A mots couverts, par Olivia Piquin

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[24 Heures de la Nouvelle 2015 : Le texte devait intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps.]

Cordelia mit enfin le pied à terre, et prit le temps d’admirer le paysage autour d’elle. Encastré dans la montagne, le hameau s’étendait au fond de la vallée, assoupi, bercé par les vents frais des contrées de l’est. Saisissant la bride de son compagnon, elle le guida sur la route pavée, descendant le long de la voie sous la voûte céleste estompée par les nuages. Un jeune garde lisait devant les portes de bois du village, le nez plongé dans le journal, ses doigts noircis par l’encre. Il redressa la tête en entendant le battement des sabots sur la pierre, attrapa sa lampe à huile et demanda à l’arrivante d’abaisser son capuchon. Elle s’exécuta en silence.

Sans lui poser la moindre question, il opina du chef et lui indiqua l’auberge locale d’un mouvement pataud. Habituée à devoir montrer patte blanche partout en ces temps de suspicion, elle afficha une expression de surprise avant de le remercier d’un signe des mains. Peu concerné, il replongea de plus belle dans sa lecture. Cordelia tenta de lire furtivement le gros titre lorsqu’elle le dépassa, mais sans succès. En pénétrant dans l’enceinte de la petite ville, elle observa quelques instants les constructions : traditionnelles, anciennes et robustes, semblables à celles de mille autres lieux à travers le pays.

Une fois le cheval mis à l’écurie moyennant quelques pièces, elle entra dans l’auberge et demanda une chambre ainsi qu’un dîner, avec ses manières atypiques. La nourriture se révéla comestible, guère plus. Quant à la mansarde qui lui servit de chambre pour la nuit, elle consistait en un lit, une lampe à pétrole, une table et une petite bibliothèque garnie de vieux romans aux pages jaunies. Ils sentaient si bon. Elle en feuilleta un avant de se coucher, lisant avec plaisir quelques passages d’une histoire qui causa quelques réminiscences au sein de sa mémoire. Prise dans le récit, elle continua d’explorer l’ouvrage jusqu’à ce que le sommeil ne l’emporte ailleurs.

Le lendemain, elle quitta le hameau aussi discrètement qu’elle y était entrée, tout comme dans les huit lieux précédents où elle avait fait halte. Celui-ci était le dernier de son voyage. Une rapide consultation de sa carte lui permit de confirmer qu’elle était près, tout près de son but. Cependant, les lieux se révélèrent bien vite difficiles d’accès une fois sur place : après que plusieurs crues aient entraîné la destruction du seul pont du coin, le cours d’eau était jonché de troncs d’arbres, de débris et de rochers. Elle ignorait où se trouvait le passage suivant, s’il y en avait un, et il était impossible de franchir un tel cours d’eau. Cordelia se frotta les tempes, et soupira longuement.

Sortant de son sac sa flûte de roseau, sa quena, elle ferma les yeux et se mit à jouer un air appris auprès de feu son père, et les eaux s’arrêtèrent, laissant un chemin de vase jusqu’à l’autre rive. Elle commença à marcher dans le lit de la rivière, son cheval derrière elle. D’abord réticent, l’animal se laissa ensuite guider, sous l’œil de truites qui attendaient que les flots se rejoignent. Une fois sa traversée achevée, elle secoua ses bottes afin de les débarrasser de la boue, et porta de nouveau son instrument à ses lèvres. La même mélodie en sortit, avec quelques variations sur la fin et aussitôt, les eaux se réunirent, laissant ses habitants libres de descendre comme de remonter le cours de la rivière. Il ne lui restait plus qu’à suivre l’ancien sentier.

Au fil des décennies, un sous-bois avait émergé de la terre, masquant l’accès vers le temple, autrefois lieu de vie, de pèlerinage et de repos. Toutefois, elle pouvait encore distinguer d’anciennes traces de passage qui serpentaient entre les jeunes arbres déjà touffus. Le vent charriait les odeurs chargées d’humidité de la forêt, des senteurs multiples et familières qui lui procuraient une quiétude bienvenue. À cause des nombreuses racines présentes sur le sol, son cheval éprouva de nombreuses difficultés à la suivre, et la ralentit considérablement. Avec patience et gentillesse, elle le guida parmi la végétation jusqu’à ce qu’elle aperçoive enfin la silhouette du temple.

Défraîchi par le passage des âges, envahi par la verdure et inhabité depuis fort longtemps, il tenait néanmoins toujours debout, quoiqu’à grand-peine. En s’effondrant, une partie du toit et des murs avaient enfoui sous eux la bibliothèque ainsi qu’une partie des dortoirs. Ce n’était pas si grave car la cour intérieure, la seule chose qui importait, demeurait intacte. En son centre, l’arbre autrefois planté par les prêtresses en l’honneur de la naissance de Cordelia se dressait fièrement. Un bel acacia presque centenaire, dont les fleurs pâles exhalaient des senteurs suaves. Il l’attendait ici, ce trésor enfoui par ses protectrices durant sa prime jeunesse, alors qu’elle ignorait encore tout de ses ascendants.

De nouveau armée de sa flûte, elle se lança cette fois-ci dans une musique aux mouvements longs, délicats et enjôleurs comme une berceuse. Le son de ses notes se répandit dans l’air, virevoltant tout autour de l’arbre, imprégnant écorce, feuilles et efflorescences, imposant le silence aux oiseaux perchés sur les branches. Au tout début, il ne se passa rien. Puis, lentement, les racines se mirent à onduler, à se mouvoir, à plonger dans la terre, pour en extraire un petit coffret fait de cuivre des montagnes. Cordelia acheva son morceau et prit le réceptacle. Entre ses mains, il s’ouvrit spontanément, révélant un simple ruban orné d’un cristal aux teintes sombres.

Elle s’en saisit avec soin, et laissa le tissu tiède couler entre ses doigts avant de toucher la pierre. Chaude, elle aussi. Perplexe, elle examina l’objet sous toutes les coutures sans pour autant réussir à déterminer ce qu’elle devait en faire, ni ce qu’elle pouvait en faire. Elle se remémora les mots de sa mère, son phrasé mystérieux, sibyllin, secret. Après un tel périple, tant de recherches et d’interrogations, peut-être lui fallait-il prendre ces quelques paroles au sens littéral. Entre les racines de ton arbre-jumeau, tu trouveras le colifichet qui scellera ta gorge et alors, tu obtiendras enfin ce que tu désires le plus. Écartant ses cheveux noirs, elle noua l’étoffe autour de son cou.

Aussitôt, elle sentit une métamorphose s’opérer au sein de son corps, comme si celui-ci venait enfin à la vie après une éprouvante et interminable gestation. Elle prit une longue, très longue inspiration, et chuchota quelques mots qui se perdirent dans le bruissement des feuilles et le sifflement des courants de l’air à travers les ruines du temple. Enfin. Elle se leva, triomphante, et exulta, en poussant son tout premier cri, dont le son aurait horrifié n’importe quel être humain. Débordante de joie, elle sauta, dansa et agita frénétiquement les bras en l’air. Cordelia tenta ensuite de prononcer quelques phrases simples, des expressions de tous les jours, ce qui s’avéra plutôt ardu. Muette depuis la naissance, tout ce qui vibrait dans sa gorge jusque dans sa poitrine lui paraissait saugrenu, inouï, presque contre-nature.

Tandis que sa joie devenait plus diffuse, elle réalisa que le crépuscule s’achevait et surtout, que son cheval s’était enfui. En vérité, ce n’était pas tout à fait le cas : la corde, tranchée net, gisait sur le sol. La femme examina les lieux, mais ne parvint pas à voir grand-chose dans ces lieux nimbés d’obscurité, sans autre source de lumière que la lune naissante. Elle demeura immobile quelques minutes, guettant le plus petit mouvement dans les arbres, le moindre bruit, le plus infime signe d’une présence dans les environs.

Soudain, elle aperçut une grande silhouette qui passait entre deux arbres. Un être au crâne longiforme surmonté de cornes, aux cheveux de lierre et dont la démarche singulière trahissait les sabots terminant ses jambes. Immobile, Cordelia l’étudia. Un faune ? Cela y ressemblait. La créature tourna la tête vers elle et, porté par un souffle d’air, ce qu’elle dit vint se déposer dans le creux de son oreille. Ceci est notre forêt. Ces ruines sont les nôtres. Partez. Elle obtempéra d’un large signe de tête et repartit dans le sous-bois. Désormais seule, elle progressa rapidement entre les arbres épars.

Durant sa traversée, elle entonna une ballade pour se rasséréner, la voix pleine de tressaillements. Et pourtant… Pourtant, elle chantait avec une certaine justesse et, à sa grande surprise, les arbres se révélèrent réceptifs à ses fredonnements : les racines se cachèrent sous la terre, les branches s’écartèrent et les ronces elles-mêmes parurent se rétracter. Revenue à la rivière, elle sortit de nouveau sa flûte, puis se ravisa. Au lieu de souffler dans le roseau, elle sifflota l’air dont elle s’était précédemment servi. Si les premières notes furent davantage éructées que sifflées, elle finit par produire l’harmonie nécessaire à l’accomplissement de sa magie. Et de nouveau, la vase recouvrit ses bottes.

Hélas, elle eut beau regarder partout, descendre et remonter le long du cours d’eau, nulle trace de son cheval, dont elle avait espéré qu’il reviendrait s’abreuver. Peut-être s’était-il enfoncé plus profondément dans la forêt au lieu d’en sortir. Elle l’ignorait. Dans tous les cas, il lui fallait effectuer le chemin du retour par ses propres moyens et ses jambes la portèrent jusqu’au hameau alors que l’aube se levait, jusqu’à ce qu’elle manque de tomber, prise de tremblements et en proie à une immense fatigue. Le même garde se trouvait encore devant les portes, un nouveau journal dans les mains, dont le gros titre demandait « Une guerre est-elle inévitable ? ». En se rapprochant de lui avec labeur, elle le contraignit à poser ses yeux sur elle. Il la considéra d’un air las et la salua avec nonchalance.

— Bon… Bonjour, articula-t-elle avec pénibilité. J’ai, j’ai… Besoin d’un… D’un…

— Oui ? Dites c’qu’il vous faut ma p’tite dame, on va pas y passer la journée.

— Chev… Cheval.

— Vous avez b’soin d’un ch’val, c’est ça ? Mais… Z’en aviez un quand vous êtes passée avant-hier soir. Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

— Enfui… expliqua-t-elle avec hésitation.

— Ah ça, faut bien les attacher ces bestioles sinon… Bon, rentrez dans la ville et allez voir le responsable des écuries. J’espère pour vous que vous avez d’quoi payer, c’est pas donné un canasson dans l’coin.

Cordelia lui répondit d’un hochement de tête, et il la laissa accéder de nouveau au village, avant de revenir à son article en grommelant. Néanmoins, il remarqua qu’autour de la vieille barricade en bois, les mauvaises herbes semblaient un peu plus nombreuses. Il haussa les épaules, et replongea la tête la première dans les pages de son quotidien.

Occupé à changer une selle, le maître des écuries la fit patienter plusieurs dizaines de minutes avant de lui demander ce qu’elle souhaitait, ce qui lui permit d’observer les allées et venues des autochtones vers les cultures et la mine. Au moment même où Cordelia formula sa requête, les animaux s’affolèrent. L’homme accourut vers eux pour les calmer et cela fonctionna au début. Cependant, dès que Cordelia effectuait un pas vers eux ou leur propriétaires, les équidés reculaient tout en hennissant de panique à un point tel qu’il finit par la chasser.

— Partez, je crois que ça vaudra mieux. J’vous conseillerais bien de prendre une diligence mais… Enfin, vous voyez… En suivant la route vers le nord vous trouverez une ville dans laquelle il y a une gare. C’est à une demi-journée de marche. Moi je n’peux pas vous aider. Je n’sais pas pourquoi, mais vous terrorisez mes chevaux, alors j’vois pas comment j’pourrais vous en vendre un seul.

Cordelia manifesta sa compréhension et partit, la tête baissée, tandis que jaillissaient des herbes de la terre. Non pas de jeunes pousses mais des plantes déjà solides et matures. L’eau pour les bêtes s’agita également toute seule et finit même par déborder. L’homme aux chevaux contempla ce phénomène et, lorsqu’il voulut retrouver l’inconnue des yeux, il n’y parvint pas. Il se gratta la nuque et essaya de réfléchir à tout cela, confus.

Elle acheta un peu de nourriture pour le voyage à un marchand du coin, en s’exprimant par signes de peur de déclencher une autre bizarrerie. Après avoir pris un peu de repos près d’une fontaine, elle franchit de nouveau les portes de la petite ville, dans l’espoir de ne jamais y revenir. Alors qu’elle empruntait la route vers le nord, elle porta ses doigts à son cou et ne sentit plus le ruban trouvé dans les ruines du temple, ni le cristal. Affolée, elle tenta de parler de nouveau, et constata avec soulagement que sa voix ne l’avait pas quittée.

— Au moins, il me reste ça… murmura-t-elle.

Tout autour d’elle, la végétation réagit très rapidement en devenant plus abondante, foisonnante, comme prête à éclore au son de sa voix. Cordelia s’éloigna de la voie, prit sa flûte de roseau dans ses mains, s’assit dans les herbes hautes, et l’observa pensivement. Cet instrument l’accompagnait depuis toujours et, en l’absence de parole, il représentait le vecteur de sa créativité, de son esprit, de sa sensibilité. Il était autrefois sa voix mais à présent, en avait-elle encore besoin ? En l’absence de certitude, elle rangea soigneusement l’objet, et se drapa dans ses pensées. Camouflée au sein de la végétation, ses genoux contre sa poitrine, elle ferma les yeux et recommença à chanter.

D’abord chevrotante et timorée, sa mélopée gagna petit à petit en force. Harmonieuse, profonde et enveloppante, sa chanson devint si puissante qu’elle-même en vint à douter que cette voix fût la sienne. En accord avec le rythme de son incantation, de l’herbe émergea de la terre en même temps que des fleurs, des ronces et même un arbrisseau tandis que de fines perles de pluie tombaient du ciel. Lors de leur croissance fulgurante, les végétaux accrochèrent ses vêtements, se coincèrent dans ses cheveux, écorchèrent sa peau, sans se soucier de sa présence.

Tant bien que mal, elle se releva, retira chaque feuille, épine ou pétale sur ses habits, et contempla son « œuvre », si l’on pouvait appeler cela ainsi. Une explosion de vie sur toute la colline, spontanée et anarchique. Jamais, au grand jamais elle n’était parvenue à de tels résultats avec sa flûte, dont elle possédait pourtant une parfaite maîtrise : tout au plus pouvait-elle aider les paysans à fertiliser leurs sols et à préserver leurs culture durant les chaudes journées d’été. Levant les yeux vers le ciel, elle adressa une longue prière de remerciement à sa mère, une divinité mineure de la terre des traditions anciennes ainsi qu’à feu son père, un ondin des royaumes de l’ouest.

Après que ses larmes de joie eurent séché, Cordelia s’éloigna progressivement de la vallée et rejoignit le chemin vers la cité du nord le cœur léger, loin de ses errements passés. Née sans voix, elle acceptait désormais le fait que jamais elle ne pourrait jouir d’un usage normal de la parole, contrairement aux vains espoirs de jadis. Néanmoins, il lui restait l’opportunité d’utiliser ses dons dans un objectif plus altruiste afin peut-être de conjurer pénuries, misère et famines dans cette nation que finalement, elle n’avait jamais pris le temps de connaître, trop accaparée par sa quête de l’impossible pour donner un réel sens à sa vie.

FIN

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6 thoughts on “A mots couverts, par Olivia Piquin

  1. C’est vraiment un joli texte, léger et délicat. J’aime bien l’univers un peu indéfinissable que tu ébauches, ou magie, tradition et technologies se mêlent (À certains moments, on pourrait se croire dans un monde médiéval, mais dès le début, de petits détails comme le journal imprimé, la lampe à pétrole ou la mention du train indiquent clairement qu’on est plutôt au XIXème siècle.) Il y a parfois de petits problèmes de style (je ne peux pas tout détailler, mais par exemple, un au hasard, cette phrase un peu confuse : « La femme examina les lieux, mais ne parvint pas à voir grand-chose dans ces lieux nimbés d’obscurité » deux fois « lieux » dans la même ligne, et « la femme » pour parler de Cordelia me semble un peu abrupt, d’autant qu’en lisant, je me la représente plutôt comme une adolescente.) mais ça ressemble plus à un manque de relecture, d’autant que l’ensemble est bien écrit.
    À un moment, quand Cordelia a commencé à chanter et à laisser pousser la végétation autour d’elle, j’ai cru qu’elle allait mourir là; que, lasse de découvrir qu’elle ne pourrait jamais faire un usage normal de sa voix, elle allait se laisser dévorer par les plantes qu’elle faisait elle-même pousser, et se fondre dans la nature dont elle semblait déjà très proche. Je m’attendais à ce que ça finisse comme ça, mais ta vraie fin est plus mature, ce qui n’est jamais une mauvaise chose.

    P.s. Sans ton mail, je n’aurais jamais trouvé ta nouvelle. Je ne connaissais pas ton nom de plume, et j’avoue que sur 80 textes, comme je ne peux pas tout lire et que je commente très peu (à mon grand déshonneur parce que j’ai beaucoup de temps libre), je me dirige plus naturellement vers les noms que je connais. Mon conseil, si tu veux plus de retours sur ton travail, c’est avant tout de lire et commenter celui des autres. Tout le monde aime recevoir des commentaires, mais en écrire est parfois long et fastidieux, et les gens privilégieront naturellement les textes de leurs connaissances, les textes dont ils ont entendu parler, ou encore les textes de ceux dont ils ont déjà reçu un retour… Du coup, si tu ne te manifestes pas, il y a de fortes chances pour que tu passes inaperçue. = )

    Enfin, en dehors de ça, j’ai sincèrement apprécié ta nouvelle. C’était une jolie découverte. = )

    • Merci pour le commentaire.
      Concernant tes remarques sur le style, je suis d’accord : même si j’ai fait la chasse aux coquilles et aux répétitions, j’ai beaucoup fatigué sur la fin d’où des passages grandement perfectibles. Une correction à tête reposé s’impose.
      Concernant l’âge de Cordelia, j’ai volontairement laissé cet élément flou et si tu me dis que la nommer « la femme » t’a gênée, je vais aussi réfléchir à un moyen de changer ça. Bref, je prends note de tes remarques et je te remercie encore.

      • En fait, autant que la question de l’âge, c’est la question de la distance au personnage qui gêne dans l’expression « la femme ». En lisant, il m’a semblé que tu étais, en temps que narratrice, assez bienveillante, et assez proche de ton personnage principal. Or, tout d’un coup, il y a cette formulation un brin aride, qui instaure une distance un peu sèche. Ça surprend. Je me suis même rapidement demandée si c’était bien toujours de Cordelia dont on parlait… = ) Si tu tiens à garder un mystère sur l’âge, je te conseille de chercher une formulation plus douce, qui se rapporte peut être davantage à son statut ou à ses talents (la musicienne ?)

        • Effectivement, je pense opter pour des termes plus neutres tels que « la voyageuse » ou « la musicienne » comme tu me l’as suggéré.

  2. Une histoire pleine de poésie, un univers effleuré mais qui paraît riche. La voix de l’auteur est aussi féconde en images que celle de son personnage en tout cas 😉

  3. J’aime beaucoup le travail sur l’ambiance et la nature (cela tombe bien vu la chute de la nouvelle qui est très bien servie par tes descriptions).
    Je vois les commentaires sur l’âge de Cordelia. J’ai imaginé une jeune femme d’une vingtaine d’années durant ma lecture, jusqu’à la fin où son âge ne paraît plus important. Mais je trouve cela intéressant que ce soit flou (vu la nature de son être, déjà, et parce qu’il ne faut pas forcément être ado pour avoir un voyage initiatique).

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