Quelques perles de trop, par Xavier Portebois

Kindle

[24 Heures de la Nouvelle 2015 : L’histoire devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

Halong Bay – Andrea Schaffer (CC BY 2.0)

Zhong jeta un regard derrière lui. Beaucoup d’autres pêcheurs s’affairaient encore entre les trois îles. Il arrivait donc dans les premiers ce soir, ce qui signifiait que le prix de vente devait encore être raisonnable.

Il tourna la manivelle pour couper son moteur antigrav. Le ronronnement de l’engin s’affaiblit, et le bois de la vieille pirogue retomba en douceur à la surface des flots. Un matelot le héla depuis le pont de la jonque qui le surplombait, s’assurant qu’il était prêt à monter. Une échelle de corde se déroula le long de la coque, ses derniers échelons assez bas pour qu’il puisse s’y amarrer. Zhong empoigna son panier d’osier, passa la sangle de cuir usé sur son épaule, et gravit un à un les degrés trempés d’eau de mer, les pieds nus appuyés sur la nef.

Sur le pont supérieur, un automate l’attendait. Zhong eut tout juste le temps de libérer l’échelle et de s’écarter que celui-ci descendait déjà dans un cliquetis métallique. Le pêcheur n’y prêta pas plus attention ; les contrôles de la sorte, pour s’assurer que les plongeurs ne cachaient rien dans leurs barques, étaient devenus la routine depuis longtemps.

Une dizaine d’autres pêcheurs s’alignaient sur le pont, entre les matelots et les automates. Chacun attendait son tour pour passer devant la petite table de bois usé côté poupe, où un vieil officier aux moustaches grises se chargeait de la pesée.

Zhong rejoignit la queue et grimaça quand il aperçut le mage impérial au côté de la balance. Sa longue silhouette élancée, son visage coupé à la serpe, il ne pouvait y avoir aucun doute sur la personne. Wu Jin, seigneur des mers intérieures, protégé de l’Empereur, était de retour. Zhong se souvint des saisons où il avait la charge de la récolte. On y envoyait au bagne plus de suspects et de supposés voleurs que durant tout le reste de l’année.

La file progressa, pêcheur après pêcheur, jusqu’à ce que vienne son tour. Zhong n’osa croiser le regard du mage et se contenta d’ouvrir son panier, tête basse et dos voûté, sans prononcer un mot. Il le retourna et déversa sa pêche sur le plateau de bronze de la balance. Les perles roulèrent les unes sur les autres, encore luisantes d’eau de mer.

L’officier manipula les contrepoids jusqu’à ce que l’équilibre revint entre les deux plateaux.

— Deux jīn trois-quart…

Il rajusta ses lunettes, plissa les sourcils et déchiffra ses abaques avant de terminer sa phrase.

— … soit cent trente deux yuans.

Zhong s’inclina bien bas face au peseur, un juron malheureux étranglé entre ses dents. Il s’attendait à cent cinquante, au moins. Les prix que leur imposait la noblesse devenaient chaque jour plus abusifs.

Le soldat ouvrit sa cassette et commença à compter les pièces de bronze et de cuivre. Zhong tendit les mains en coupe devant lui pour recevoir son maigre salaire, quand une poigne ferme se referma sur son bras. Il demeura immobile, le souffle coupé, les yeux fixes devant lui. Il devinait sur la main qui venait de le saisir la manche pourpre et or du mage impérial. Pouvait-il avoir entendu son juron ? Allait-il l’accuser de trahison à l’Empire et le jeter au bagne ?

Zhong osa esquisser un regard vers le seigneur. Wu Jin le toisait d’un œil inquisiteur. Il le détaillait, parcourait ses membres, cherchait la moindre bosse suspecte, la moindre couture inhabituelle, toute cachette possible dans le creux de ses vêtements, le repli de ses manches, ou la doublure de sa ceinture de lin.

Le mage finit par le lâcher avec dégoût, et s’empara d’une perle au sommet du plateau. Elle brilla à la lumière du soleil couchant quand il la fit rouler entre le pouce et l’index pour l’inspecter. Zhong s’écarta d’un pas timide. Que pouvait penser le protégé de l’Empereur, derrière ses traits impassibles et son regard de glace, les iris bleuis par des décennies de magie ?

Dans un toussotement, il tira d’un repli de sa robe un petit racloir en argent, qu’il fit aller et venir sur la surface de la perle. Une fine poussière nacrée s’accumula dans le creux de sa paume, poussière qu’il lécha ensuite sans plus de cérémonie. Wu Jin ferma les yeux, inspira profondément, puis les rouvrit, fixant un point au-delà de l’horizon. Une lueur électrique roulait derrière ses pupilles.

Il ferma le poing puis le rouvrit en un geste harmonieux, doigts pointés vers le bastingage. Une flamme céruléenne ondula autour de son bras, tourbillonna dans l’air devant sa main, et gronda sur plusieurs mètres, loin de la jonque. Le feu magique s’éteignit aussitôt dans une odeur d’ozone, ne laissant déjà plus qu’un brûlant souvenir sur la joue moite de Zhong.

— Bien, très bien, commenta-t-il. Des perles de bonne qualité.

Zhong laissa échapper un soupir soulagé. Si la perle n’avait pas agi aussi bien, si ses effets n’avaient pas été aussi prompts à se faire sentir, Wu Jin aurait été capable de l’envoyer au bagne pour contrefaçon. Il l’avait déjà vu faire.

— Allez, ramasse ta paie et va-t-en, lui cracha l’officier. D’autres attendent leur tour.

Zhong se prosterna par trois fois puis tendit à nouveau les mains vers l’officier derrière sa table. Tant d’effort et de peur pour cent trente deux yuans.

#

Le soleil était couché mais le port demeurait toujours vivant. Après avoir amarré sa pirogue aux quais extérieurs, Zhong remonta les rues enfumées des restaurants, dépassa les néons au sodium des garages et des ateliers clandestins, puis les lanternes rouges des bordels et des tripots, et continua toujours plus loin dans la banlieue, jusqu’à une ruelle sans lumière. Même la lune peinait à éclairer la venelle, resserrée entre les hauts murs de briques blanches des jardins silencieux qui l’étreignaient.

Il s’arrêta face à la troisième porte. Aucune inscription, ni plaque ni enseigne, pas même un nom griffonné à la craie sur la briques. Il s’appuya contre et la poussa d’un robuste coup d’épaule. Le vieux bois gonflé résista dans un grincement puis céda, et le battant s’écarta sur son passage. Un chat sauvage qui chassait dans le jardin bondit à la vue du pêcheur. Il se percha sur le muret voisin, roulé sur lui-même, et observa le nouveau venu d’un œil méfiant.

La cour était déserte. Les nénuphars et les lentilles d’eau avaient envahi en une ombre verdâtre le bassin d’eau croupie. Les buissons avaient rongé les bordures de gravier que n’avaient pas encore gagné les mauvaises herbes, et les arbres avaient dépéri, faute de soin. Il n’en restait que des troncs chétifs, malingres et tordus.

Zhong gagna le centre du jardin abandonné, la pierraille crissant sous ses pieds nus. Il attendit une longue minute, muet, les yeux plongés dans l’obscurité de la terrasse couverte qui occupait tout le fond de la cour. Étaient-ils déjà là, à l’épier depuis les ombres ? Étaient-ils encore dans la maison abandonnée, et devrait-il élever la voix pour qu’ils viennent au rendez-vous ?

Il respira lentement et récita le mot de passe.

— L’hirondelle s’est envolée, pleine de promesses, chuchota-t-il au néant.

Pas un bruit. Pas un mouvement. Il se tordit nerveusement les poignets puis ouvrit la bouche pour recommencer, un peu plus fort cette fois.

— Pas la peine de te répéter, l’interrompit une voix. On t’a entendu.

Ses mots s’achevèrent en un soupir affolé. Deux silhouettes sortirent lentement de l’ombre. Deux hommes, vêtus de kimonos gris, fumant chacun une longue pipe fine. Leurs yeux brillaient d’un léger éclat bleuté, caractéristiques des nacromanes. Zhong fronça les narines quand la brise lui amena l’odeur âcre de la fumée de perle. Comme à chacune de leurs rencontres, les frères Gao s’étaient drogués.

— Tu n’as pas été suivi, j’espère ? demanda Gao Min, le jumeau de gauche.

— Tu as ce qui nous intéresse ? demanda Gao Bo, à droite.

Zhong ouvrit la bouche mais, décontenancé, aucun mot n’en sortit. Il ne pouvait pas répondre aux deux questions en même temps. Il se contenta aussi de s’incliner et de sortir du pli de son kimono un petit sac de toile usée. Son contenu cliqueta quand il le leur tendit.

Gao Bo s’approcha et empoigna le sac avec avidité. Le cordon défait, il écarta l’encolure et en sortit une petite perle. Il la renifla, la goûta de la pointe de la langue, puis la jeta à son frère pour qu’il en fasse de même.

— Combien ?

— Un quart de jīn. Quinze perles, précisa Zhong.

Gao Min hocha la tête d’un air entendu puis jeta aux pieds du pêcheur une petite bourse.

— Voilà quatre-vingt yuans pour toi.

Zhong se baissa pour prendre l’argent et se confondit en remerciements. Il était peut-être illégal de fournir des perles pour le peuple, mais les triades récompensaient avec bien plus de générosité que l’Empereur.

— Comme ça, tu pourras soigner ta petite Meï.

Zhong grimaça au nom de son épouse, tandis que les frères Gao repartaient, tirant sur leurs pipes entre deux rires narquois. Il ne savait pas comment ils avaient pu découvrir pour la maladie de sa femme, mais ce n’était guère étonnant : les triades avaient des oreilles partout, disait-on.

#

Meï faisait face à l’âtre, au centre du logis, quand Zhong revint.

Il rajusta une des couvertures qui était tombée de ses frêles épaules et remit un peu de bois sur les flammes.

— La pêche fut bonne, mon aimé ? demanda-t-elle avec une timide quinte de toux.

Il s’assit en tailleur à ses côtés et répondit d’un sourire heureux. Qu’avait-il besoin de dire de plus ? Pourquoi l’inquiéterait-il avec le retour de Wu Jin, ou avec la comédie des frères Gao ? Qu’importait pour sa femme que les perles offrent magie ou rêves éveillés selon leur dose, qu’importait si elles étaient destinées à la cour et aux mages impériaux ou aux nacromanes, ensommeillés dans les fumeries clandestines, tant qu’il pouvait les vendre et gagner assez d’argent pour la soigner.

— Je t’ai ramené de quoi t’éclaircir le cœur, annonça-t-il en tendant une petite fiole opaque vers la bouilloire au-dessus du feu.

Il déversa la médecine dans l’eau frémissante, remua le mélange, puis en servit une tasse qu’il tendit à son épouse. Elle s’empara du breuvage des deux mains et le but à petite gorgée.

— Je regrette de ne pouvoir plus t’aider, confessa-t-elle. Et ces potions doivent te coûter une fortune.

Zhong avait l’habitude. Meï s’excusait de sa maladie presque chaque soir.

— Tu n’y es pour rien, mon aimée. J’ai juré de veiller sur toi, je ne fais que remplir ma promesse.

— Et peut-être qu’un jour, ce sera à mon tour de veiller sur toi, comme je te l’ai tout autant promis.

Zhong se contenta de déposer un baiser sur son pâle front. Peut-être même, osait-il espérer, qu’un jour ils n’auraient plus à veiller l’un sur l’autre, car tout irait pour le mieux.

#

La perle roula au fond du panier d’osier et rejoignit la maigre poignée qui y séchait déjà.

Zhong cala la nasse au bout de sa pirogue et s’accorda quelques minutes de repos. Entre les trois îles, repaire des récifs où l’on trouvait les perles, la mer turquoise était constellée de dizaines de canots. Des vigies automates surveillaient les pêcheurs, perchées au sommet des jonques impériales qui fermaient chaque passe, dominant le paysage de leurs voiles d’or et de pourpre.

La journée s’annonçait mauvaise. Le soleil déclinait déjà lentement et Zhong n’avait toujours pas su trouver de filon. Avec si peu de récolte, Meï et lui-même allaient devoir encore souper de bouillon, et il n’aurait probablement pas de quoi acheter ses prochains médicaments.

À l’idée de sa femme mourante, Zhong reprit courage. Il inspira profondément et se laissa tomber vers l’arrière, par-dessus bord. Sa pirouette se termina sous l’eau, où il attendit d’être stable pour rouvrir les yeux. Des bancs d’algues flottaient en long filaments de jade sous ses pieds, avec par endroits les amas grisâtres et globulaires qu’il avait appris à reconnaître année après année, propres aux bancs d’huîtres à perle.

Ses jambes battirent pour le propulser vers le bas d’une poussée, quand son regard accrocha un éclat argenté dans le sable. Le temps de tourner la tête, la lueur avait déjà disparu. Zhong dévia sa trajectoire d’un coup de bassin, intrigué. C’était trop lumineux pour être un simple coquillage ou un poisson. Un couteau de pêcheur perdu peut-être, auquel cas il pourrait toujours le revendre.

Ses doigts fouillèrent le sable entre les hautes algues jusqu’à ce que l’éclat resurgisse. Ses lèvres s’entrouvrirent de surprise, le temps de lâcher une unique bulle d’air.

Trois énormes perles gisaient là, roulées l’une contre l’autre, d’un nacre pur et iridescent.

Des bras, il chassa les laminaires alentour. Elles devaient bien provenir de quelque part, pourtant aucun amas d’huîtres n’était visible à proximité. Le sable s’éleva sous ses mouvements en fins tourbillons, s’éloigna en remous limoneux, puis retomba un peu plus loin. Les contours oblongues et striés de paniers à moitié ensevelis apparurent. L’osier en était tant couvert de sédiments qu’il formait désormais une carapace unie, mais la forme régulière ne laissait aucun doute.

Zhong s’empara à deux mains du couvercle de la nasse la plus proche et tira dessus. Il céda, quelques bulles s’échappèrent vers la surface, et une dizaine de perles roulèrent hors de la nasse.

Derrière elles, des centaines d’autres s’entassaient, aussi brillantes qu’un trésor.

L’air lui manqua. Zhong regagna la surface en quelques brasses énergiques. Sa pirogue flottait à quelques mètres de lui mais il n’osa pas y retourner. Il devait rester à l’aplomb des perles pour être sûr de les retrouver parmi les bancs d’algues.

Il jeta un regard autour de lui, s’assurant qu’aucun autre pêcheur ne plongeait par ici. Rassuré d’être seul dans les parages, il baissa les yeux vers le fond où brillait encore l’éclat argenté de sa découverte. Il se mordit la lèvre d’un air pensif. Était-ce le butin d’un ancien pêcheur malchanceux ? Ou, vu le nombre d’osiers, une partie de la cargaison d’une jonque qui aurait gîté un coup de trop ? Qu’importait puisque, désormais, toutes ces perles étaient siennes.

Zhong reprit une grande goulée d’air et plongea à nouveau jusqu’à son trésor. Il s’empara du premier panier puis le relâcha, et enfourna plutôt quelques poignées de perles dans la petite nasse qui flottait à sa ceinture. S’il se montrait gourmand, les officiers remarqueraient quelque chose et l’interrogeraient. Ou ce seraient les autres pêcheurs, envieux de son butin. Il ne se pardonnerait pas une telle erreur si elle devait coûter le bonheur et la santé de Meï.

Lorsque le soir vint et qu’il était temps pour lui de rejoindre la jonque et d’obtenir sa paie, Zhong jeta un dernier regard vers le fond de l’océan. Les algues qu’il avait nouées entre elles couvraient à merveille son butin. À force d’inlassables répétitions, il avait mémorisé les positions des trois îles, des jonques, et même des premières étoiles du soir pour pouvoir revenir à l’emplacement exact.

Quand il gagna le pied de la jonque, il dût se mordre la joue pour cacher le sourire éclatant qui ne le quittait plus depuis sa découverte.

#

Les frères Gao eurent un rictus mauvais quand ils soupesèrent le sac que Zhong leur avait apporté.

— C’est tout ? cracha Gao Bo dans une bouffée de fumée âcre.

Zhong sursauta. Il ne comprenait pas. Un demi jīn, c’était bien plus que ce qu’il leur avait toujours vendu.

— On a eu vent de ton petit exploit d’aujourd’hui, expliqua Gao Min. Cinq jīn, c’est une sacré quantité que tu as remontée là. Sûr que les dieux t’ont à la bonne, ou que t’as trouvé le rocher du siècle.

Le jumeau tira une nouvelle fois sur sa pipe. Ses yeux brasillaient derrière la fumée de perle, l’iris électrique à force d’inhaler la nacre.

— Et on pensait que tu nous en aurais fait profiter, tout autant que les officiels.

Zhong se jeta à terre, la tête enfouie entre les épaules, une grimace de honte sur le visage. Il s’était montré irraisonnable, sa pêche avait attiré l’attention. Et les triades avaient bel et bien des oreilles partout.

— Pardonnez-moi, mais je ne peux pas sortir des îles autant de perles en une fois. Les impériaux fouillent les pirogues, parfois même nos propres personnes. Plus d’un demi jīn, c’est s’assurer le bagne.

Gao Bo jeta les perles au sol et lui bondit dessus. Ses mains l’agrippèrent par son kimono et le soulevèrent du sol.

— Mais si tu n’en ramènes pas plus, c’est notre colère que tu vas t’assurer !

Il le poussa vers le bassin. Zhong trébucha et y glissa. Les nénuphars ployèrent sous lui, des gerbes sales de lentilles d’eau s’agglutinèrent à ses vêtements trempés. Il cracha l’eau saumâtre qu’il avait avalée sous les rires cruels des frères Gao.

— Alors demain, tu vas revenir ici, commanda Gao Min. Et pour te faire pardonner, tu nous ramèneras deux jīn complets. Deux jīn, tu m’entends, et pas une perle de moins.

Zhong toussa l’eau qu’il avait encore dans la gorge et s’appuya contre le rebord. Sa plainte mourut dans le dos des jumeaux, qui repartaient déjà vers la maison abandonnée, l’abandonnant seul au milieu du jardin en friche.

Deux jīn, voilà qui était impossible à faire passer. Wu Jin le démasquerait, il l’enverrait au bagne, et plus personne ne pourrait s’occuper de Meï.

Zhong s’extirpa du bassin et roula sur le gravier. Il demeura prostré sur le dos, les yeux trempés de larmes, à prier le ciel en quête d’une solution.

#

— Tu as l’air inquiet, mon aimé.

La douce voix de son épouse le tira à peine de ses réflexions. Il se contenta de retirer du feu le bol où fumait son remède et de le lui tendre, avant de retirer du bout des ongles quelques lentilles qui demeuraient accrochées à sa manche. Il n’avait rien voulu lui dire de sa triste mésaventure avec les triades. Rien ne servait de l’inquiéter davantage.

— Pourtant, tu devrais être heureux, ce soir, insista-t-elle. Jamais tu n’as fait si bonne pêche qu’aujourd’hui.

Il murmura une vague approbation. Jamais il n’aurait dû trouver ces perles. Un si grand trésor ne pouvait que lui attirer des problèmes, il aurait dû le savoir. Mais maintenant, il était inutile de se lamenter sur ses erreurs passées, il devait trouver une solution.

Zhong tendit ses pieds encore humides vers le feu pour les faire sécher. Il tourna la tête et contempla sa femme boire lentement sa médecine, gorgée par gorgée. La chaleur du breuvage lui rosissait les joues, et la vapeur rendaient ses cheveux de jais encore plus brillants qu’à l’accoutumée. Il devait trouver une solution, pour elle. Lui, après tout, ne valait désormais guère mieux qu’un mauvais criminel.

Le regard de nouveau plongé vers les flammes, il se mordilla la lèvre et ne la remarqua pas s’approcher de lui. Elle lui offrit une de ses couvertures et l’empêcha de protester.

— Nous devons veiller l’un sur l’autre, expliqua-t-elle. Et là, maintenant, c’est toi qui as besoin de moi.

Zhong laissa sa tête reposer au creux de l’épaule de Meï. Une idée pour sortir deux jīn, il en avait bien une. Elle lui permettrait même d’en sortir beaucoup plus, assez de yuans pour partir d’ici, rejoindre l’intérieur des terres, où l’air serait meilleur pour Meï. Il pourrait même lui offrir de meilleures potions. Ça serait sa dernière pêche, mais elle le méritait.

— Demain, je rentrerai tard dans la nuit, la prévint-il. Il ne faudra pas s’inquiéter, d’accord ?

#

L’horizon mangeait lentement le soleil. Les pêcheurs tournaient leurs esquifs vers les jonques impériales, fatigués de leur labeur, la peau usée par le sel et les rochers des fonds marins.

Zhong serrait la poignée du moteur et rallumait l’antigrav par à-coups. La marée tentait d’emporter sa pirogue, et il s’acharnait à toujours la replacer là où elle était le moins visible. Grâce aux palmiers qui poussaient sur les bancs de sable d’une des îles, il s’assurait de rester invisible aux yeux d’une des trois jonques.

Il se pencha à l’arrière et vérifia que les paniers le suivaient bien. Des heures avaient été nécessaires pour couper assez d’algues en guise de cordes de fortune, et pour attacher toutes les nasses à la queue de sa pirogue.

S’il devait sortir plusieurs jīn, il les sortirait tous d’un coup.

Il coupa l’antigrav et la pirogue s’enfonça de quelques centimètres. Zhong attrapa les deux bords et se balança à droite puis à gauche. Le canot gîta, d’abord un peu, puis plus fort, jusqu’à ce que l’eau l’envahisse. La pirogue s’abîma un peu plus mais toujours pas assez à son goût. Zhong grogna, et se résolut à saisir son couteau des deux mains. Il s’acharna avec la lame sur le fond de la coque. Cette fois, le navire fut bel et bien sabordé et sombra lentement.

Zhong attendit qu’il soit pleinement immergé et tira la manivelle de l’antigrav. La poignée en métal vibra sous sa main quand le moteur démarra, maintenant la pirogue à un niveau stable.

Seule sa tête demeurait hors des flots. Il n’avait plus qu’à plonger pour disparaître de la surface et devenir invisible aux yeux des impériaux.

La nuit tomba enfin. Zhong frissonnait dans l’eau qui se rafraîchissait déjà, et l’idée de pouvoir enfin faire un peu d’exercice lui arracha un maigre sourire. Il noua la longe de la pirogue à son poignet, prit une première bouffée d’air et plongea vers l’avant. Il allait devoir nager ainsi jusqu’à la jonque, puis encore au-delà, jusqu’à être hors de vue des patrouilles.

Zhong progressait avec lenteur, provoquant le moins de remous possible. Il osait à peine sortir la tête de l’eau pour reprendre sa respiration et vérifier sa position. Il ne voyait plus rien autour de lui : le ciel était noir, la mer était noire, les fonds marins étaient noirs. Il progressait donc à l’aveuglette, ne sachant plus s’il allait droit vers une nef ou s’il la contournait.

Il émergea entre deux vaguelettes et s’immobilisa, cherchant son souffle. La forme d’une jonque se découpait devant lui, silhouette noire dévorant les étoiles et les feux jaunes et oranges du port à l’horizon. Il était assez proche pour entendre les grincements du bois, le ronronnement des énormes antigrav et les murmures des matelots.

Zhong chassa le sel de ses paupières et plongea à nouveau. Il avait déjà changé par trois fois la longe de poignet, mais ses deux bras l’élançaient tout autant désormais. Il continua pourtant, les dents serrées, les jambes douloureuses, la nuque raide et les épaules brûlantes à force de remorquer son butin. Il ne pouvait plus faire demi-tour, et tout se jouait maintenant.

Il refit surface à moins de trente mètres de la poupe. La silhouette d’un automate vigilant dominait le bastingage arrière. Zhong ne tarda pas davantage : il avala l’air dont il avait besoin et sombra aussitôt.

Sa tête ressortit avec lenteur. Au loin devant lui, les lueurs du port traçaient une ligne trouble de feux orangés. Une ligne continue, cette fois, sans interruption, sans ombre devant. Zhong se retourna d’une brasse douloureuse. La jonque mouillait désormais derrière lui.

Zhong lâcha un soupir tremblotant tandis qu’il sentait la tension libérer ses muscles un à un. Sa tête partit en arrière, ses pieds remontèrent, et il se permit quelques instants de flotter comme une planche.

Il avait réussi. Il était riche désormais.

#

Le panier lui pesait sur les épaules tandis que Zhong courrait d’une lanterne rouge à la suivante. Il avait laissé les autres dans une cache sûre, là où il amarrait sa pirogue. Celui-ci contenait au moins douze jīn, de quoi calmer la colère des frères Gao, et obtenir aussitôt assez d’argent pour célébrer leur nouvelle fortune.

Comme toujours, le jardin était désert. Une légère brise rabattait les odeurs salées du port et agitait les buissons desséchés. Zhong se campa au centre des allées de gravier et murmura le mot de passe.

— L’hirondelle s’est envolée, pleine de promesses.

Les ombres demeurèrent inertes. Il avait pourtant du retard, beaucoup de retard. Le soleil ne tarderait pas à se lever, et les frères Gao auraient dû l’attendre depuis longtemps.

Il répéta la phrase, plus fort cette fois, mais personne ne lui répondit.

Zhong rajusta ses mains moites sur son panier, le secoua pour faire tinter les perles qu’il contenait, et se répéta encore.

Il ravala difficilement sa salive, la gorge nouée, pris d’un mauvais pressentiment. Il s’approcha du perron pour en percer les ombres noires. Le chat de l’autre fois en déguerpit à sa vue, mais personne ne l’y attendait.

Zhong n’était jamais allé plus loin. Il hésita longtemps puis posa un premier pied sur la terrasse de bois, puis le second, et avança avec lenteur vers l’ouverture béante qui conduisait à l’intérieur de la maison.

Celle-ci sentait la poussière et le moisi. Des toiles d’araignée pendaient aux poutres du plafond et dévoraient les coins les plus sombres. Les panneaux de bois s’alignaient de guingois, leurs rails abîmés, leurs papiers de riz tachés de champignons, ou transpercés d’estafilades et de trous béants.

Zhong s’arrêta, ne sachant par où aller. Ses yeux s’habituaient lentement à l’obscurité, et un regard alentour lui révéla une infime lueur jaune à sa gauche, tamisée derrière le papier du shōji. Il ferma les yeux, tendit l’oreille. Des murmures résonnaient dans la salle à côté. Des rires, et des pleurs.

Ses pieds glissèrent en silence sur le parquet vermoulu. Zhong attrapa le côté de la porte de sa main libre et la fit coulisser dans un grincement atroce.

Meï était là, sa peau blanche étalée en une flaque de clarté sur un futon noir. Les lambeaux de son kimono la recouvraient à peine.

Un rire gras arracha Zhong à l’horreur de ce qu’il voyait. Les frères Gao se tenaient accroupis de part et d’autre du futon. Un sourire sans pudeur fendait le visage de Gao Bo, tandis que Gao Min s’efforçait d’allumer sa longue pipe à la lanterne posée au sol.

— Eh bien, tes maux sont terminés, ma petite Meï, railla Gao Bo en reposant le couteau qu’il faisait aller et venir d’une main à l’autre.

— On te voyait pas revenir, alors on s’est inquiétés pour ta petite famille. On voulait pas la laisser seule, pouffa l’autre.

Zhong lâcha le panier et tomba à genoux. Le couvercle s’ouvrit, les perles roulèrent entre ses doigts, se faufilèrent dans toute la pièce en une cascade de nacre et de lumière. Les truands bondirent sur leurs pieds avec des exclamations ébahies.

— Mais dis donc, tu nous gâtes, Zhong, tu nous gâtes ! Il y en a pour combien, là ? Neuf jīn, dix ?

— Douze, corrigea machinalement Zhong, le regard toujours perdu vers sa femme, prostrée sur elle-même.

L’un des frères siffla alors qu’il attrapait une perle pour l’examiner.

— Il y en a d’autres pour vous, expliqua Zhong, beaucoup d’autres. Rendez-moi ma femme, et je vous les amène.

Ses mots portaient à peine dans la maison abandonnée, sa langue trop sèche pour articuler. Il ne voulait plus qu’être payé et repartir avec Meï, rien d’autre.

— Et ça sera comme ça tous les soirs, désormais ? demanda Gao Bo.

Il termina sa question en léchant sans retenue la perle qu’il avait saisie. Un frisson lui tira la tête en arrière, lui arracha un long râle extatique, jusqu’à le faire s’écrouler sur le dos.

— Non, murmura Zhong. C’est ma dernière livraison.

Ne plus jamais les revoir, se répétait-il dans sa tête. Être payé une dernière fois, et ne plus jamais avoir affaire à eux, de toute sa vie.

Le truand se redressa à cette réponse, la lèvre relevée en un rictus rageur.

— Comment ça, ta dernière livraison ? Tu veux dire que tu arrêtes la contrebande ?

Zhong hocha la tête avec lenteur. Ses yeux ne se détachaient toujours pas de son épouse, qui avait enfin eu la force de s’adosser au mur du fond et le regardait désormais d’un air implorant.

— Non. J’arrête la pêche.

— Ah, mais dans ce cas, je ne sais pas si nous pouvons te payer, tu sais.

Zhong écarquilla les yeux. Il dévisagea enfin les deux jumeaux.

— Eh oui, expliqua Gao Min, lorsqu’on te rémunère, c’est pour t’encourager à retourner pêcher. Mais là, si c’est ta dernière livraison, quel intérêt aurions-nous à t’acheter ce que nous pouvons simplement te prendre ?

Gao Bo plongea sa main dans l’obscurité derrière lui. Quand elle revint à la lumière, ses doigts serraient un vieux revolver dont il arma le chien.

— Tu vas donc nous dire gentiment où se trouve le reste de ta récolte, et en échange, on promet de vous laisser tranquille, tous les deux. Plutôt bien payé, tu ne trouves pas ?

Zhong cligna plusieurs fois des paupières. Ses yeux, embués de larmes, avaient du mal à fixer l’embout du canon. Avait-il pu encore tout gâcher ? Allait-il se retrouver aussi pauvre qu’avant, et désormais sans métier ?

Il se laissa tomber en avant, les yeux fermés comme pour chasser un mauvais rêve, prosterné devant les deux truands. Ceux-ci n’avaient que faire de sa révérence et s’énervaient déjà. Gao Bo lui crachait dessus, Gao Min le harcelait pour qu’il réponde. Il n’avait pas le choix, de toute façon.

Zhong rouvrit les yeux. Le plancher à ses pieds n’était qu’un tapis de perles. Ses mains y plongeaient jusqu’aux poignets. Fumées, les perles déliaient l’esprit. Mangées avec parcimonie, elles octroyaient au goûteur leur magie. Mais en grande quantité, pouvaient-elles résoudre ses problèmes ?

Zhong releva le dos et fit face aux brigands. Ses mains soupesaient une dizaine de perles qu’il avala l’une après l’autre, sans même mâcher. Elles avaient un goût salé, désagréable, mais il continua jusqu’à la dernière.

Les frères Gao hurlaient mais il ne les entendit pas vraiment. Ils hésitaient, ils se chamaillaient, ils ne comprenaient pas ce qu’il tentait d’accomplir.

La détonation le frappa comme un coup de tonnerre. Le cri hystérique de Meï termina de le renverser.

Zhong s’effondra à la renverse, le souffle coupé. Le goût du sang se mélangeait déjà dans sa bouche à celui des perles, alors que son kimono devenait chaud et poisseux sur son ventre.

Sa nuque frappa le plancher derrière lui, puis sa tête tourna sur le côté, inerte. Il ne parvenait plus à bouger les yeux, sans plus d’énergie pour réagir. Le tumulte à ses côtés paraissait si éloigné, si irréel, comme des fantômes dans la brume.

Son corps se raidit soudain. Zhong aspira l’air frais et le goût de fer disparut de sa langue. Il bondit sur ses pieds comme s’il n’avait pas été blessé, comme si la gravité n’avait pas d’importance pour lui. Il n’était même pas sûr d’avoir bougé le moindre muscle pour se redresser, mais il était là, debout, dominant de toute sa hauteur les truands.

Une lueur électrique inondait la pièce, éclipsant la lanterne au sol. Zhong comprit aux regards affolés des frères Gao qu’elle venait de lui. Ses yeux s’abaissèrent pour le voir léviter à un pas du sol, nimbé de flammes azurées. Le plancher au-dessous de lui noircissait et se craquelait en un cercle brûlant.

— Fou ! hurlait Gao Min. Personne ne peut vivre avec tant de magie dans le sang ! Tu t’es condamné !

Gao Bo criait des mots inarticulés. Son bras tremblait, et il dût saisir à deux mains la crosse de son arme. Il tira. Zhong ne réagit pas. Au fond de lui, il savait qu’il n’avait pas besoin de réagir. Sous son regard, les balles s’évaporèrent comme autant de bulles de vapeur.

Les jumeaux voulurent s’enfuir. Ils se précipitèrent vers les murs les plus proches. Leurs mains arrachaient le papier de riz des cloisons, leurs épaules frappaient les poutrelles. Zhong se contenta de tendre les poings dans leur direction. Des flammes éblouissantes embrasèrent le coin où ils se trouvaient. Zhong trembla. Les flammes ne tarissaient plus, elles jaillissaient de son corps en arabesques incontrôlables. Il incendia le plancher sous les frères Gao, les shōji les plus proches, le plafond tout autour. Le bois et le papier se consumèrent, tandis que les corps des bandits s’effondraient dans une odeur d’ozone et de chair brûlée.

Zhong contempla l’incendie qu’il avait déclenché malgré lui. D’ici peu, le repère des trafiquants se résumerait à un tas de cendres fumantes.

Il vola jusqu’à son épouse et s’accroupit à son chevet. Il se mordit la langue jusqu’au sang quand il chercha à contrôler sa magie. Son cerveau parut bouillir et fondre sous son crâne alors qu’il s’échinait à découvrir la manière de faire. D’un geste de la main, du geste le plus tendre qu’il pouvait, il tissa sur sa peau nue un kimono de soie et d’or. D’un autre mouvement de la paume le long de sa gorge et de sa poitrine, il la libéra de la maladie qui la rongeait depuis des années. Sa peau rosit aussitôt, ses yeux regagnèrent l’éclat que le voile de la maladie avait offusqué depuis tant de saisons.

Ce miracle l’avait épuisé. Des gouttes de sueur fiévreuses roulaient sur ses tempes. Ses poumons cherchaient leur air, ses veines lui semblaient creuses. La magie s’effaçait déjà de son corps.

Elle voulut parler mais il l’en empêcha. Dehors retentissaient déjà les cris des miliciens qui accouraient, attirés par les coups de feu et les flammes. La maison serait bientôt encerclée s’il restait ici.

— J’ai caché de quoi mener une vie d’empereur jusqu’à la fin de tes jours. Il te suffit de…

La douleur le plia en deux. Son cœur explosait contre sa poitrine, un étau de pointes crissait sur son crâne. Il releva des yeux humides pour croiser le regard éperdu de Meï.

— Les perles… je les ai cachées… continua-t-il entre deux râles.

Meï posa un index sur ses lèvres. Elle chercha quelque chose au sol, baissa la main et la releva, pleine d’une poignée de perles nacrées.

Zhong la dévisageait en silence tandis qu’elle les avalait une à une, sans comprendre.

— Nous nous étions jurés de veiller l’un sur l’autre, expliqua-t-elle. Comment pourrais-je te quitter, maintenant que tu as besoin de moi ?

Elle allongea Zhong au sol, la tête relevée sur son giron. Ses mains brillaient des mêmes flammes électriques quand elle les apposa sur la poitrine du mourant.

Zhong entrouvrit les lèvres et aspira un mince filet d’air salvateur. Son épouse ne pouvait le sauver, mais elle pouvait faire taire les ultimes douleurs.

— Mais, et toi ? murmura-t-il d’une voix de plus en plus faible.

Tous deux savaient qu’elle subirait d’ici quelques minutes les mêmes affres que lui. Elle se contenta pourtant de sourire d’un air serein puis de fredonner une vieille berceuse, et il comprit. « Peut-être qu’un jour, ce sera à mon tour de veiller sur toi », lui avait-elle promis.

Zhong leva les yeux autour de lui. Les poutres brûlaient, le feu ronflait sur le plancher et roulait contre le plafond. Tout serait bientôt terminé ici. Il leva une main tremblante de fatigue jusqu’aux mèches de jais de son aimée. Ses doigts s’y enfouirent avec douceur.

Zhong ferma les yeux. Le chant de son épouse le rassurait, couvrant le grondement rageur de l’incendie.

Ses doigts cherchèrent la main de Meï et la serrèrent une dernière fois.

Il était certain que tous deux souriaient quand la maison s’effondra enfin sur eux.

FIN

L’auteur : Lillois depuis toujours, Xavier Portebois s’est vite rendu à l’évidence que la réalité, où qu’il aille, n’était que fâcheusement trop réelle. Aussi préfère-t-il rafistoler d’autres mondes à base d’animaux fantasques, d’IA déviantes, de fauves et de robots. Parfois le tout en même temps.

24 Heures de la Nouvelle 2014 : Les fleurs oubliées

Blog : Un mot après l’autre

Kindle

6 thoughts on “Quelques perles de trop, par Xavier Portebois

  1. Pingback: 24h de la nouvelle, bis repetita | Un mot après l'autre

  2. C’est le premier texte que je lis de toi, eh bien je ne suis pas déçue du voyage ! On s’y croirait.

    • Han, merci 🙂
      Avec les lectures de correction sur les autres textes, j’ai pas encore eu le temps de lire les nouvelles des gens que je connaissais. Je te tiendrai au jus quand j’arriverai sur la tienne 😉

  3. Merci pour cette plongée dans un univers à la poésie si cruelle… Je ne regarderai plus les colliers de perles (ou les huîtres ^^ ) de la même manière. En tout cas, la plume est soignée, très agréable à lire.

  4. Je m’attendais à la chute, mais elle n’en demeure que plus belle… Et l’écriture est bonne, l’univers est fouillé. Merci pour cette nouvelle.

    • Merci 🙂
      Pour la chute, j’ai pourtant beaucoup hésité. Je prévoyais au début un gros combat de magie, puis ça a viré en sacrifice dans un sens, avant de devenir un sacrifice dans l’autre sens – même si oui, je l’accorde, j’ai pas essayé de surprendre qui que ce soit avec cette fin, hein 🙂

Laisser un commentaire