Le square, par Franck Labat

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[24 Heures de la Nouvelle 2015 : Le texte devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

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Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il…
— … se sauverait !! interrompit une voix rauque.
Le ton enfantin du petit bonhomme blond qui sortait du square se tarit brusquement et la fin de la comptine resta perdue dans le fond de sa gorge.
— Maman ! Maman !
La mère du bambin l’attira tout contre elle d’un mouvement sec qui lui fit quitter contact avec le sol quelques instants. Elle toisa le clochard avachi dans ses loques puantes qui venait de ternir l’élan joyeux de sa progéniture. Un mélange de dégoût et de dédain se mêla dans son regard. Elle ne dit rien cependant, il ne méritait pas autant d’attention de sa part. Elle retroussa son nez en un geste équivoque pour lutter contre l’odeur âcre et nauséabonde de crasse qui lui assaillait jusqu’au gosier. Elle accéléra le pas en traînant son chérubin qui pendait accroché à son bras comme une poupée désarticulée, et ils s’éloignèrent en trottinant vers le flot de véhicules de l’avenue toute proche.
— Pourquoi il est méchant le monsieur ? demanda avec candeur le petit garçon qui peinait à suivre sa mère dans la rue.
La réponse se perdit dans la distance et le brouhaha de la circulation.
Le portillon grinça à n’en plus finir en se refermant péniblement sur leur passage, son ressort à bout de force n’amortit aucun choc et un claquement sec de métal contre métal conclut son laborieux effort.
— Les bois abritent bien pire que les loups, petit… maugréa pour lui-même le sans-abri dans un souffle inintelligible.
Il était affalé contre la grille du jardin municipal abandonné, côté rue, à un mètre à peine au pied du portail bas légèrement de guingois. Un enclos plutôt, fait d’un vieux grillage tressé en acier ondulé qui se dressait à hauteur des hanches. Les différentes couches de peinture avaient presque doublé l’épaisseur des fils de fer formant le losange des mailles. Pour le moment un marron délavé par le soleil et les intempéries habillait cette clôture que longeaient sur tout le pourtour des buissons de fusain du Japon retournés à l’état sauvage. Les petites feuilles vert tendre paraissaient cirées, donnant une impression artificielle à l’ensemble. Par endroits, la peinture écaillée révélait les éons traversés par le square en affichant les pelages de couleurs successives qui avaient accompagné des générations de gamins dans leurs jeux ; gris, vert bouteille, noir, un marron d’une teinte plus claire, l’orange d’une ancienne couche d’antirouille… Rien à voir avec les nouvelles normes de grillage rigide monté par panneaux entiers, tendus entre des poteaux lisses et galvanisés d’un vert séant aux préoccupations écologiques à la mode. La mère et son enfant avaient dû faire fausse route, plus personne ne venait ici depuis des années, depuis que les grands projets d’urbanisation avaient rasé le bois attenant et qu’une dispute sur ce lot s’embourbait dans les sables mouvants du système judiciaire.
L’homme restait vautré à même le bitume dans un coin d’ombre projetée par la haie oubliée des services de la voirie. Replié sur lui-même, il ne prêtait plus attention aux quelques passants qui foulaient le trottoir d’un pas pressé en direction d’une artère plus large, d’une station de métro ou d’un arrêt de bus. Pas plus qu’eux ne feignaient de le voir d’ailleurs, préférant ignorer sa présence par trop perturbante dans ce quartier de la ville bien propret. Comme le grillage, lui aussi était recouvert de plusieurs couches qui s’écaillaient ; un long manteau imperméable beige taché et ouvert sur une veste kaki parsemée de poches. Un pull gris aux mailles mitées, un t-shirt noir à manches longues, un autre à manches courtes, quelques millimètres de crasse avant d’atteindre la peau, sans doute blanche des lustres auparavant.
Il était bien trop habillé pour cette saison, demain marquait le début de l’automne et les jours restaient encore chauds. Les jours peut-être, mais pas les nuits. Elles commençaient à se rafraîchir. Le vieil homme n’avait pas de sac, pas de chariot, pas de petit coin secret dans la ville pour cacher ses effets personnels. Tout ce qu’il possédait, tout ce qu’il était, demeurait collé à sa personne en toute saison.
Il leva lentement la tête vers les cieux. Ses cheveux bruns mi-longs et filasses ondulèrent sur le col relevé de son trench-coat maculé de traînées huileuses. Son bonnet vert rapiécé accrocha une branchette qui pointait entre les mailles du grillage, révélant un front haut et creusé de profondes rides. Son visage noirci par une barbe drue en bataille était buriné par les intempéries. Un effluve rance émanant de son torse accompagna le mouvement de tête. Il n’y porta aucune attention. Ses yeux bleu titane paraissaient vifs dans ce corps éteint, une impression conférée uniquement par leur couleur brillante, car son regard restait superficiel, à la recherche du soleil. Il était trop déconnecté des réalités et du rythme urbain pour que le flot soudain des travailleurs pressés de rentrer chez eux lui apporte la moindre indication quant à l’heure. Pas plus que la recrudescence du passage des voitures, ou les odeurs de friture provenant des fast-foods situés en amont. Cette symphonie citadine cyclique qui marquait la fin de journée lui demeurait étrangère. Son horloge à lui se réglait sur l’astre de feu. Il se passa une main calleuse sur le visage. Ces ongles noirs incrustés de crasse, trop longs, terminaient des doigts noueux et épais. Il ramena le menton sur son torse, résigné. Oui, le soir approchait. Le square allait devenir son domaine.

L’aire de jeu était minimaliste : un bac à sable de 15 mètres sur 15 dans lequel les mauvaises herbes avaient pris racine, un toboggan bosselé en plastique jaune délavé et craquelé, et deux balançoires en pneu suspendues par de lourdes chaînes rouillées à un portique gris ayant fait son temps. L’une d’elles traînait par terre de guingois, retenue par une unique attache. Au fond du domaine miniature d’à peine 2 500 m2, un énorme chêne majestueux trônait.
Un agent municipal arrêta son véhicule électrique sur le trottoir et jaugea le sac-poubelle à moitié plein qui ornait le coin. Il décida que cela pouvait attendre son prochain passage et il s’apprêtait à repartir quand il se rendit compte de la présence du clochard.
— Il ne faut pas rester là, lança-t-il au sans-abri toujours avachi à l’entrée.
L’autre, recroquevillé avec ses bras autour des genoux, ne broncha pas. Difficile de dire s’il faisait mine de dormir, ou ignorait ouvertement l’agent.
— Vous n’avez pas l’adresse d’un refuge où passer la nuit ?
Il avait quitté sa voiturette et s’approchait de l’homme, mais il s’arrêta net, bloqué par un mur pestilentiel. Il afficha une moue d’écœurement et souffla en reculant pour s’éloigner un peu du vagabond.
— Monsieur ?
Il insistait mollement en gardant ses distances, sans doute poussé par une bribe de devoir civique. Mais lorsque le clochard remua enfin, l’agent municipal fut rassuré de le voir bien vivant et haussa les épaules en quittant les lieux sous les rayons bas annonciateurs du crépuscule. Il ne se faisait aucune illusion, le miséreux enjamberait le grillage à la première occasion pour aller passer la nuit sur l’un des bancs du parc. Ce n’était pas son affaire, sa conscience professionnelle de fonctionnaire de la ville s’arrêtait là, il n’était pas payé pour s’occuper de tous les cas sociaux de la commune.

La nuit était tombée et avec elle le trafic incessant avait diminué. Sur l’avenue, quelques passants nocturnes déambulaient encore, mais tout le monde avait déserté depuis un moment déjà la contre-allée où s’ouvrait le square. L’homme se redressa enfin, une ombre parmi les ombres. Il dérouilla lentement ses articulations à l’abri de la lumière ambré de l’éclairage public. Le cou d’abord, puis les épaules, les coudes, les poignets, les hanches… À chaque fois sa stature s’élargissait, s’affirmait, s’imposait dans la nuit. Il secoua ses oripeaux dans un nuage de poussière qu’une soudaine bourrasque venue de nulle part emporta dans un sifflement strident. Une forte odeur incongrue d’humus fraîchement battu par la pluie s’éleva en volutes autour du mystérieux inconnu, chassant les effluves nauséabonds. Il n’avait plus rien du clochard anonyme que tous les hommes évitaient. Son port altier trahissait une force peu commune. Il repensa malgré lui au gamin et à sa comptine : « … si le loup y était… »
Comme il aurait voulu que les loups soient là en effet ! Il aurait pu jouir de leur compagnie, puiser dans leur force et leur noblesse comme autrefois… Mais les loups n’étaient pas fous, même du temps où ils arpentaient cette contrée en nombre, ils ne se seraient jamais aventurés ici. Pas aujourd’hui. Ces maîtres de la forêt avaient toujours su mieux que quiconque éviter cet endroit maudit.
Il expira avec lassitude, conscient du poids des ans sur ses épaules. À contrecœur, il pivota sur lui-même et pour la première fois porta son attention sur le square. Ses yeux bleus brillaient maintenant d’une vie propre, un regard dur empreint d’une détermination ancestrale. Il ne vit pas les chaînes d’acier, les pneus de caoutchouc craquelés, le bac empli de sable verdâtre, ni la haie au feuillage ciré. Il ne sentit pas les hydrocarbures qui suintaient de l’asphalte, l’urine concentrée des chiens le long du grillage, les relents d’égouts de la bouche proche, ni la décomposition émanant des poubelles dues pour leur ramassage. Il n’avait d’yeux que pour l’ancien chêne.
D’un geste leste il passa par-dessus le petit portillon sans un bruit. Le paysage urbain s’effilocha sous son regard tels les lambeaux d’un vieux parchemin déchiré, laissant peu à peu place à ses souvenirs. Une forêt profonde, sombre et majestueuse. Des fûts séculaires qui dardaient leurs cimes comme autant de défis aux dieux célestes. Une brume enivrante qui couvrait chaque parcelle, roulait entre les fougères, les radicules et les pousses, flottait sous la canopée, pareil à un vaste lac évanescent. Une faune riche et vibrante, une flore étincelante dans les puits de lumière qui s’insinuaient dans les trouées du feuillage dru. Une bise légère qui parvenait toujours à se frayer un chemin entre les troncs, apportant des odeurs de blés sauvages ou de coquelicots. Un domaine sylvestre primordial dont il avait reçu la charge, il y a longtemps… si longtemps…
Le crissement des graviers sous les semelles trouées de ses vieilles chaussures de sport déchirées était à peine audible, mais il suffit à le ramener à la réalité du présent. Il traversa le parc jusqu’au chêne. Un fût sans âge aussi noueux que ses mains, large, torturé, comme lui. Un méandre d’écorce, de plis et de replis, de branches épaisses et tordues par les épreuves. Son arbre… le dernier géant de son domaine, de sa forêt, de sa charge.
Il passa lentement ses doigts calleux sur les sillons du tronc. Un frisson envahit tout son corps lorsqu’il communia avec la force inébranlable du majestueux chêne. La ramure répondit à son frisson en des centaines de froissements cristallins. Les feuilles les plus sèches tombèrent autour de lui en une pluie légère chargée d’une fragrance musquée, lui arrachant un sourire et une larme. L’arbre était fatigué lui aussi, tout comme son protecteur. Le vieux druide secoua la tête, le visage grave. Les ans et les hommes avaient fini par les rattraper. Ce soir se jouerait peut-être leur dernier combat. La larme traça un sillon propre sur sa joue, se fraya un chemin entre les poils hirsutes de sa barbe, s’allongea en équilibre instable et plongea dans le vide pour s’écraser sur le sol noir qui entourait la base du tronc.
Le druide communia avec la terre tandis que celle-ci absorbait la goutte salée en son sein. Il prit aussitôt conscience du méandre de racines plus épaisses que les branches, s’enfonçant au cœur de l’humus à la recherche des minéraux. Un faisceau qui s’étendait de radicelles en radicules sous le béton et l’asphalte, puisant plus profond que l’homme n’avait osé creuser, à la source même de vie de la forêt originelle ayant jadis couvert ce bassin à perte de vue. Et comme il s’y attendait, il discerna aussi autre chose dans les profondeurs de la terre… Les ténèbres ! Elles sourdaient, remontant à la surface, avides d’envahir le monde extérieur, de se répandre, de dominer, de détruire…
Depuis les origines, le Mal cherchait à corrompre la planète. Il avait trouvé un point faible en ces lieux pour satisfaire sa soif de conquête et de destruction. Mais le clan du druide avait conclu un pacte ancien avec la Nature elle-même afin de maintenir l’équilibre. Les plus valeureux et les plus sages du clan se voyaient conférer une longévité au-delà des normes humaines en échange de leur dévouement à la protection des scellés qui confinaient le Mal dans les profondeurs. Une responsabilité millénaire sous l’égide d’une poignée d’élus dont il était le dernier représentant. La bataille invisible des forces de la Nature contre celles du Mal. Les forêts forçaient les ténèbres à rester tapies, les emprisonnant de leurs racines, de leur poids, et de leur vie. Tandis que le Mal s’infiltrait sournoisement, cherchant un chemin vers la lumière, insinuant son énergie immonde et putride vers la surface. Tous les siècles, les ténèbres redoublaient d’efforts pour partir à l’assaut. Elles profitaient d’un alignement astral particulier et de l’équinoxe d’automne pour s’imposer, passer les barrages de la Nature, se fondre et pénétrer le monde pour en faire sa nouvelle ère de destruction. Mais pendant plus de mille ans, fidèle à sa charge, dévoué à sa responsabilité, le Gardien était toujours venu pour repousser les ténèbres. Aucune tempête, aucune guerre, ni aucune épidémie n’ont pu le faire déroger à sa sacro-sainte tâche de protecteur. Pas même l’urbanisation galopante des dernières décennies.
Le druide entama une longue litanie dans une langue depuis longtemps oubliée. Sa voix gutturale s’envola dans les bras d’une brise chaude qui tournoyait autour du chêne, balayant les feuilles en un large tourbillon. Les nuages s’écartèrent pour laisser l’astre blond darder ses rayons d’argent fantomatiques, unique éclairage dans le square désert, révélant le duel immémorial qui y prenait place. Il était minuit passé, tout le monde dormait ou presque. Un sommeil agité, nerveux et empli de cauchemars. Les rares automobilistes étaient fébriles au volant, électrifiés par une tension invisible. Affleurant la ville, désireux de s’en emparer, les ténèbres accroissaient leur poussée démoniaque, prêts à tout saper comme un torrent de boue immuable, une traînée de lave dévastatrice.
Mais sous le chêne, toujours en contact direct avec l’écorce râpeuse, le vieux druide continuait sa lente psalmodie. Un combat de titan qui passait inaperçu au conscient de tous, deux volontés s’affrontant en silence, cherchant la faille de l’autre pour le submerger et l’emporter à tout jamais. Le Gardien était en sueur, ses traits tirés marquaient son agonie intérieure. Au cœur de la cité, la force de la forêt s’avérait infime, il devait redoubler d’efforts pour compenser. Il ne restait plus que lui, lui et le chêne, derniers vestiges d’un domaine autrefois immense dont la puissance seule suffisait à enrailler le Mal. Les ténèbres pressaient leur présence, gagnant du terrain, se profilant toujours plus près de la surface, jusqu’à émerger.
En transe, le druide puisa dans ses ultimes réserves d’énergie, intensifia sa volonté, éructa ses ordres aux ténèbres de reculer, de retourner dans leurs abysses. Les nuages se gonflèrent et tournèrent au gris anthracite. La Lune fut masquée de nouveau et le tonnerre gronda, menaçant. L’homme ancra ses pieds dans la terre et raffermit sa prise sur le tronc, fusionnant toute sa force avec lui, les deux entités s’unissant dans un suprême effort commun à repousser l’ennemi. Il leur manquait toute la puissance de la forêt, toute sa faune, toute sa flore dans lesquelles puiser l’énergie suffisante. Le Mal suintait, toujours plus proche, galvanisé par la faiblesse du Gardien. Un râle profond et guttural déchira la gorge du vieux sage. L’arbre craqua de toute sa longueur, prêt à rompre. Les nuages devinrent noirs et un éclair zébra les cieux. Le coup de tonnerre perça les ténèbres en même temps que l’ultime injonction de l’homme et gronda quelques secondes dans la nuit.
Le chêne se fendit dans un craquement lugubre, faisant écho aux roulements du tonnerre et le druide fut projeté en arrière sur l’allée de gravier.
Ensemble, ils avaient vaincu une dernière fois. La tension retomba en un instant. Les nuages se dispersèrent, la brise s’affaissa, les cauchemars s’effilochèrent dans l’esprit des dormeurs et les automobilistes retrouvèrent leur sérénité au volant. Le voile qui menaçait d’étouffer la ville glissait lentement à bas, relâchant son emprise malsaine. La cité recouvra son calme relatif, ses habitants à jamais inconscients du terrible combat qui venait d’être livré pour eux.

Demain, les agents communaux découvriraient le corps d’un sans-abri gisant là, au pied du géant des forêts abattu par la foudre. Leur superviseur appellerait la police pour s’occuper du cadavre, et les services d’élagage pour débiter le chêne. La nouvelle passerait peut-être en filet sur un bandeau d’information du journal télévisé local.
Dans quelques semaines la mairie voterait un budget pour remplacer le square et son arbre. Selon les finances et la date des prochaines élections municipales, on choisirait une fontaine avec la stèle d’un homme politique oublié, la plaque commémorative d’un poète inconnu, une piste de skateboard ou une station-service.
Dans cent ans, les ténèbres reviendraient tenter leur chance, mais cette fois, il n’y aurait plus de Gardien dans le square pour les arrêter, plus de chêne, pas même le souvenir de la forêt majestueuse… juste une chape de béton craquelée.

FIN

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6 thoughts on “Le square, par Franck Labat

  1. Jolie histoire sur la forêt et l’importance des arbres, j’ai apprécié le côté presque écologique (sans doute voulu?) et le contraste entre le sans abri et ses vrais pouvoirs. De jolies descriptions aussi.

    • Voulu et assumé en effet 😉
      En fait cette nouvelle est un véritable exercice de description, souvent l’une de mes faiblesses quand je me laisse emporter par une histoire. C’est donc très bien que cela ressorte. Merci Claire.

  2. J’ai beaucoup aimé le travail sur les descriptions. J’apprécie en général les fables écologiques et j’ai été servie, merci.
    J’avoue que j’avais peur au début que le sans-abri soit l’antagoniste au profit du petit garçon, que la nouvelle prenne la direction inverse (cette crainte est juste motivée par un goût personnel). Du coup, le moment où le druide se révèle était un joli retournement de situation.

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