Le Labyrinthe de gemme, par Anaïs La Porte

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[24 Heures de la Nouvelle 2015 : Le texte devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

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Dur était le cristal de roche ce matin, alors que les esclaves s’attelaient à la tâche en silence. Owen saisit son polissoir et attendit sagement qu’on lui indique sa place pour la journée. Près de lui, Ellora serra ses longs cheveux noirs dans un bonnet troué et lui lança un regard agacé.

— Quand est-ce que ce couloir sera assez reluisant à leurs yeux ?

Le garçon haussa les épaules. Ce n’était certes pas à lui de répondre. Le surveillant poussa brutalement la jeune fille vers un recoin obscur : l’aube trop récente n’éclaircissait pas encore les parois de la Forteresse.

Owen se plaça près de sa sœur, espérant adoucir son humeur en lui montrant l’exemple de son travail acharné. Mais elle ne changea pas de disposition. Elle s’enferma dans un silence obstiné et commença à ramasser les éclats de pierre délogés par les esclaves.

Tel était leur quotidien au Pays de Gemme : chez les polisseurs, on s’attachait à embellir sans cesse la demeure de la souveraine ; d’autres devaient tisser les fibres de cristal pour parer la reine d’étoffes précieuses ; et que dire de ceux qui broyaient des joyaux et les mêlaient d’onguents destinés à faire resplendir la peau de leur monarque ?

Les heures s’écoulèrent dans ce silence imposé qui n’aide guère les travailleurs à oublier leurs petites misères. Les gardes de la souveraine veillaient en effet à ce que chacun conserve une réserve, une distance envers les autres.

Ellora et Owen, frère et sœur, jumeaux, étaient épargnés par cette restriction. On leur laissait le droit de se parler, de se soutenir l’un l’autre, en vertu d’une ancienne croyance sur les naissances gémellaires : ces enfants, issus au même moment du même ventre, seraient les deux moitiés d’une personne. Si on les séparait, ils risquaient de verser dans la folie ou le désespoir. État incompatible avec les attentes de leurs surveillants.

Si Owen se sentait reconnaissant de cette particularité qui lui permettait de se lier à un être humain, Ellora n’y voyait qu’une cause de révolte de plus. Pourquoi, en vertu de leur naissance unique, les autres esclaves devraient-ils rester seuls dans leur coin ?

Owen n’avait pas de réponse à apporter à cette question. Il se doutait bien qu’aucune n’aurait de toute manière satisfait sa sœur. Il se baissa jusqu’à ce que son nez effleure la paroi d’un blanc salin. Là, une légère irrégularité, à peine un renflement. Il prit un burin à lame de diamant et un marteau, commença à donner de petits coups secs. Puis il saisit à nouveau son polissoir et s’attacha à effacer cette marque. Bientôt, le mur de gemme revêtit l’aspect lisse et brillant du reste de la Forteresse. C’était comme s’il faisait rentrer cet étroit rectangle de pierre dans la splendeur du bâtiment tout entier. Par son simple travail, la demeure de sa reine devenait un peu plus belle.

Si sa sœur avait remarqué son expression, elle l’aurait immédiatement tourné en dérision. Après tout, imaginer qu’un polisseur puisse ainsi participer à la magnificence de la souveraine, quelle présomption ! Owen savait qu’Ellora ne se moquait pas tant de ses idées de grandeur que de sa révérence face à leur maîtresse. Et pourtant, les travailleurs comprenaient, à la façon dont les surveillants les éloignaient des coursives quand Elle s’en approchait, à quel point elle devait être formidable.

Le soir vint, libérant les esclaves dans une certaine mesure. Autorisés à se redresser, ils partirent vers leurs quartiers, chargés de leurs outils. Ellora et les autres ramasseurs portaient des seaux emplis de poussière de gemme.

La sœur d’Owen s’assit près de lui, un bol de gruau à la main. Il avait déjà commencé à dévorer son repas. Il essayait d’ignorer les douleurs qui accompagnaient chaque fin de journée. Doigts engourdis à force de frotter, yeux rougis par le sel, dos en compote.

Ellora soupira.

— Depuis le temps qu’on la polit, cette Forteresse devrait être parfaite ! Pourquoi est-ce qu’on continue à trimer dessus ?

Un silence absorbé lui répondit d’abord. Chacun de leurs voisins préférait manger plutôt que réfléchir à leur condition. Elle s’entêta.

— Je veux dire… Il y a eu des générations d’esclaves avant nous, qui se sont usé les ongles et la peau à accomplir exactement les mêmes gestes. Pourquoi sommes-nous encore là ?

Un vieil homme édenté posa son bol et se tourna vers elle. Il parla avec douceur, sans doute par crainte d’attirer un des surveillants.

— L’ignores-tu donc, petite ? La Forteresse grandit chaque jour depuis plus de mille ans. Cette croissance n’est pas visible à l’œil nu, mais elle se constate, de décennie en décennie. La demeure de notre reine se bâtit d’elle-même, ajoutant de nouveaux étages, des salles supplémentaires, d’autres escaliers à sculpter. Notre tâche ne sera pas terminée, tant que la construction ne sera pas elle-même achevée.

Il ramassa son écuelle, se leva et se rendit à l’entrée de l’office. Ou du moins, c’était ainsi que les surveillants nommaient cette grande pièce nue où les esclaves prenaient leurs repas, à même le sol. Owen suivit le vieil homme des yeux, alors qu’il se dirigeait à pas lents et douloureux vers la pile de bols sales. Il y plaça le sien puis sortit. Il devait regagner le petit coin de paillasse où il passait ses nuits. Comme chaque autre travailleur autour d’eux.

Le garçon se perdit dans la contemplation des quelques gouttes de soupe froide qui subsistaient dans son propre bol. La Forteresse croissait sous leurs pieds. Ou plutôt, au-dessus de leur tête. Mais alors, qu’y avait-il dans le fond du bâtiment, ces premiers niveaux qui avaient vu le jour si longtemps auparavant ?

Une fois couché, Owen dormait en général à poings fermés. Il aimait ce moment où les images de la journée dansaient devant ses yeux jusqu’à se dissoudre en un rêve apaisé. Il savait que quand il s’évadait dans le sommeil, rien ne pouvait le blesser. Comme protégé des difficultés du quotidien, il pouvait se détendre, s’imaginer plus libre et plus heureux.

Mais cette nuit-là, il avait à peine franchi la frontière qui sépare l’éveil de la torpeur quand Ellora le secoua.

— Viens !

— Quoi ?

Elle se leva sans bruit et s’éloigna à pas de loup vers l’ouverture de la salle de repos. Autour d’eux, des hommes et des femmes brisés de fatigue profitaient de quelques heures de répit avant de reprendre, qui son polissoir, qui son balai.

Sa jumelle était déjà hors de la pièce, dans le couloir, quand Owen la rejoignit.

— Mais qu’est-ce que tu fabriques ?

Elle secoua la tête et lui montra les surveillants. Endormis eux aussi, ils ne gardaient plus rien, pas même la porte du quartier des esclaves.

Sans un mot, Ellora attrapa la main de son frère et l’entraîna.

Tous deux parcoururent en silence les coursives, à peine éclairées par la lune qui filtrait à travers les parois. Ils vivaient à la base de la Forteresse. Owen supposait qu’à mesure que les logements s’approchaient du sommet, ceux-ci abritaient des personnages de plus en plus nobles.

À sa grande surprise, sa sœur ne se dirigea pas vers les escaliers menant aux niveaux plus élevés. Pourtant, elle l’avait une ou deux fois emmené là-haut, de nuit. Il savait qu’elle aimait contempler les étoiles, rêver d’une autre vie quand la lune éclairait l’esplanade devant la Forteresse. Il était vrai que seul le moment du repos leur donnait l’occasion d’admirer la magnificence des jardins de sel étalés au pied du palais de leur souveraine.

Cette fois, Ellora se tourna vers un recoin de la coursive qu’ils avaient polie dans la journée.

— Vois-tu cela ? J’ai remarqué cet escalier aujourd’hui.

Elle montrait une ombre portée sur la blancheur des gemmes. S’approchant, Owen découvrit en effet une volée de marches. Ellora chuchota d’un ton excité :

— Tu crois qu’il s’agit des niveaux inférieurs, les tout premiers ? Ce que la Forteresse a créés alors que nos grands-parents n’étaient pas nés ?

Il haussa les épaules. Que leur importait, après tout ? Ils auraient mieux fait de rentrer chez eux et de dormir. La prochaine journée serait tout aussi pénible que celle qui venait de se terminer.

— Allez, on va explorer cet endroit !

— Ellora ! Non !

Elle n’écouta pas son frère, comme à son habitude. Il la suivit de mauvaise grâce, se demandant d’où elle tenait ce caractère risque-tout. Il était tellement plus simple d’obéir aux ordres, de rester dans son coin… Qu’avaient-ils à gagner en se perdant ainsi dans les niveaux inférieurs de la Forteresse ?

L’escalier tournait en un colimaçon de blancs et d’ombres, débouchant sur des paliers silencieux. Le Pays de Gemme, bien qu’un des plus arides du Continent mineur, offre à ses habitants des nuits glaciales. Ellora n’en avait cure, continuant à traîner son frère de plus en plus bas. Bientôt, Owen vit de la vapeur franchir ses lèvres, alors que les douleurs dans son dos et ses doigts faisaient place aux tremblements dus au froid.

— On va jusqu’où comme ça ?

— Je veux savoir ce qu’il y a en bas !

— Mais… Ellora, si cette Forteresse a mille ans comme l’a dit le vieux, on n’est pas près d’y arriver, en bas. Allez, viens. On a besoin de dormir.

Pourtant, elle continuait, comme possédée par l’envie de découvrir un secret. Secret qui, Owen en était persuadé, n’existait que dans son imagination.

Enfin, l’escalier s’interrompit net en plein vide. Sans doute s’était-il effondré, des années ou des décennies plus tôt. Ellora s’agenouilla avec précaution pour observer ce qu’on pouvait deviner depuis la dernière marche.

Tout baignait dans une pénombre phosphorescente, surnaturelle. La lumière de la lune parvenait jusqu’à ce niveau, filtrée par de nombreuses couches de gemmes. Celles-ci avaient agi comme un prisme et l’argent nocturne s’était décomposé en myriades de couleurs qui caressaient les ombres.

Plissant les yeux, Owen comprit que ce qu’il avait pris pour un labyrinthe était en fait une collection impressionnante de stalactites et de stalagmites. Un champ de pierres s’étendait devant lui, les rigoles irrégulières parcourues d’une eau brillante qui les creusait jour après jour avec une infinie patience.

De place en place, des traits de lumière blanche fusaient, bouleversant l’harmonie multicolore qui se jouait à travers les parois. Des puits qui reliaient sans doute le labyrinthe à la surface.

— Regarde, murmura Ellora. C’est quoi, au centre ?

Owen suivit son doigt levé. Élevé parmi les concrétions aux multiples contours, un dôme bleu tranchait sur l’ivoire environnant.

— Si on descendait ? proposa la jeune fille. Il suffit de se laisser glisser le long de cette stalagmite. Je suis sûre qu’on pourrait…

— Non, Ellora ! On ne pourra jamais remonter.

— Mais si ! Là-bas, de l’autre côté du labyrinthe, ça ressemble à un escalier. Il y a un second passage vers la surface.

— Mais s’il est bloqué ? Et imagine qu’il débouche dans une zone de la Forteresse qui nous est interdite ? Retournons dans nos quartiers.

Il se leva, persuadé qu’elle l’écouterait, pour une fois. Mais alors qu’il avait gravi quelques degrés, il sentit qu’elle le tirait par la manche.

— Tu entends ?

Il s’arrêta et tendit l’oreille. Des pas résonnaient contre les parois de gemme, des voix faisaient vibrer les stalactites autour d’eux.

— On nous cherche !

— Chut…

Owen réalisa qu’elle avait raison. Leur absence avait sans doute été remarquée. Ils seraient attrapés et punis, sans l’ombre d’un doute.

— Allez, on ne va pas se jeter dans la gueule du loup, murmura Ellora.

Avant qu’il ait pu l’en empêcher, elle descendit le long des concrétions suspendues dans le vide. Elle s’arrêta sur un petit rebord et se tourna vers lui, l’appelant à grands gestes.

Résigné, il l’imita. À force de tâtonnements et de glissades plus ou moins contrôlées, tous deux parvinrent dans l’espèce de cathédrale de gemme aux contours sculptés par l’eau et le temps.

— Elle est où, ta sortie ? murmura le garçon.

Aucun bruit ne provenait plus de l’escalier. Les gardes avaient-ils laissé tomber leur recherche ?

Ellora entraîna son frère à travers le dédale. Plusieurs fois, elle s’arrêta, l’air un peu perdu. Owen ne put s’empêcher de songer qu’elle allait les égarer et qu’ils seraient condamnés à errer dans les basfonds de la Forteresse pour le reste de leur existence.

Au passage, les rayons colorés lui révélaient d’étranges structures, draperies de pierre salée, colonnades blanches et granuleuses, blocs striés et veinés de noir, comme des coulures de basalte fondues dans la gemme. Là où la lumière manquait, des myriades de points brillants prenaient le relais. S’approchant, Owen devina les vers luisants occupés à illuminer l’obscurité pour leur seul plaisir : il n’y avait sûrement jamais personne dans ces travées calcaires.

Bientôt, le garçon reconnut une construction qui semblait trop carrée pour être l’œuvre de l’eau et du temps. Il s’agissait du bâtiment qu’Ellora avait aperçu. Carré de murs blancs surmonté d’un dôme bleu, le mausolée se dressait au milieu du labyrinthe de gemme, isolé et triste. Owen ignorait d’où venait l’intuition qui lui avait soufflé qu’il s’agissait d’un monument à la gloire d’un mort. Pourtant, il en était convaincu.

Des signes gravés dans la pierre donnaient sans doute le nom de la personne enterrée là, mais aucun des jumeaux ne savait lire.

Ellora contempla un instant l’inscription puis se détourna.

— Sûrement quelqu’un de Sa famille. Peu importe, après tout.

Owen hocha la tête et ils se remirent en route. Leurs destinées avaient beau être gouvernées par leur souveraine, ils ignoraient tout d’Elle, jusqu’à son apparence. Avait-elle seulement eu un père et une mère ? Son sujet n’était jamais évoqué parmi les esclaves. Tout ce qu’ils savaient d’elle, c’était son titre. Son nom, bien sûr aussi, mais ils avaient l’interdiction formelle de le dire. Ils ne devaient même pas y penser.

Les jumeaux reprirent leur marche hésitante à travers le labyrinthe de gemme. Owen soupçonnait qu’Ellora ne connaissait pas plus le chemin que lui.

Loin derrière eux, l’escalier brisé ne révélait plus aucun nouveau bruit. Fausse alerte, les gardes ne les cherchaient peut-être pas, finalement. Après tout, ils n’étaient que deux petits esclaves polisseurs sans importance.

Avec un soupir de soulagement, Ellora contourna une arche de pierre et s’arrêta. Owen l’imita et vit qu’elle avait dit vrai : des marches se lançaient à l’assaut des parois de gemme, vers la surface. Tous deux commencèrent l’ascension en silence, à peine inquiétés par la lumière qui grandissait peu à peu.

Le jour se levait, mais cette promenade dans les entrailles de la Forteresse avait fourni au garçon des images de beauté et de poésie qu’il n’aurait jamais imaginées auparavant.

Quand il se remettrait au travail, un peu plus tard, il garderait à l’esprit le souvenir de leur expédition. Les jours pourraient s’enchaîner, durs et identiques, Owen saurait que loin sous les niveaux habités, subsistait ce labyrinthe de gemme, témoin du passé de la Forteresse. Un passé où la nature s’exprimait sans contrainte. Ni murs, ni marches. Rien que des constructions aléatoires, draperies de sel et d’eau.

C’était comme une lueur d’espoir dans leur vie étriquée. Aujourd’hui ils étaient esclaves, enfermés dans leur propre labyrinthe de souffrances. Mais un jour, peut-être, leurs enfants verraient la liberté, quand la Forteresse aurait fini de sortir de terre.

FIN

L’Auteur : Tombée dans la lecture et l’écriture toute petite, comme d’autres dans la potion magique, Anaïs La Porte a toujours un livre ou un stylo à la main. Fantasy, SF ou blanche, elle aime toucher à tout, le temps d’un appel à textes ou d’un roman. Quand elle ne planche pas sur sa saga de Fantasy jeunesse, Les Puissances de Nilgir (Éd. Yucca), elle aime s’évader le temps d’une nouvelle ou d’un roman. Le Labyrinthe de gemme met en scène l’un des héros des Puissances de Nilgir.

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12 thoughts on “Le Labyrinthe de gemme, par Anaïs La Porte

  1. Hello Anaïs !

    Très joli texte, dis-moi !
    J’aime bien la façon dont tu l’as construit, avec des phrase élégantes et simples à la fois, avec un mythe (leur Reine) et une légende (le château qui grandit).
    Si pour une fois, c’est la fille qui est une rebelle et une aventurière, je dois avouer que j’aime beaucoup le frère, pour son côté calme, son goût du beau et de l’élégance, son respect, voire même son envie simplement de vivre en accord avec son état. Je n’y vois pas de la lâcheté, mais un certain goût artisanal pour le travail bien fait et à faire.
    Même si les enfants risquent des punitions de la part des surveillants, il ne semble pas que cet esclavage se fasse dans les mauvais traitements.
    On se pose plus la question de la transmission du savoir entre tous ces esclaves silencieux (voire de leur vie sentimentale si personne ne se parle ni ne se fréquente trop, les jumeaux ont bien dû avoir des parents, non ? ^^)
    A la fin, il découvre un tombeau au milieu des roches en croissance et non taillée. En fait, ce niveau n’a jamais été taillée ou il a perdu sa structure polie du fait de sa croissance ? C’est le seul détail que je n’ai pas très bien compris. Et peut-être appuyé la fascination du héro lors de cette ballade pour mieux savourer cette paix et cet espoir qui l’habite à la fin.

    Bref, une jolie nouvelle douce et agréable.

    • Bonjour Deslacs,
      Merci beaucoup d’avoir pris le temps de détailler ton ressenti à la lecture de cette nouvelle, ça me touche beaucoup (d’autant qu’il y a de quoi lire avec cette fructueuse édition 2015 !).
      Je suis d’autant plus contente d’avoir ce retour parce que j’ai fait un pari un peu osé cette année : jeter sur le papier une petite histoire au sujet de l’un des protagonistes de ma saga en cours d’écriture. Je me demandais bien comment la nouvelle serait perçue par une personne qui ne connaît pas l’univers de Nilgir. Ton commentaire m’a rassurée sur ce point : c’est intelligible !
      Alors bien sûr, j’ai semé quelques petites graines qui vont pouvoir germer dans l’un des romans de cette saga, par exemple cette fameuse tombe, ou ces liens un peu étranges entre les esclaves. Et je t’avoue que j’ai pris soin de rester assez évasive sur le quotidien réel de ce peuple enchaîné, dans la mesure où la saga est à destination d’un public jeune. Mais je suis vraiment heureuse de voir que, même compte tenu de ces aspects, la lecture reste plaisante et la petite histoire d’Owen et Ellora fonctionne.
      Pour répondre à ta question, j’avoue que je n’ai pas encore défini l’histoire de ce niveau abandonné sous la forteresse de gemme (taillé ? non taillé ?). Ce qui est certain, c’est qu’il appartient à une époque révolue de l’histoire familiale de la fameuse reine-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
      Encore merci en tout cas de ton avis et au plaisir de te lire à mon tour !

  2. L’histoire est sympathique au demeurant et appellerait même une suite tant que tu ouvres la porte à l’imagination. Je suis un peu resté sur ma faim en fait bien que je sois totalement satisfait par ton récit. Je ne dis pas qu’il manque quoi que ce soit d’ailleurs. Tu as un vocabulaire léché et bien à propos sur tes descriptions que ce soit au niveau du décor, de l’ambiance et des personnages. Merci pour cette ballade dans tous les cas.

  3. Merci bien 🙂
    En effet, c’est un aperçu d’un univers un peu plus étendu ! Owen est appelé à vivre bien d’autres aventures, certaines sont d’ailleurs déjà publiées par ailleurs.

  4. C’est un texte très intéressant, qui du coup, donne envie d’en savoir plus sur l’univers dans le lequel il se situe. = ) Il y a parfois des passages que j’ai trouvés un peu trop didactiques, qui présentent le monde de façon un peu trop évidente, comme ce vieil esclave qui explique aux jumeaux la croissance du palais, ou le coup de tête d’Ellora qui décide d’aller explorer les profondeurs comme ça, d’un coup, et qui sert de prétexte à la découverte du sous-sol et du mausolée abandonnés… Enfin j’ai fait la même chose dans mon propre texte, donc je ne suis pas forcément la mieux placée pour critiquer les ficelles qui dépassent. ^^ »
    Quoiqu’il en soit, je trouve que tu as un beau style. Il y a de très belles formulations, et j’aime particulièrement les derniers paragraphes, emprunts d’une élégante nostalgie… Bravo pour cette nouvelle. = )

  5. J’ai adoré cet univers. Cette histoire de gemme est belle, poétique et passionnante. C’est très bien écrit et le suspens est drôlement bien mené. La chute m’a laissée un peu sur ma fin mais si je comprends bien la nouvelle s’inscrit dans un projet plus vaste. En tout cas, c’est très réussi.

  6. Ton texte est très poétique. Je reste un peu sur ma faim sur certains points (pour qui était le monument, la Reine existe-t-elle réellement, pourquoi ne pas sortir ?) mais c’est plutôt intriguant et cela donne envie d’en savoir plus sur ton univers.

  7. Je me suis laissée embarquée avec Owen et Ellora, tout en douceur, très facilement. Une belle descente dans le passé de cette reine dont on ne peut prononcer le nom, avec cette soeur rebelle et ce frère qui semble avoir trouvé sa place. Mais je reste un peu sur ma faim : à qui est ce tombeau ?
    Vraiment une belle balade, bravo !

  8. Merci à toutes les trois ! Je suis très contente de savoir que l’histoire fonctionne et qu’elle plaît. Je sais qu’il y a des zones d’ombres, mais en fait je profite des occasions comme celle-ci pour donner un peu de corps à l’univers de Nilgir. J’ai quatre héros, ils ont tous maintenant fait l’objet d’une nouvelle pour prolonger un peu l’aventure et mieux les connaître (les autres nouvelles sont là : http://www.contes-et-nouvelles.com/roman-anais-la-porte/index.php/autour-de-nilgir si vous avez le temps et l’envie de continuer). La gageure aussi, c’est d’écrire des histoires sans gâcher la lecture des romans qui suivent.
    Et j’avoue que j’ai profité de cette nouvelle pour jeter des bases pour le roman qui termine la saga, qui ne paraîtra (vraiment) pas tout de suite. Même pas honte ^^

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