Après la guerre, par Gregory R. Waeytens

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[24 Heures de la Nouvelle 2015 : L’histoire devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

« Ici vous quittez la République du Montana et vous entrez sur la Route 93 » prévenaient les affichages holographiques au-dessus d’un long portail électrifié.
― Toujours aussi déterminé, professeur ?
― Ça ira, Williams.
― Alors, installez-vous bien, on ne va pas tarder à partir.
Le signal du contrôle frontalier reçu, Samuel Williams appuya sur la pédale d’accélérateur et son camion de dix tonnes s’ébroua.
Samuel Williams était un ancien militaire de l’US Navy qui avait pris ses quartiers à Hamilton dans le Montana après la chute. Il vivait principalement comme homme de main. De temps à autre, il conduisait des passagers fortunés d’un État à l’autre.
A ses côtés, un petit homme à lunettes serrait contre lui une mallette de cuir. Il s’appelait Eric Marchand et il lui avait raconté être un biologiste français parti du Canada dans l’espoir de gagner la Californie. Les motivations du scientifique lui importaient peu. Il l’avait payé une petite fortune pour l’amener à bon port et c’était ce qu’il comptait faire. Le voyage serait long et risqué en territoire hostile. C’était le type de mission qu’il s’était juré de ne plus faire. L’argent était sa seule motivation et avec son magot en poche, il pensait enfin se retirer des affaires.
Le camion de Williams s’engagea seul sur la Route 93. Le portail électrifié se referma derrière lui. L’asphalte s’étendait à perte de vue. Les véhicules étaient rares depuis la pénurie de carburant qui avait touché les ex États-Unis en 2060. Williams remercia le Montana et son exploitation intensive du pétrole de schiste de lui avoir fourni assez de carburant pour un voyage d’une semaine. La plupart des véhicules roulaient avec des carburants fabriqués à base d’éthanol, le plus souvent artisanalement. Les véhicules électriques étaient encore plus rares en raison du refus politique américain d’avant la chute d’investir dans le développement de cette technologie. Il s’agissait à l’époque de protéger le lobby des derniers pétroliers américains.
La rencontre avec une voiture ou un autre camion était toujours un moment tendu où, de chaque côté, les hommes se cramponnaient à leur crosse de fusil en s’épiant. Jusqu’à présent Williams et Marchand n’avaient croisé que de pauvres hères dans des véhicules vétustes et poussiéreux. Williams était obligé de s’arrêter à intervalles réguliers pour refaire le plein à l’aide des bidons stockés à l’arrière de son camion. Il stoppait alors dans l’endroit le plus désert et le plus discret possible afin de ne pas attiser les convoitises avant de repartir aussitôt. La nuit était toujours un moment particulier. Ils dormaient dans la remorque sur des lits de camp, l’alarme anti-intrusion branchée. Plus d’une fois, ils furent tirés de leur sommeil par l’alarme qui s’était déclenchée à cause d’un coup de vent ou d’un rongeur qui s’était attaqué au caoutchouc des pneus.

La route était par endroit très accidentée. Ce n’était pas toujours de simples nids de poules. A la façon dont l’asphalte était fracassé, Williams reconnut des impacts de roquettes. Il y avait eu des combats ici, et au bruit sourd qui résonna soudain au loin, il comprit que les combats n’avaient pas cessé.
Williams arrêta son camion tandis que d’autres explosions retentissaient. Il scruta l’horizon avec une paire de jumelles numériques afin de localiser l’endroit des combats. Grâce aux filtres optiques, il parvint à distinguer l’écho radar d’une explosion de l’autre côté d’un bois touffu, à l’ouest de leur position.
― Il vaut mieux ne pas trainer ici ! déclara l’ancien militaire en démarrant.
― Allez-y, foncez !
Le camion prit de la vitesse pour s’éloigner le plus vite possible des bruits de guerre. La suite de la traversée se déroula comme un film où les acteurs étaient indifférents à tout ce qui les entourait. L’Idaho, avec ses paysages faits de hauts sommets enneigés, de cascades, de vastes lacs et de profonds canyons, n’était qu’une escale dans le long voyage avec le Borah Peak en toile de fond. Sur les chemins étroits qui serpentaient, les canyons, l’Idaho paraissait rendu à la vie sauvage et plus d’une fois leur route fut coupée par des antilopes ou des cerfs qui les regardaient avec de grands yeux effrayés.
Le camion traversa la forêt qui recouvrait près de la moitié de l’état ; une route souvent difficile au milieu des pins et des épicéas qui finit par les mener à la lisière du Nevada. Là, le paysage et le climat changèrent radicalement.
Le désert et la sécheresse régnaient dans ce pays immense qu’était le Nevada. Le soleil était brûlant. L’Etat s’étendait sur la majeure partie du Grand Bassin constitué de hauts plateaux secs. Les villes étaient peu nombreuses et plus espacées en raison du relief. Elles venaient se loger au creux des vallées encaissées. Autrefois très peuplées, ces villes étaient désertées. N’y vivaient encore que des femmes et des vieillards qui n’inquiétaient personne et qui étaient satisfaits d’être oubliés de tous.
Mais on aurait tort de penser que la région était sûre pour autant. Williams savait tout le danger qu’il y avait à suivre la route 93, celle-ci parcourait le désert des Mojaves et menait droit vers Las Vegas où il devait prendre une nouvelle route pour gagner la Californie. S’écarter de la 93 revenait à rallonger son voyage de plusieurs jours. Passer par Las Vegas était donc inévitable et il s’y était préparé. Williams prévint son compagnon de route de rester en éveil alors qu’ils pénétraient dans l’immense étendue désertique des Mojaves.
Le désert était dans sa majeure partie recouvert de plaines rocailleuses, parfois interrompues par des massifs montagneux. Le vent y soufflait fort et régulièrement, et le camion rencontrait parfois sur son passage des séries d’éoliennes installées une centaine d’années plus tôt. Certaines étaient à terre, érodées par le temps, l’hélice tournant à vide, d’autres fonctionnaient toujours et alimentaient en électricité une bourgade de cent cinquante âmes qui vivaient en autarcie.
Deux heures s’écoulèrent sur l’asphalte brûlé quand le camion fut en approche de Las Végas. Ils furent survolés par un drone. L’engin ovoïde se plaça en position stationnaire à trois cent mètres du sol.
― Las Vegas est ceinturée par un rempart, expliqua Williams et on est obligé de passer les contrôles pour avoir le droit d’aller sur le Strip.
― Le Strip ? De quoi parlez-vous ?
― C’est le surnom de Las Vegas Boulevard, un long boulevard qui s’étend du centre-ville vers le sud en direction de Los Angeles. C’est là que se situent les hôtels-casinos les plus grands, les plus récents, les plus excentriques aussi. Mais nous n’aurons pas vraiment l’occasion de faire du tourisme, le Strip est gardé par la mafia locale. La mafia contrôle tout ici.
― Un contrôle de plus sur notre longue route.
― Sauf qu’eux ne se contenteront pas de voir nos papiers, ils prélèvent surtout un droit de passage.
― Je vous ai suffisamment payé pour parer ce genre de problèmes.
― Oui, mais on ne peut se fier à rien dans ce genre de transaction.
Le camion de Williams s’engagea dans une longue file où attendaient depuis des heures des véhicules plus ou moins neufs. Ils étaient nombreux à vouloir émigrer dans la ville qui narguait l’aridité du désert avec ses hauts gratte-ciels et des hôtels-casinos lumineux. Las Vegas avait survécu à la chute des Etats-Unis et respirait la prospérité, de quoi donner des envies aux plus fortunés. Dans l’enceinte de la cité, les membres de la pègre y menaient grande vie.
― Vous voyez, nous sommes passés, s’écria Marchand avec soulagement deux heures plus tard.
― Oui, mais ils ont pris plus cher que l’autre fois ! grogna Williams qui avait perdu les derniers billets verts qu’il avait encore en sa possession.
Le camion s’engagea alors sur l’interstate 15 qui reliait Las Vegas à Los Angeles. Samuel Williams souffla après la tension des derniers jours, il n’était plus qu’à quatre heures de route de sa destination au cœur du désert des Mojaves. Mais ce n’était pas le moment de laisser retomber sa vigilance. La sortie du Strip était toujours encombrée de véhicules et des bandes de pillards tournaient dans la zone pour mettre à sac les voyageurs. Cette fois-ci ne devait pas faire exception, car à peine engagé sur l’I-15, Williams aperçut dans son rétro-viseur un groupe d’une dizaine de motards hirsutes qui fonçaient pleins gaz vers eux en brandissant des fusils.
― Professeur, accrochez-vous ! prévint Williams en écrasant la pédale d’accélération.
― Qu’est-ce qui se passe ? s’inquiéta Marchand.
― Regardez dans le rétro ! Vous savez manier une arme ?
― Vous vous moquez de moi ? s’excita Marchand. Je suis peut-être un scientifique, mais par les temps qui courent, on ne peut pas faire l’économie de savoir tirer…
― Alors, faites-vous plaisir ! lança Williams en sortant une vieille mitraillette qui était cachée derrière son siège.
― Une arme de la milice séparatiste ? s’étonna Marchand. Comment vous avez eu ça ?
― Ce n’est pas le moment de poser des questions, professeur ! cria-t-il en lui tendant la mitraillette. Je ne peux pas tirer et tenir le volant. Sortez-nous de ce guêpier !
Marchand se pencha par la vitre et glissa la pointe de sa mitraillette. Il aperçut les premiers motards qui avaient suivi le train du véhicule, c’était des jeunes dont le corps était à moitié recouvert de tatouages tribaux. Quelques-uns s’étaient même faits greffer des membres cybernétiques.
Marchand n’avait pas menti lorsqu’il avait prétendu savoir manier une arme. En plusieurs rafales, il fit le vide devant lui. Visant les carburateurs aux couleurs flashy, il transforma les premiers motards en torches enflammées. Les autres comprirent vite qu’il fallait éviter le tireur et avec force zigzags, ils parvinrent à se mettre hors de portée de ses rafales. Le scientifique ne désarma pas pour autant et changea d’angle, il envoya encore deux nouveaux motards dans le décor avant d’être à cours de munitions.
Le camion était trop lent par rapport aux motos qui arrivaient bientôt à la hauteur de la vitre de Williams. Avec leur fusil rafistolé, les punks tirèrent pour l’abattre. Sa vitre vola en éclats. La balle le rata mais termina sa course dans le flanc gauche de Marchand.
Williams saisit un vieux Beretta dissimulé dans la boite à gants et fit feu. La balle se logea dans le crâne du motard aux cheveux multicolores. Sa moto fonça droit devant, percutant dans sa lancée une autre. Le gang abandonna alors sa proie dans une odeur écœurante d’essence trafiquée.
― Les gens sont devenus fous, ici ! rugit Marchand, le front baigné de sueur.
La main ensanglantée, il s’appliqua un kit médical qu’il cachait dans sa mallette. L’effet fut instantané, mais cela ne ferait que calmer la douleur. Tant que la balle n’était pas retirée, il continuerait à souffrir.
― Il était temps de s’en rendre compte, professeur, bondit Williams. Ce pays a tout perdu.. Les hommes sont devenus des hyènes avides de sang, se battre pour survivre c’est la seule chose qu’il leur reste.
― J’avais vu des reportages sur la média-sphère, mais c’est pire que je ne le pensais !
― Les infos ne disent que ce qu’elles veulent bien vous dire. Je suis sûr qu’elles n’ont jamais parlé de Kallagan.
― De qui ?
― C’est bien ce que je pensais ! s’exaspéra Williams. Eh bien apprenez, qu’un vétéran de l’armée américaine, un certain Major Kallagan qui sort d’on se sait où, vient de se lancer dans une croisade. Il croit dur comme fer qu’il peut unir le continent.
― C’est une bonne nouvelle, non ?
― Je ne sais pas, c’est trop tôt pour le dire. Le gars parait animé d’un bon sentiment et en plus il aurait les moyens de ses ambitions. Mais je sens quelque chose de pas net derrière, je n’arrive pas encore à définir ce que c’est. Et si c’était pour imposer une énième dictature ?
― C’est le risque, c’est vrai.
Un silence pesant suivit ces dernières paroles et une heure s’écoula sans incident. Le camion quitta l’interstate 15 et se dirigea vers le désert. Il n’y avait plus d’asphalte là où ils se trouvaient, mais le camion roula toujours bien, guidé par la main experte de son conducteur. Au détour d’une longue chaîne de montagnes érodées aux parois orangées, Williams stoppa son camion s’arrêta.
― Nous sommes aux coordonnées que vous m’avez indiqué, annonça l’ancien militaire, incrédule.
Williams fulmina. Des jours de traversée pour se retrouver perdu milieu du désert de Mojaves.
― Le signal vient d’ici, je suis affirmatif.
Marchand était très pâle en prononçant ces mots. Il ne se plaignait pas, mais Williams pouvait lire la souffrance sur son visage. Sa blessure était plus grave qu’il ne l’avait supposé.
― On ne va pas pouvoir rester ici éternellement, vous savez.
― Rebrousser chemin ? s’effraya le scientifique.
― Vous m’avez payé pour que je vous conduise ici, nous y sommes. Si vous y tenez tant, je vous y laisse. A votre place, j’irais dans la ville la plus proche pour rechercher un médecin, vous êtes blanc comme un linge.
― Non, il faut rester. Je vais faire une nouvelle analyse du signal.
Fiévreux, Marchand exécuta une suite d’opération sur le cadran de sa montre-bracelet. Comme en réponse, le sol se mit à vibrer. Le glissement de terrain s’intensifia. Williams s’interrogea et ne comprit pas. Seul Marchand resta imperturbable, paraissant attendre quelque chose. Mais attendre quoi ?
Brusquement, le sol s’enfonça sous le corps du dix tonnes et doucement, il pénètra dans les entrailles de la terre rougeoyante. Bientôt, les vibrations cessèrent. Le camion se retrouva dans les profondeurs d’un hangar souterrain.
― Venez ! l’appela Marchand en descendant du véhicule.
― Si je m’attendais à ça !
Une semaine s’était écoulée depuis leur départ. L’un comme l’autre étaient épuisés. Williams aurait aimé dormir ou se reposer un peu, mais il se doutait bien que ce luxe ne lui serait pas offert avant un bon moment, aussi regardant autour de lui, il s’intrigua de l’absence de comité d’accueil. Son compagnon resta silencieux. Il le suivit à travers un long dédale de couloirs. A sa grande surprise, tout était vide. Il n’y avait pas âme qui vive, pas même de robots ouvriers ; quant à l’ameublement des salles qu’il parcourut, il était plus que sommaire. Tout ressemblait à un vaste entrepôt laissé à l’abandon.
― C’est pas très fréquenté par ici, lanca Williams avec mépris.
― Ce n’est pas normal ! Ils devraient être là.
Les deux hommes parvinrent à un ascenseur. Ils en sortirent quelques étages plus hauts, et le paysage devient très différent. Par de grandes baies vitrées, Williams contempla une cité composée de baraquements au milieu d’une grande vallée. Des vieux véhicules militaires étaient garés ça et là et, à bien y regarder il fut surpris de la vétusté générale de tous ces équipements.
Tout à coup, un éclair lui traversa l’esprit. Il venait de reconnaître cet endroit. En effet, il se souvint l’avoir vu de nombreuses fois en photos : Edwards Air Force Base. Il avait cru cet endroit anéanti lors de la guerre civile américaine.
― Vous aviez raison, professeur, il y avait bien quelque chose ici, mais je crois que nous arrivons trop tard.
― Je ne comprends pas, il y avait ici au moins une centaine d’hommes et je pensais même y voir les derniers membres vivants du Sénat.
― Qu’est-ce qui vous faisait croire ça ?
― Le signal émis par cet ordinateur ! affirma Marchand en fixant un panneau de contrôle dont les voyants clignotaient.
― Quand l’avez-vous capté ?
― Il y a à peu près trois semaines.
― Je pense que cette base est abandonnée depuis bien plus longtemps, à vue de nez au moins un an ou deux. Peut-être même il y a cinq ans lorsque la guerre de Sécession a éclaté.
― Ce signal n’émet pas depuis des années.
Marchand se pencha vers le panneau de contrôle en fonçant des sourcils. Williams l’observa un moment en train d’analyser les données, puis s’éloigna. Pendant que le scientifique tentait de faire parler les ordinateurs, il partit explorer les lieux en quête de matériel de récupération et d’essence à siphonner.
Lorsqu’il revint moins d’une heure plus tard, les bras chargés de bidons remplis pour son camion, il retrouva le professeur inconscient sur le sol.
― Marchand !
Williams le gifla à trois reprises avant que l’homme reprenne connaissance.
― Je ne vais pas tenir le coup, haleta Marchand, mais vous vous pouvez finir la mission.
― De quoi parlez-vous ? Il est peut-être encore temps d’aller chercher un médecin.
― Le dernier bled qu’on a traversé est trop loin d’ici et je n’ai plus de médikit pour me calmer. Ça s’arrête là pour moi. J’ai consulté l’ordinateur et vous aviez raison, la base a été évacuée, il y a presque cinq ans. Heureusement, ils ont laissé le moyen de les rejoindre. J’ai chargé ma montre-bracelet des données, son ordinateur intégré va vous y conduire. Et vous leur donnerez ça.
― Que contient cette valise ?
― Un espoir de faire cesser le chaos, enfin je l’espère
― Et plus précisément ?
― L’ADN de notre présidente.
― Amanda King, vous voulez la cloner ?
— Pas moi, mais les scientifiques qui se trouvent dans la nouvelle base gouvernementale. Ils croient que notre nation a besoin d’un symbole pour les fédérer. King est morte lors de l’attentat des séparatistes sur la maison blanche. Mais sa légende est toujours vivante.
― Je crains de ne pas avoir signé pour ça.
― Je vous en supplie !
Interdit, Williams saisit la mallette et la montre-bracelet. Il fut chassé par Marchand qui voulait mourir seul. L’ancien militaire suivit les indications de la montre-bracelet. Il emprunta un ascenseur qui l’emmena dans les profondeurs du sol. Il déboucha sur d’étroits couloirs creusés à même la roche, des couloirs mal éclairés par quelques torches électriques. Il se retrouva bientôt dans un autre hangar.
Le voile se déchira lorsqu’un fantastique aéronef reposant sur un large plan incliné à quarante-cinq degrés apparut aux yeux émerveillés de Williams. L’avion avait une couleur sombre et il avait la forme d’une large aile delta. Il possédait en réalité une large voilure en double delta, aux extrémités arrondis. Le cockpit s’ouvrit automatiquement à son approche.
Williams s’équipa d’une combinaison anti-g placée sur une porte-manteau et s’assit sur un siège possédant une forte inclinaison. Il admira le tableau de bord avec des écrans à cristaux liquides où l’information se répartit sous forme d’images. Impressionné par une telle débauche de technologie pour un appareil, il ferma les yeux.
Une fois l’avion Delta en place dans la zone de lancement, un dôme immense s’ouvrit. S’ensuivit un long préchauffage avant que les turbines ne se mettent en action. Une fumée âcre et épaisse se répandit sur le sol. Soudain l’appareil s’ébranla et prit son envol.
Un poids inimaginable écrasa à cet instant Williams. Malgré sa combinaison anti-g, il ressentit la pression et ne put s’empêcher de contracter tous ses muscles. L’effort était douloureux et il comprit vite qu’il devait se laisser aller.
La voix de l’Intelligence artificielle qui gérait l’environnement retentit :
― Vol pour la lune programmé.
― La lune ? manqua-t-il de s’étrangler.

FIN

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2 thoughts on “Après la guerre, par Gregory R. Waeytens

  1. Le thème ne fait pas partie de mes préférés (les militaires, la guerre, tout ça…) et on voit que la nouvelle a dû être écrite rapidement (notamment à cause de quelques fautes ou défauts de ponctuation) mais ton texte m’a tenue en haleine jusqu’au bout !

  2. Du post-apo pur jus, avec un soupçon d’humour (jolie chute très amusante). L’ambiance est très bien posée avec l’univers des poids lourds.

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