un monde perverti. Vaste programme. Une pensée bizarre me traverse l’esprit. Je l’oublie tout de suite. La Chartreuse m’a bien ouvert les synapses. Et bien désinhibé. Je tremble moins par l’appréhension de l’En-dessous. On traverse des couloirs. Il y en a un qui me paraît infini. De chaque côté, des crânes. Il fait chaud et moite. L’ambiance des catacombes. Au loin, j’entends une ligne de basse. Des gens qui dansent. De la lumière. Des ombres sur les murs. La fête n’est pas loin.

— On arrive, s’extasie Vincent.

— On a appelé ce lieu, R’lyeh, hurle Romain.

On fait quelques mètres. J’entre donc dans R’lyeh. Il y a une centaine de personnes. Tous en noir. Des masques sur la tête. Et sur la scène, les quatre musiciens. Hypnose. Derrière la scène, des posters représentant les Grands Anciens. On me propose de la Chartreuse. Je bois. L’arrière-goût est amer. Pas la même chose qu’au pub. Bizarre. Mes jambes tanguent. Je crois que j’ai trop bu. Je cherche mes deux seuls contacts. Ils ont disparu. Je me retrouve tout seul. J’écoute le groupe. De longs riffs, la batterie claque derrière, les doubles-pédales reproduisent un rythme de tambour exacerbé. Le type au synthé joue une mélodie spatiale. Et le chanteur tout en noir, sans masque. Littéralement du cirage et toujours ces yeux vert et rouge obsédants. Il parle en anglais. Des paroles extraites des romans de Lovecraft. Je crois voir au loin un borsalino vert. Un homme s’arrête devant moi.

— Bonjour, je suis  Charles Dexter Ward. Je suis pressé, j’ai rendez-vous à la Cité sans nom.

Il disparaît. Le volume augmente, les riffs deviennent répétitifs. Dexter Ward est-il réel ? Je commence à perdre la notion de réalité. Irréel. Fictions. Monstres. Horreurs. Je suis dans un cauchemar. Les gens dansent de plus en plus vite. La terre tremble, l’orage gronde. Bizarre, je ne devrais pas entendre l’orage. Je suis loin dans l’En-dessous. Puis tout s’accélère. La Chartreuse avait un goût spécial. Le sol s’entrouvre, des tentacules apparaissent, les gens autour de moi se mettent à genoux. Romain est de retour. Il me sourit. Puis sa tête disparaît. A la place pousse une tête visqueuse, ignoble. Et au milieu, cet œil, toujours cet unique œil. Qui se tournent tous d’un coup vers moi. Je panique. Commence à trembler. Je tente de retourner sur mes pas. La tête me tourne. Le monde se déséquilibre. Une sorte de secte chthonienne. Je ne distingue plus le vrai du faux. J’avance à tâtons dans le noir. Je sens un liquide visqueux me couler sur la nuque. Je trouve les escaliers. Je monte les marches. L’effort est ardu. Dans mon délire, je croise un homme, habillé à l’ancienne. Comme un songe. Il descend les escaliers quatre à quatre. J’aperçois à sa ceinture une sorte d’épée de mousquetaire. Je n’y prête pas plus attention. Mon unique dessein est de sortir de là vivant. De retrouver la surface. Je grimpe toujours plus haut. Je reconnais le vaste couloir avec les crânes. Ils me regardent tous eux aussi. Avec un sourire méphistophélique. Je redouble de courage. Le tee-shirt tout trempé, noir de saleté, je me lèche les lèvres. Je sens cette sueur acide et salée mêlée à l’odeur de terreur qui m’a rempli d’effroi dans la salle de R’yleh.  J’accède à la surface. Il est temps. Je cours. Je m’enfonce dans la nuit. Dans le néant. Je veux juste une chose, rentrer dans mon appartement, dormir, dormir. Une nuit sans rêves et sans cauchemars. Je sais déjà que ça va être difficile.

Paris, 1875

Toujours plus bas, je descends dans les profondeurs de Paris. En direction de la Chose qui s’est réveillée. De ce monstre issu de mes livres. Cette mythologie qui a pris corps. Des fanatiques ont voulu réveiller le grand maître des Dieux, Azathoth. Mal leur en a pris. Ils n’ont réussi qu’à faire surgir le grand Cthulhu. Pour les remercier, il s’est nourri de leur âme.

Son cœur pulse. Je le sens dans mon corps. La terre tremble. Il fait chaud, des gouttes de sueur coulent le long de mon dos. J’arrive vers un couloir qui se dirige vers le néant. On dirait qu’il ne possède pas de fin. Pour toute lumière, j’ai réussi à me procurer une petite torche. J’avance. Une dizaine de crânes parsèment le chemin et attirent mon attention. Au bout du tunnel, un escalier. Tout droit vers le Grand Ancien. Je m’arme de courage. À mi-chemin, un souffle me pousse contre le mur. J’ai une impression étrange de croiser une présence invisible. Je continue vers R’yleh. Juste avant d’entrer dans la salle, un objet scintillant m’éblouit. Un objet que je n’ai jamais vu. Il est au sol, contre un mur. Je le ramasse. Celui-ci est de taille concentrique. Il y a aussi un trou fin au milieu du cercle. On peut y passer un doigt. Dessus, une écriture : hypnose. Le terme est d’ailleurs récent. Il a été inventé à la moitié du siècle par un médecin écossais. Je range cet objet insolite dans ma besace et espère avoir l’occasion de l’étudier ultérieurement.

Pour l’heure, je dois affronter l’innommable. C’est mon combat face au mythe que j’ai créé. Un duel entre lui et moi. Les choses se terminent là où tout s’est amorcé. J’arrive en bas de l’escalier. Il y a une porte. Et au-delà, un monde de noirceur. Moi, Howard Phillips Lovecraft, vais y entrer sans la certitude de m’en sortir. C’est étonnant d’entendre l’orage dehors. Je respire, expire, fais un pas. Et le néant m’aspire.

FIN

Kindle

5 thoughts on “Poulpe apocalypse, par Guillaume Lapulpe

  1. Disclaimer : je n’ai jamais lu les oeuvres de Lovecraft et ne connait que très vaguement son univers si ce n’est de nom, aussi je crains d’avoir raté des références ou de ne pas avoir apprécié ton texte à sa juste valeur.

    Tu as un style bien à toi, fait de phrases courtes qui met tout de suite dans le ton.
    Le début me fait un peu penser au climat actuel, ou en tout cas à ce que les gens pensent que l’actualité va mener. Ce n’est pas désagréable comme impression, on est un peu dans l’inconnu connu.
    Le passé, du fait de ses courts extraits, semble au contraire très mystérieux. Et j’aime beaucoup l’idée à la fin.
    L’ambiance était très réussi.

    Bravo pour ce joli texte 🙂

  2. Ça fait drôle de voir Roland Wagner dans un texte, ça fait plaisir aussi. Y a un hommage dans le choix des thèmes, de certaines phrases, qui est bien sympa.
    Bravo !

  3. Nouvelle riche en références en tout genre de la musique à la littérature.
    Dans une France incertaine on plonge dans les abimes des « enfers » sans doute salvateurs.
    Belle écriture, reste à trouver un rythme dramatique ….Les idées sont déjà là
    Persévère !

    Anne- Fred

  4. J’aime beaucoup les multiples clins d’oeil (Roland C. Wagner, Vlad, Dexter Ward…) et j’ai passé un bon moment de lecture car, globalement, je trouve le texte bien écrit, il y a quand même quelques passages « 2037 » qui me semblent un peu plus plats que les autres (notamment la fin du premier, au sujet des métropolitains, qui fait un peu trop « auteur glisse des infos de background par le biais de son personnage »… le deuxième paragraphe du deuxième passage 2037, un peu trop « tell » à mon goût).

    Par ailleurs, pour le tout premier passage, il manque « Paris, 2037 ». Du coup, j’ai été perdue en passant au troisième passage, je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait du même personnage :).

    J’ai beaucoup aimé également la mise en scène de Lovecraft dans ce rôle !

    NB : c’est malin et subtile pour le « ne communiquent pas directement » 😉

  5. Des mondes qui se croisent, des auteurs aussi.
    Pas d’interactions juste des sensations.
    Le créateur de monstre cherche à réparer ses erreurs en anéantissant ses créatures. Des thèmes entrelacés entre références mythiques, déviances des croyances lorsque le quotidien perd les hommes, auteurs de légendes.
    J’ai apprécié cette lecture bondissante aux angoisses prégnantes.

Laisser un commentaire