Sacré Graal, par Alex Evans

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[24 Heures de la Nouvelle 2015 : L’histoire devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

Sept heures. Je verrouillai la serrure et inspectai machinalement la façade. Tout était en place. L’enseigne, « Chez Viviane, souvenirs, accessoires New-Age, équipement druidique, herboristerie » dégoulinait d’eau. Il crachinait depuis deux jours et un brouillard cotonneux parcourait les rues de Saint Ronan. À cette heure, la mienne était déserte, la plupart des marchands de souvenirs avaient fermé boutique en cette fin d’octobre. Le vieux Gérard profitait de l’arrière-saison dans le Var. Bernardette, au bout de la rue était partie travailler dans le bar d’un cousin à Paris. Quant à moi, j’étais une fille désespérément casanière. De toute ma vie, je ne m’étais jamais éloignée à plus de trois cent kilomètres de chez moi. J’aime la routine. Il y a déjà eu largement trop d’excitation dans ma vie. De plus, mon commerce marchait à un rythme différent. Ce serait bientôt la Samain et tous les sorciers, professionnels ou amateurs, avaient des ingrédients à acheter pour ce jour-là.

Je rentrai chez moi, deux rues plus loin. Dans l’entrée je saisis mon reflet dans le miroir : mes cheveux noirs frisaient d’humidité et mon mascara commençait à couler. J’avais encore oublié mon parapluie. J’allumai machinalement la télé, comme tous les soirs et tombai au milieu des nouvelles régionales. Sur l’écran, on voyait le tronc d’un grand arbre couché au milieu d’une forêt, entouré de cordon de sécurité, de pompiers et de policiers. Le journaliste commentait :

« Affaibli par la dernière tempête, le plus vieux chêne de la forêt de Brocéliande s’est écroulé alors que des membres de l’association néodruidique « La Voie des Arbres » organisaient une manifestation à proximité. Certaines légendes affirment que l’arbre avait plus de mille trois cent ans et que c’était là que la fée Viviane aurait enfermé Merlin l’Enchanteur. Un homme a été retrouvé écrasé sous son tronc et a été transporté dans un état semi-comateux au Centre Hospitalier de Rennes. Son identité n’est pas connue. Les associations de défense du patrimoine accusent les autorités de ne pas avoir interdit l’accès à ce chêne qui attirait nombre de touristes… Les associations écologistes précisent pour leur part que les mesures adéquates n’avaient pas été prises pour le protéger les racines et soutenir le tronc… »

Je fixai l’écran avec attention. J’étais sûre d’avoir déjà vu l’endroit. Puis je haussai les épaules. En mille trois cent ans, j’avais vu toute la Bretagne, bien sûr. Seulement, plus je vieillissais, plus mes souvenirs s’effilochaient. Surtout les plus anciens. Ma mémoire ressemblait à du gruyère. Peut-être le cerveau humain n’avait pas assez de place pour stocker une telle quantité de données, un peu comme un disque dur. Il valait mieux ne pas trop y penser.

Je me fis une tisane et m’installai dans le sofa.

Six semaines plus tard, je faisais mes comptes tout en écoutant Gaëlle, ma jeune assistante servir la dernière cliente de la journée, Madame Leperrec, une rebouteuse du village voisin.

— …Donc, trois cent grammes de poudre de gui, deux racines de mandragore et cent millilitres de jus de jusquiame. Voilà, Madame.

— Merci. Comme je pars trois mois à la Réunion chez ma fille, il faut que j’emporte des réserves.

— La Réunion ? Waouh ! Ça c’est des super vacances !

— Moui… Je préfère me mettre eu vert pour quelque temps.

La brave dame baissa le ton.

— On murmure qu’il y a une sorcière en ville. Une très vielle sorcière, très puissante… En quête de vengeance.

« Quête », « Vengeance ». Voilà deux mots qui ne font plus partie du vocabulaire moderne. Je levai la tête, pour poser une question, mais la cliente passait déjà la porte. On ne voyait pas souvent des vieilles sorcières de nos jours en Bretagne. Et vieille comment ? Si elle était magiquement immortelle, comme moi, je devais forcément la connaître. Nous ne sommes pas si nombreux… Et une vengeance… Vengeance signifiait grabuge. Je tenais à mon train-train quotidien. Il allait peut-être falloir faire une petite enquête.

Je fermai mon livre de comptes. Gaëlle n’arrête pas de me répéter que je devrais les rentrer dans l’ordinateur, mais il y a des choses que j’ai juste trop l’habitude d’effectuer à la main. Les mathématiques ont été ma bête noire pendant mes années d’apprentissage. De plus, j’aime ces petits rituels qui font partie de la joie de tenir un commerce, si différent de la vie agitée que j’avais menée jadis, depuis les hautes intrigues et jusqu’aux chasses aux sorcières.

— Alors, où en es-tu de ta lecture de la Table d’Émeraude ? demandai-je à Gaëlle.

— C’est dur ! protesta-t-elle. Passe encore pour la Morte d’Artur…

— Je t’ai dis que c’étaient des conneries.

— Je sais, mais c’est romantique. Au fait, c’est quoi la différence entre une magicienne et une sorcière ?

— Une magicienne était de noble naissance. Elle offrait ses services aux rois et aux seigneurs. Une sorcière était une roturière qui servait la plèbe.

— Et ben, j’aurais pas cru que…

La porte s’ouvrit à la volée et un homme firent irruption dans la boutique, Il ferma le battant à la hâte et, avant que j’aie eu le temps d’ouvrir la bouche, poussa le verrou. Brun, la trentaine, avec une courte barbe, il jeta un regard autour de lui et se figea lorsque son regard croisa le mien. Moi aussi. Où avais-je déjà vu ce type ? Où avais-je déjà vu ces yeux couleur d’orage ? Le temps sembla soudain faire une longue pause et…

La porte tomba, arrachée de ses gonds. Deux trollesses firent irruption à leur tour. Leurs dents pointaient hors de leurs bouches lippues, leurs longs nez s’agitaient pour mieux sentir le vent et leurs yeux globuleux étaient injectés de sang. Gaëlle courut se réfugier dans la réserve. L’inconnu saisit un des bâtons de sorcier sur l’étagère et sembla se volatiliser. Quant à moi, j’essayais péniblement de me remettre de ma surprise. Gerda et Helga tenaient un gîte avec un dortoir pour jeunes dans une ancienne maison rénovée à l’entrée de la ville. Deux filles adorables, fans de Heavy Metal qui brassaient une délicieuse bière maison. Elles étaient serviables et très bien élevées, d’habitude !

— Miam ! gronda l’une.

— Viande ! siffla l’autre avec son épais accent norvégien.

Je retrouvai mes esprits.

— Hé là, je peux savoir ce qui se passe ?

— L’homme ! Il est là ! Je le sens !

Elles auraient sans doute déjà tout démoli, si les sorts protecteurs de ma boutique n’avaient pas ralenti leurs mouvements. Cela n’empêcha pas Helga de reverser mon présentoir de plantes médicinales alors qu’elle contournait le comptoir, tandis que Gerda faisait tomber ma pile de revues wicca en reniflant le sol. Cependant, elles avaient l’air un peu stone. Je les imaginais mal être sous l’influence d’une drogue quelconque. Il faudrait plusieurs kilos des substances habituelles pour avoir un vague effet sur un troll. Un peu envoûtées, peut-être ? Mais qui à notre époque moderne envoûterait des trolls ? Cependant, je crus bien sentir sur elles les résidus d’une magie familière. Si seulement je pouvais me souvenir…

Il allait falloir tirer ça au clair. Je plongeai la main dans la poche de ma salopette et en sortis ma boule de méditation en cristal. Je la lançai en l’air. Elle virevolta devant les deux créatures qui s’interrompirent et la fixèrent, leurs bouches grandes ouvertes. De la salive coula des lèvres de Gerda et tomba sur le sol.

— Que cherchez-vous, mes amies ? dis-je d’une voix suave.

— L’homme, marmonna-t-elle.

— Oui, manger ! renchérit son associée.

Elle accompagna sa phrase d’un mouvement de la main pour attraper la boule. À la place, elle accrocha la petite étagère d’amulettes qui s’écroula sur le sol en un fracas de verre.

Je fis virevolter le cristal, juste un peu hors de leur portée pour les entraîner à la cuisine, où elles risquaient de faire moins de dégâts.

— Maintenant, dites-moi qui vous a envoyées.

Helga fronça les sourcils, mais garda la bouche ouverte sur ses dents acérées comme des rasoirs.

— Il y avait un colis dans la boîte aux lettres, ce matin…

— De qui ?

— Sais pas. Il nous a dit de trouver l’homme et le vase. Que l’homme serait délicieux. On mange pas les humains d’habitude, mais celui-là…

— Bravo, toujours le même doigté, dit l’intéressé derrière moi.

Il parlait français avec un fort accent… un accent… gallois et ancien, en plus. Je n’eus pas le temps d’approfondir. Sa vue fut plus forte que le sortilège hypnotique de la boule de contemplation. Les deux créature poussèrent un rugissement et se ruèrent sur lui, m’oubliant totalement. Qui qu’il fut, ce type avait vastement surestimé mes pouvoirs. Il réussit à faire tomber l’une des trollesses en travers de la porte de la cuisine en accrochant son pied avec son bâton. Cela obstrua le passage à l’autre créature qui trébucha par-dessus son associée. Ma boutique allait se transformer en champs de bataille. Il ne me restait plus qu’à utiliser les grands moyens. Je levai ma main gauche, celle qui portait la bague et murmurai la formule. Sonia et Helga s’immobilisèrent au milieu de leur mouvement. Comme elles étaient en train de se relever, la gravité fit son travail et elles retombèrent lourdement sur le sol, les yeux dans le vague. La seule façon de contrer le sort qui les tenait, était une formule qui effaçait leurs souvenirs des heures précédentes. Ou des journées, voire semaines. La magie n’est pas une science exacte.

— Toi et tes sorts d’amnésie… murmura l’homme en gallois du coin où il s’était réfugié.

Heureusement que j’ai encore l’ouïe fine à mon grand âge. Je lui jetai un rapide coup d’œil. Voilà une drôle de chose à dire à une femme qui venait de vous sauver la vie ! Et sacré nom d’un chien où l’avais-je vu ? D’où est-ce qu’il me connaissait ? Manifestement, il s’y connaissait en magie, lui aussi. Il avait été capable de se rendre invisible et reconnaitre le sort que j’avais utilisé.

Sonia et Helga s’agitèrent sur le sol avant de se relever, jetant des regards effarés autour d’elles.

— Ben Vivi, qu’est ce qui est arrivé à ta boutique ? C’est pas nous quand
même ?
— On n’était pas bourrées à ce point ! Si ?

— Je vous raconterai plus tard. Et si vous rentriez à la maison en attendant ? N’oubliez pas de remettre une apparence humaine avant de sortir.

— Heu… Ah, oui, bien sûr. Hum… À plus tard.

Leurs traits s’aplatirent, leur peau s’affina, leurs dents se rétractèrent, leurs verrues disparurent. Deux grandes blondes tatouées, portant des bracelets de cuir clouté sortirent par ce qui restait de ma porte.

— C’est super cool ! s’exclama Gaëlle en sortant de sa cachette. De vrais monstres ! Génial !

Je me tournai vers l’homme :

— Alors, je peux savoir ce qui se passe ?!

— Je suis désolé pour la situation dit-il d’une voix suave. Je m’appelle Myrddin Emrys.

— On s’est déjà rencontré ?

Il marqua une imperceptible pause.

— Certainement pas.

Alors qu’est-ce qu’il marmonnait, tout à l’heure ?

— Est-ce par hasard que vous avez atterri chez moi ?

Il plongea sa main dans sa poche.

— Non. J’étais venu vous rendre quelque chose.

Il me tendit une bague. Le bijou, avec son chaton en cristal de roche grossièrement taillé en cabochon, était incroyablement ancien. Sixième, septième siècles, peut-être ? Il n’avait rien de magique, mais je me rappelais l’avoir porté au doigt. Qu’est-ce que j’en avais fait ? L’avais-je vendu ? Donné ? Perdu ? Me l’avait-on volé ? De toute façon, il n’avait rien de magique. À présent, il valait une fortune bien sur.

— Si vous savez que cette bague m’a appartenue, vous me connaissez.

— Qui ne connait pas la fée Viviane dans le petit monde de la magie ?

— Alors vous êtes venu exprès ?

— Pas vraiment. Je savais que vous aviez une boutique dans cette ville, mais je n’avais pas votre adresse. Et puis je me suis retrouvé poursuivi par les trollesses et j’ai ressenti un besoin inexplicable de prendre cette direction. Et votre prénom était au-dessus de la boutique. Il n’est pas très courant, de nos jours.

Pas très convaincant, mais je n’avais pas vraiment d’argument pour lui taper sur le crâne.

— Où avez-vous trouvé cette bague ?

— Une femme que j’aimais me l’a donnée il y a bien longtemps, afin que je puisse toujours me souvenir d’elle.

— Alors, vous n’avez qu’à la garder, grognai-je. Je n’ai pas de souvenir romantique attaché à ce bijou. Vous au contraire…

— C’est magique ? Intervint Gaëlle avec son enthousiasme habituel. Comment ça marche ?

Elle trébucha sur une bouteille de potion.

— Merde ! Ah, là, là, quel bordel !

Elle s’accroupit et entreprit de ramasser les objets répandus sur le sol.

— Laisse tomber pour l’instant, dis-je. Nous avons le problème du sorcier à régler.

— Lequel ?

— Celui qui a envoûté Sonia et Helga. Personne ne dira qu’on peut s’en prendre aux amis de Viviane et s’en tirer.

Oui, j’ai un sens très primitif de l’amitié, de la solidarité, de la protection et de la vengeance. Et alors ?

Cependant l’homme interpréta mes propos de façon différente.

— Je suis un ami, alors ?

— Je parlais des trollesses.

Il y eut un silence.

— Bon, dis-je. Ça suffit pour aujourd’hui. On ferme.

— Je me ferais un plaisir de venir vous aider. Que diriez-vous de prendre un verre au Cheval Blanc ?

— Vous trouvez que vous ne m’avez pas attirée assez d’ennuis ? Soit vous me dites vraiment ce que vous faites ici, soit vous partez !

Sans réponse de sa part, je sortis et empoignai le rideau de fer. À cet instant, je remarquai quelque chose d’anormal. Un car plein de touristes chinois était garé sur le trottoir d’en face. Ils étaient en train d’en descendre sans un mot, leurs appareils photos autour du cou, le regard fixe. Des touristes chinois, à Saint Ronan, dans une rue vide à sept heures du soir.

— Gaëlle, cours !

Deux femmes d’un certain âge ouvrirent leur sac à main et en tirèrent des orbes de la taille de ballons de golf, dégoulinantes de magie huileuse. Elles les lancèrent presque en même temps et je me jetai au sol, en un réflexe que je ne pensais plus avoir. L’air se disloqua au-dessus de ma tête. Une magie puante, une magie familière. Par les Chênes Sacrés, j’avais déjà perçu cette magie. Qui les avait envoyés ?

Je me relevai d’un bond et remontai la rue en courant en zigzag, poursuivie par une douzaine de ces boules. Tout en courant, j’arrachai l’amulette autour de mon cou et la lançai derrière moi. L’enchantement disperseur envoya les projectiles dans toutes les directions sauf la mienne. Ils explosèrent silencieusement, libérant une magie aussi sombre que les ténèbres du Néant.

J’allai tourner l’angle de la rue quand quelque chose heurta brutalement mon dos. Un autre sort destructeur, plus pervers, cette fois. Il s’infiltra en moi, saisissant chacun de mes os, me coupant le souffle, me projetant à terre. En réponse, d’anciens sorts de protection se réveillèrent et ils se mirent à se battre ensemble dans mon corps comme deux dragons furieux. Je me retrouvai brutalement noyée dans la douleur. Un puits de douleur sans fin. Cette fois, j’allais mourir pour de bon. Et le plus frustrant était que je ne savais même pas pourquoi.

La douleur à nouveau. C’était comme si chacun de mes muscles, chacun de mes organes avait été martelé, piétiné, broyé par une armée de gnomes furieux. Mais au moins, cela voulait dire que… J’étais en vie ! Après plus de mille trois cents années, j’aimais encore l’existence. J’ouvris les yeux. Même cela me fit mal. Je me retrouvai à contempler un plafond blanc, avec une lampe en forme de chandelier et des moulures. Une chambre d’hôtel. Quelque chose bougea à la périphérie de mon champ de vision. Je tournai la tête malgré un terrible élancement dans les cervicales et me retrouvai face à deux yeux couleur d’orage.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Je vous ai sauvée et vous ai mise à l’abri. Comme un chevalier des temps jadis.

Mauvaise comparaison : en bonne fille de paysans j’ai toujours détesté ces gars là.

— Comment avez-vous fait ?

— J’avais un peu de poudre de Perlin dans ma poche. Alors, j’ai jeté un sort de confusion. Ces braves touristes ne savaient plus ni quoi lancer, ni ce qu’ils faisaient là au juste. À la fin, ils ont décidé d’aller visiter une crêperie. Après, j’ai enlevé le sort destructeur qui vous dévorait.

Ce type n’était clairement pas un amateur. Mais où l’avais-je vu ?

Je serrai les dents et m’assis. Cela me prit quelques secondes, mais je parvins à ne pousser qu’un seul gémissement.

— Où sommes-nous ?

— Dans ma chambre d’hôtel. Nous sommes arrivés il y a une demi-heure, invisibles.

— Et Gaëlle ?

— Je l’ai envoyée manger un sandwich au bar.

Je m’assis dans la position la moins douloureuse que je pus trouver et tentai de rassembler mes pensées. La soirée avait été pour le moins chaotique : d’abord Madame Leperrec qui me parle d’une sorcière en quête de vengeance, ensuite ce gars et les trolls, puis les touristes…

— On murmure qu’il y a une sorcière en quête de vengeance, en ville. Ça n’a rien à voir avec vous, par hasard ?

Il attira une chaise, s’assit en face de moi et plongea ses yeux dans les miens :

— Vous ne vous rappelez vraiment de rien ?

Cette intonation, ce regard de chien battu… C’était tellement familier. Je l’avais sur le bout de la langue…

— Viviane… Te rappelles-tu du Graal ?

— Le Graal ?

— Oui, tu te rappelles comment il était ?

Je fouillai ma mémoire. Oui, je me rappelais. Une coupe en os, cerclée d’or, sur un pied incrusté de turquoises.

— Vaguement.

— Te souviens-tu où il est ?

— Le Graal ?

Mas qu’est-ce que c’était que cette question ?

— Je devrais le savoir, moi ?

— Tu es la dernière à l’avoir vu.

— Quoi ??

La tête commençait à me tourner. Soudain, des bribes de souvenirs, des images vives, comme si elles dataient d’hier, commençaient à me remonter en mémoire. Des images de mon enfance. De mon adolescence. Et lui… Bien sûr…

— Merlin ?!

— Tu te souviens de moi ?

Comment avais-je pu oublier ce jeune magicien flamboyant, charismatique, pétant d’ambition dont j’étais follement amoureuse ? Je laissai lourdement tomber ma tête entre mes mains.

— De quoi te souviens-tu ? dit-il prudemment.

— Je sais pas, de plein de trucs, de mon enfance, de mon adolescence, de nous…

— Tu ne te souviens pas du Graal ?

L’image de la clairière, dans la forêt émergea de mes souvenirs. Le chêne n’était pas encore là. Merlin était devant moi et je tenais la coupe dans ma main. Il fallait que je la protège… que je la cache.

— Je pense que je l’ai enterré près de ce chêne qui est tombé il y a quelques semaines.

Sa réaction me surprit totalement : il bondit vers la porte et l’ouvrit violemment.

Derrière, je vis une très belle femme, habillée en femme de ménage. Son visage provoqua en moi une réaction presque viscérale. Je bondis sur mes pieds, prête à me ruer sur elle, même si je ne connaissais pas son nom, mais parvins à me retenir.

Elle éclata de rire et roucoula d’une voix de gorge :

— Les techniques les plus simples sont toujours les meilleures ! Pourquoi s’encombrer de sortilèges quand on peut écouter aux portes, mon chéri ?

L’instant suivant, elle se transformait en tourbillon et s’envolait par la fenêtre, suivie par son rire sardonique.

— Il ne faut pas qu’elle s’en empare !

Avant d’avoir fini sa phrase, Merlin avait déjà pris la même forme et filait par la fenêtre, lui aussi.

Je retombai lourdement sur le lit, la tête bourdonnante. Il m’avait abandonnée. Une fois de plus. Juste alors que je commençais à me souvenir de lui. Le salaud. Je l’avais tellement aimé… Pendant quelques minutes, je tentai de canaliser le flot de souvenirs qui dévalait dans ma tête comme un torrent furieux.

— Viviane ! T’es réveillée ! Je voulais appeler le SAMU, mais ce type disait que tu avais un coma magique…

Gaëlle me sauta littéralement dessus et m’étreignit. Je grimaçai de douleur.

— Ça n’a pas l’air d’aller fort ! Tu veux quelque chose ? Un Doliprane ?

— Heu, de l’eau. Un verre d’eau.

La gamine se précipita dans la salle de bain et en revint avec un verre en plastique rempli à ras bord. Je levai ma main pour le prendre et mes yeux tombèrent dessus.

Le sortilège d’amnésie.

Il avait la forme d’un anneau en cristal, invisible et imperceptible à mon annulaire droit. Les sorts lancés sur moi l’avaient endommagé et rendu visible. Ils avaient aussi mis une large entaille dessus. Elle laissait échapper de faibles rayons de lumière dorée. Je tentai de l’ôter. En vain. Celui qui l’avait fait n’était pas manchot. Qui était-ce ? Je me concentrai. Cette texture… Le sortilège sentait ma propre magie. Je m’étais collée moi-même un sort d’amnésie géant.

Mais au moins, je me rappelais du Graal. Et de la fille déguisée en femme de ménage. Morgane. Je savais bien que je finirai par la revoir, cette poufiasse. Je me mis péniblement debout. Quelque part dans ma boutique, il y avait un sort revigorant.

— Hé, Viviane, où tu vas ?

Je me tournai vers Gaëlle en hésitant. Malgré son inculture crasse et son aversion pour la lecture, elle avait le potentiel. C’était mon élève. Celle qui devait me succéder un jour. Celle qu’en plus de mille ans, j’avais eu un mal de chien à trouver. Celle qui risquait peut-être d’avoir des ennuis à son tour… Alors, je lui devais la vérité.

— Est-ce que tu te rappelles du Graal ?

— Bien sûr, la coupe qui a recueilli le sang du Christ et…

— Laisse tomber ces balivernes. Il y a très longtemps, à la fin de ce qu’on appelle maintenant le Néolithique, vivait quelque part au Moyen-Orient, entre Uruk et Nippur, un sorcier du nom de Graal. C’est lui qui a découvert les principes sur lesquels la magie fonctionne. Il a crée les sorts parmi les plus anciens qui existent, jeté les bases de l’astrologie et même inventé celles de l’écriture. Quand il est mort, les prêtres ou les sorciers de l’époque, on ne faisait pas trop la différence, ont pris son crâne et l’ont transformé en coupe. Celui qui buvait à cette coupe une fois, obtenait l’immortalité. Celui qui buvait deux fois obtenait la connaissance de toute chose magique. Celui qui buvait trois fois obtenait un pouvoir équivalent à celui du vieux Graal lui-même.

— Heu…

Gaëlle me regarda perplexe. Dur de voir ses convictions de bretonne, fan de légendes celtes et d’Indiana Jones, balayées en quelques phrases. Mais je n’avais pas le temps.

— Tu penses bien que tout le monde la voulait, cette coupe. Alors, elle est demeurée cachée sous la protection d’un gardien immortel, assez sage pour ne pas faire de bêtises avec. Assez modeste pour ne pas convoiter le pouvoir du vieux Graal. Seulement, il a fini par en avoir marre. Au cours de ses pérégrinations, il rencontra Siddharta Gautama, se convertit à ses théories et voulut rejoindre le Nirvana. Il décida donc de se chercher un successeur. Seulement, ça ne se trouve pas comme ça, un Gardien du Graal. Il chercha pendant des siècles et des siècles. C’est ainsi qu’il atterrit dans les Cornouailles du temps de ma jeunesse. Là, il rencontra trois candidats : Morgane, Merlin et ma pomme. À l’époque, nous étions apprentis-druides et bons amis. Morgane était la fille de Gorlois de Tintagel, un grand seigneur. Merlin prétendait être le fils d’un incube, mais tout le monde savait que son vrai père, c’était Uther Pendragon ! Quant à moi, j’étais une orpheline, une simple fille de paysans débarquée de son village. Finalement, le vieux mage vint me voir un jour en secret : il avait fait son choix : la nouvelle gardienne du Graal, ce sera moi. Ce n’était pas le bon moment, bien sur : les chrétiens commençaient à arriver en masse et le voulaient pour la gloire de leur nouveau dieu.

C’est ainsi qu’il me fit boire deux gorgées à la coupe et m’enseigna la magie des Gardiens du Graal avant de partir. Mais j’étais jeune, idiote et follement amoureuse… de Merlin. Je ne pouvais me faire à l’idée de vivre éternellement sans lui. Je lui fis boire au Graal, lui aussi et il devint le plus grand sorcier que l’Occident eut jamais connu. Il brilla à la cour d’Arthur, voyagea à Rome et à Byzance, tandis que moi, je m’occupai des maladies du bétail, des blés et des hommes, car la haute politique, c’était pas mon truc. Merlin me revenait, mais je voyais bien qu’il était de plus en plus lointain…

Je m’interrompis. Que s’était-il passé, alors ? M’avait-il quittée pour une belle dame de la haute ? Avait-il fait quelque chose de vraiment horrible ? Avais-je fait moi-même quelque chose de si terrible, honteux, déshonorant, que la douleur m’avait poussée à me soumettre moi-même à un sort d’amnésie ? Je n’étais certaine que d’une chose : Morgane était mêlée à l’affaire. La vieille sorcière en quête de vengeance ne pouvait être qu’elle. On n’avait jamais pu se sentir, toutes les deux. Et bien sur, elle voulait le Graal. Qui n’en voulait pas ? Je n’étais sûre que d’une chose : le Graal n’était pas enterré dans cette clairière.
— Et après ? fit Gaëlle, un peu abasourdie.
Je haussai les épaules.
— Et après, je ne me souviens pas. Mais je sais que je dois combattre Morgane ce soir, dans la forêt de Brocéliande… Merlin est déjà là-bas, sans doute…
— Hein ? Merlin ? Et… La Fée Morgane ?
— C’est ça. Une bataille de sorciers, genre Harry Potter. Ça fait plus de douze siècles qu’aucun d’entre nous ne s’est battu par magie.
— Pourquoi ?
— Parce que dans la vie réelle, ça ferait autant de dégâts qu’une bombe nucléaire.
Non, la vraie sorcellerie, ça n’a rien d’écolo. Pourquoi ?

J’examinai ma réserve personnelle, dissimulée derrière mon arrière-boutique. Chaque mur était tapissé d’étagères du sol au plafond. Chacune d’entre elles était bourrée de sorts, enchantements, charmes, sortilèges, talismans, et amulettes diverses. Certains avaient la forme de somptueux bijoux, d’autres celle d’un galet, un morceau d’écorce ou un dé à coudre. J’attrapai mon sac à dos pour y jeter une douzaine de billes, une vieille branche de chêne, une boule de quartz noir et une casquette de base-ball. Ensuite, j’ouvris le cache sous le plancher pour fouiller parmi des armes plus ordinaires : non, un arc gallois, c’était un peu encombrant. Alors une hache viking ? Une francisque ? Un Scramasaxe ? Tout en parcourant mon arsenal je revins à mon problème. Voyons, prenons du recul et regardons la question de façon différente, me dis-je : pourquoi une brillante jeune sorcière, gardienne du Graal, dotée d’un petit ami aux goûts et fréquentations douteux se serait-elle collée un puissant sort d’amnésie ?

Le sol, dans un rayon de trente mètres autour du chêne écroulé semblait avoir été pilonné par des obus, cependant ni Merlin, ni Morgane n’étaient là. Cependant, je n’eus aucun mal à les trouver un peu plus loin. L’endroit puait la magie à des kilomètres à la ronde. Au milieu d’une clairière envahie de buissons, se dressaient les ruines d’une chapelle couverte de lierre. Personne n’avait pris la peine de s’y rendre depuis une bonne centaine d’année. Personne ne se souvenait qu’auparavant, on y trouvait un temple dédié aux Brigittes et encore avant, enterré sous quelques tonnes de terre, un dolmen. Bref, suffisamment de forces spirituelles pour permettre à une sorcière de quelque talent de concocter une série de sorts puissants.
Je décidai d’y aller franco. Avec mon attirail, je n’avais aucune chance de ne pas me faire remarquer par Morgane de toute façon. Prudente néammoins, je me matérialisai à une cinquantaine de mètres des ruines, sous le couvert des arbres. La lune éclairait l’endroit d’une lumière fantomatique, juste comme dans les films d’horreur. Gaëlle aurait apprécié. Je jetai un coup d’œil alentours. Au-dessus de la cîme des arbres, était tendu un sort de rebond, comme un filet invisible. Il renverrait vers moi tout sort que je pourrais jeter. Je ne me rappelais pas que cette pimbêche était aussi douée. Il allait falloir jouer vraiment serré. Je fis quelques pas vers la chapelle. Morgane se matérialisa devant le porche effondré.
— Tu vois, je n’ai pas eu le privilège de boire la magie dans le Graal ! dit-elle, comme si elle lisait dans mes pensées. J’ai du la chercher miette par miette de par ce monde ! Et d’autres ! Ça m’a pris des siècles, mais je suis aussi forte que vous, maintenant ! Et il m’en a fallu du temps pour passer à travers tous les sorts d’illusion que tu avais placés autour de toi pour être introuvable ! Ah, vous êtes pitoyables, tous les deux ! Regarde ton grand amour !
À sa gauche, apparut Merlin, dans une cage qui ressemblait à un filet de pêche tissé en minuscules filaments d’énergie. Des étincelles le parcouraient. Mon mage n’en menait pas large : la cage lui permettait tout juste de se tenir accroupi en prenant bien soin de ne pas en toucher les parois, sous peine de se prendre l’équivalent magique d’une décharge électrique à haute tension.
Cependant, ce furent les paroles de Morgane qui me frappèrent. J’avais mis des charmes d’illusion, moi ? J’avais sans doute bien des choses à me rappeler. Mais la magicienne ne me laissa pas le temps de cogiter :
— Si tu ne me dis pas où est le Graal, j’exécute ton amant.
— Un marché vieux comme le monde. Et bien exécute-le, dis-je d’un ton indifférent.
— Tu bluffes très mal !
— Quel bluff ? Notre histoire, c’était il y a longtemps. De toute façon, que tu le tues ou non, ça ne changera pas le problème.
— Quel problème ?
— J’ai oublié où est le Graal.
La vérité est une arme redoutable.
Elle éclata de rire :
— Tu as toujours eu un humour pourri !
Je haussai les épaules.
— Ben je suis contente que tu l’apprécie, parce que c’est la stricte vérité. Je me suis collée à moi-même un sort d’amnésie pour ne pas être tentée de remettre la main dessus. Alors tu peux tuer qui tu veux, tu ne le trouveras pas.
Et là-dessus, je lui tournai le dos et fis quelques pas pour m’éloigner de la clairière, les mains dans les poches. Elle ne s’attendait pas à celle-là. Telle que je la connaissais, elle était totalement déstabilisée. Je pouvais presque entendre ses pensées défiler sous son crâne. « Et si c’était vrai ? J’aurais fait la même chose, à sa place, non ? »
— Je t’interdis de partir ! hurla-t-elle.
Je me retournai, mon Colt 45 au poing et fis feu. Elle bascula en arrière, une expression d’intense stupéfaction sur la figure.
Le problème avec les sorciers, c’est qu’avec leur magie, ils en oublient tout le reste. Morgane avait raison : les techniques les plus simples sont les meilleures.

Deux heures plus tard, j’étais encore en train de défaire le filet qui emprisonnait Merlin. Les fils qui le tissaient étaient serrés par les nœuds mystiques les plus coriaces que j’eus jamais vus. L’un d’entre eux finit par traverser mon gant de protection. Il m’aurait sectionné le doigt s’il ne s’était pas heurté à l’anneau qui contenait mon sort d’amnésie. Les deux objets chargés de magie me brûlèrent la main. Je la secouai en hurlant de douleur. Quand à l’anneau, il éclata en des dizaines de petits fragments cristallins. Le choc me fit tomber à la renverse. Un deuxième me sonna suffisamment pour me garder à terre. Les souvenirs explosèrent dans ma tête en un kaléidoscope furieux. Les images. Les sensations. Les émotions. Les pensées.
Au bout de quelques minutes, je me redressai péniblement avec la sensation d’avoir reçue un coup de masse sur le crâne.
— Viviane ? Ça va ?
— Mmoui…
— J’ai bien cru que ce sortilège t’avait assommée.
— Moi aussi.
Le salaud.
J’avais envie de pleurer et de hurler à la mort. La peine que je ressentais était aussi brulante que celle j’avais éprovée cette nuit, il y a treize siècles. Merlin. Mon amour. Traitre.
Je lui avais donné l’immortalité et la connaissance. Et puis, il y avait eu Morgane. Belle, royale… Il lui avait suffi de tendre la main pour qu’il tombe dedans. Elle voulait être reine. Renverser ce fade Arthur et s’assoir sur le trône, à Camelot. Elle promit à Merlin de l’épouser. Il règnerait à ses cotés. Quelle revanche pour le fils bâtard d’un roitelet et d’une paysanne ! Il aurait pu être le plus grand sorcier de la terre et il s’était fait embobiner comme un idiot. Dire qu’il me reprochait mon manque d’ambition ! Morgane avait juste besoin d’une chose : le Graal. Son immortalité. Son pouvoir.
Merlin bougea dans sa cage. J croisai son regard. Il comprit.
— Tu as retrouvé la mémoire ? Alors écoute…
Je ne l’entendais plus, plongée dans mes souvenirs.
Trouver où je cachais la coupe, fut un jeu d’enfant pour lui. Un soir, il la prit et l’apporta à Morgane dans la forêt de Brocéliande. Heureusement, une servante vint m’alerter. J’arrivai alors que cette salope en avait bu une gorgée. Je la lui arrachai des mains. Se voyant menacée d’être changée en statue, elle se transforma en corneille et s’enfuit à tire-d’aile. J’étais tellement bouleversée que je ne pensai même pas à la poursuivre. Quand à Merlin, il se lança dans les explications alambiquées que les hommes donnent généralement dans ces situations. J’aurais dû le tuer, mais malgré tout, j’en étais incapable. Je l’enfermai dans l’un des glands qui jonchaient le sol jusqu’à ce que je puisse penser plus sereinement. Mais la peine ne s’arrêta pas. La douleur de sa trahison m’était intolérable. Quant à Morgane, elle persuada Arthur d’envoyer ses chevaliers, prêtres et sorciers en quête de ma précieuse coupe. Ils brûlèrent mon village et me poursuivirent comme des chiens. C’est alors que je trouvai la solution à mes problèmes : un sort d’amnésie. Je ne me rappellerai plus de ma douleur. Quant au Graal, il avait apporté plus qu’assez de problèmes. Je le cachai une dernière fois et tissai le plus grand sortilège que j’eus jamais fait. Pour oublier. Depuis, j’ai vécu en paix.
— … Viviane ? Viviane, tu m’entends ?
— Moui, je t’entends.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je réfléchis.
Et maintenant, quoi ? Arthur, ses chevaliers, prêtres et sorciers n’étaient plus qu’un tas de poussière. Le Graal était toujours dans sa cachette, mais qui avait besoin de magie, de nos jours ? Il ne restait plus que Merlin et moi.
— À propos du Graal… dit-il.
Il parlait trop, comme d’habitude. Je m’étais trompée. Il restait Merlin, moi et ma douleur, aussi vive qu’il y a mille trois cent ans. J’avais encore besoin de temps. Mon regard s’arrêta sur une pousse de saule. Cette fois, je ferais un sort d’amnésie à durée limitée et à disparition progressive. Je me tournai vers lui :
— Désolée, mon chéri, tu vas retourner dans un arbre.
Je levai la main pour couper court à ses protestations :
— Cette fois, ce sera un saule. Ça vit une cinquantaine d’années. Pas mille trois cent. Comme ça, j’aurais le temps de décider ce que je vais faire de toi à tête reposée.

FIN

L’Auteur : Alex Evans est née en 1965. Elle passe son temps à jongler avec un métier prenant, une famille remuante et l’écriture. Les années passées dans des pays aussi divers que la Russie, le Togo, l’Italie ou la Grande-Bretagne, lui ont donné des sources d’inspiration un peu inhabituelles. Après la découverte de la Science-Fiction et de la Fantasy à l’adolescence, les mondes imaginaires ne l’ont plus quittée. Elle a publié plusieurs romans et nouvelles.

Blog: http://merveilles1.over-blog.com/

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8 thoughts on “Sacré Graal, par Alex Evans

  1. ça faisait un moment que cette nouvelle me faisait de l’œil, mais sa longueur me faisait repousser sa lecture à plus tard à chaque fois… Maintenant, c’est chose faite, et je n’ai pas été déçue !
    J’ai bien aimé cette réappropriation de la légende arthurienne, plongée dans notre petit quotidien banal. Le personnage de Viviane est sympathique, on se met totalement à sa place, dans son goût pour sa vie tranquille, sa fidélité à ses amis, ses sentiments mitigés vis-à-vis de Merlin. Mais sous ses dehors de gentille fille sans histoire, elle a du caractère, et j’ai beaucoup apprécié le fait qu’elle n’hésite pas à agir avec énergie pour résoudre la situation qui se présente. Mention spéciale aussi pour Gaëlle, qui semble tout le temps tomber des nues mais sans pour autant s’étonner de ce qui est vraiment bizarre… ^^
    Ah, et ma phrase coup de cœur : « Non, la vraie sorcellerie, ça n’a rien d’écolo. » XD
    Merci pour ce moment agréable passé avec tes personnages !

  2. J’adore ! Relecture du mythe arthurien, avec un traitement original, ce fichu Merlin emprisonné dans un arbre, quelle idée énorme. J’aurais presque envie de lancer une pétition pour que tu nous écrives un roman ou une novella sur cette idée !

  3. Merci, je suis contente que ça vous ait plu!
    @Anaïs: d’après la légende, Merlin a vraiment fini enfermé dans un arbre (ou un palais caché dans un arbre, ou dans une pierre) par sa copine Viviane (Nimue, chez les Anglo-saxons)!

  4. d’après la légende il est toujour enfermé dedans d’ailleur et attend d’être libéré quelque par dans la forêt de broceliande. 9a laisse réveur ^^
    très bon texte sinon j’ai beaucoup aimé

  5. C’est une belle réappropriation du mythe. J’ai beaucoup aimé le personnage de Viviane, ainsi que celui de Gaëlle. La nouvelle était bien rythmée et m’a tenue en haleine.
    Il y a quelques petites fautes de frappe, c’est dommage. Mais ça se corrigerait facilement :).

  6. Et dire que j’étais passé à côté de cette pépite !
    Merci Alex pour cette reprise très réussie de la recherche du Graal !

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