Malédiction, Aberrations, par hugo

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8 avril de l’an de grâce 1808

Votre Altesse Impériale,

Il est pour moi un grand honneur de vous informer par la présente missive de la victoire de nos forces sur l’ennemi. Nous avons il y a trois jours conquis le château abritant leurs dernières forces, et avons brûlé jusqu’au dernier les corps de ces sordides êtres se faisant passer pour des hommes.

J’ai personnellement mis à mort le commandant ennemi. Ses yeux, d’un rouge sang encore plus répugnant que celui du reste de ses congénères, n’ont cessé de me fixer, et mon sang se glace encore à penser aux malédictions qu’il proférait alors même que la vie quittait son corps déformé, après qu’il ait juré de maudire ma famille sur trente générations.

Quoi qu’il en soit, notre campagne contre ces êtres, démarrée il y a maintenant bien des années, s’achève ici. Si je souhaite que notre combat soit définitivement terminé aujourd’hui, je me dois cependant vous recommander la plus haute vigilance : Mes hommes m’ont rapporté des rumeurs voulant que certains se soient échappés et aient embarqué dans des bateaux pour les Amériques. J’ai bien évidemment donné ordre d’exterminer ces maudits êtres jusqu’au dernier si des survivants sont trouvés.

Je partirai moi-même superviser la traque de ces derniers monstres survivants au plus vite, dès que je serai rétabli. J’ai bien peur qu’une terrible fièvre ne m’alite depuis la conquête de ce château maudit, ce qui est la raison pour laquelle je vous écris si tardivement.

Gloire à notre beau pays,

Votre dévoué,

Louis-Henri De La Fontaine


9 juin 1901

Mon neveu, ma nièce,

Lorsque vous trouverez ce message, j’aurai quitté ce monde.

Notre famille dont le nom était autrefois noble et respecté, est aujourd’hui sur le point de disparaître. Et je la précipite vers sa chute. Le sachant, je ne peux tout de même pas me résoudre à rester auprès de vous. Je n’espère pas que vous me le pardonnerez, mais seulement, qu’un jour, peut-être, vous puissiez comprendre.

Car notre famille est maudite.

Le sort s’est abattu sur nous il y a bien des années. Vous ne m’avez toujours pris pour un fou, toutes ces années. Même au décès brutal de votre mère. Même lorsque la maladie emporta votre père.

Mon neveu, ma nièce,

Je vous écris cette lettre pour que vous connaissiez la vérité. La vérité sur ce qui est arrivé.

Le sort s’est abattu sur nous lorsque votre arrière grand-père, le père de mon père, a mené campagne face à des êtres monstrueux qu’il a appelé « Les Aberrations ». Des êtres dont l’existence n’est connue que par une poignée. Des êtres qui vivraient au sein de notre monde, de notre société, de nos villes, mais se nourriraient de notre essence vitale, suceraient notre sang, remplaceraient nos souvenirs, hanteraient nos rêves. Des êtres contre laquelle nous avons mené une guerre, que nos ancêtres ont cru gagner, jusqu’à ce que leurs descendants réapparaissent à l’autre bout du globe. Des êtres qui répandent maladie et malédiction autour d’eux, érodant l’humanité des personnes qui les côtoient.

Surtout, des êtres dont les corps véritables sont monstrueux, qui se livrent à la chasse d’humains.

Des êtres que vos parents, les héritiers de la famille De La Fontaine, traquaient sans relâche.

Des êtres qui, en vérité, les ont assassinés.

Mon neveu, ma nièce,

Pour vous, cette lettre sonnera peut-être comme étant la dernière mauvaise blague d’un vieillard sénile. Ce n’en est pas une. Vous trouverez dans ma cave l’intégralité des documents concernant notre famille.

J’espère que vous vivrez une vie longue et heureuse.

Ce ne fut pas mon cas.

Je crains que ça ne sera malheureusement pas le cas pour vous non plus.

Votre oncle,

Basile De La Fontaine


Vous êtes bien sur le répondeur téléphonique d’Albert De La Fontaine. Laissez un message après le bip sonore !

Albert, c’est Étienne.

Cet appel pour te dire que c’est bon. C’est fait. La poudre a été pulvérisée dans l’atmosphère.

Aucune Aberration ne pourra y échapper. Le mélange est inoffensif pour l’homme, mais mortel pour eux.

La guerre est terminée. On a gagné.

C’est tellement simple que c’en assez incroyable.

Viens prendre un verre pour fêter ça.

Fin du message – 10 juillet 1996


De : franckdelannoy@mymail.com
À : adeline@delafontaine.fr

Adeline,

Ça y est ! Le moment tant attendu est arrivé ! Ah quel dommage que tu aies manqué ça ! Elle est venue ! Ben a ramené sa copine Laura à la maison !

Nous avons passé une excellente soirée en sa compagnie. Ils vont bien ensemble ! Notre fils est un original, mais cette fois il en a trouvé une à la hauteur !

Tu te rappelles de son saut en parachute le mois dernier ? C’était elle sa monitrice ! Ils partagent le même goût des sensations fortes, mais pas seulement, étant donné que comme lui, elle est intarissable au sujet du cinéma ! Comme Ben, elle est capable de parler sans s’arrêter de détails du cinéma et m’a par exemple parlé des grandes qualités des films d’un réalisateur coréen (dont j’ai honnêtement déjà oublié le nom).

Ils ont un peu le même genre d’excentricité aussi. Là où Ben a ses tatouages et sa moustache, elle a des cheveux colorés en bleu, et porte des lentilles qui rendent ses yeux rouge sang. Ça lui donne un regard perçant, un effet franchement saisissant !

Bref, c’était une super soirée. Dommage que tu aies été appelée pour cette réunion de famille urgente, Laura avait l’air curieuse de te connaître aussi !

Tiens moi au courant de ce qu’il se passe et de quand tu rentres quand même, j’ai l’habitude de vos concertations soudaines entre De La Fontaine mais ce n’est d’habitude pas aussi long, et surtout, tu prends tes appels ! Je m’inquiète un peu de ne pas avoir de tes nouvelles depuis deux jours.

Bisous,

Franck

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2 thoughts on “Malédiction, Aberrations, par hugo

  1. Simple, efficace, très bien trouvé. Cette nouvelle me plaît beaucoup 🙂 J’aime énormément la fin enjoué alors qu’elle présage les pires malheurs.

  2. Courte mais enlevée 😀
    Au début j’ai pensé à la malédiction des Templiers mais au fil de la lecture on découvre d’autres êtres, sombres et retors.
    Peut-être quelques détails à revoir ici et là mais rien de méchant.
    Et si il y avait un roman derrière tout ça ?

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