Rencontres orageuses, par Alexis Lauriet

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[24 Heures de la Nouvelle 2013. Les auteurs devaient placer au moins 5 titres de chansons du même artiste à travers le texte.]

 

Quand il le vit la première fois, il ne pensa tout d’abord ne pas le voir une seconde fois, ni avoir ce choc violent que l’on a quand on se prend la foudre en pleine figure. Bien sûr, il ne s’était jamais pris d’éclair, et de toute façon si cela s’était produit, il serait mort à ce jour.

Pourtant, il n’avait aucune raison de se prendre un coup de tonnerre comme ça, parce que l’homme en face de lui, n’était ni beau, ni à l’allure sympathique. Il buvait un café en râlant tout seul après les dernières nouvelles. Habillé comme lorsqu’on ne sort pas de chez soi, un jogging, une chemise mal boutonné, il était là dans l’insouciance du regard des autres, un peu comme s’il vivait dans son monde.

Quand Tom le vit au moment où il rentra dans ce café, pourtant habituel à ses yeux, il se demanda ce qui lui arrivait. Peut-être parce que d’un coup, sans connaître ce type aux cheveux bruns et à la barbe mal rasé de trois jours, il n’avait qu’une envie, l’approcher et discuter avec lui.

C’était peut-être parce que l’homme à sa façon d’être donnait l’impression d’être chez lui… Oui, peut-être que c’était cela.

Mais non.

Ce jour là, au café du Minuit Bleu, l’amour poussa comme le vent souffle dans les arbres. Cette métaphore et sa niaiserie montrent d’ailleurs bien, la véritable apparence de ce sentiment qui pourrait rendre doux comme un agneau, n’importe quel chat sauvage.

Tom, car tel était le nom que l’on donnait à cette personne au coup de foudre violent, se décida finalement pour aller s’asseoir au comptoir du café, là où il allait à chaque fois, et demanda poliment, un chocolat chaud, préférant éviter les substances pleines de caféine, surtout la nuit.

Car voilà la particularité de ce café : Il n’ouvrait qu’à partir de minuit, et ce jusqu’à six heures du matin. C’était le paradis des insomniaques et des gens bizarres, ce pourquoi cet étrange homme à l’allure déglingué ne paraissait pas sortir du décor, finalement.

C’était un endroit un peu merveilleux, où les conversations fusaient de nulle part, avec des sujets venant de toute façon du néant, ou de gens trop fatigués pour parler correctement.

Tom aimait y aller pour ça, quand, lors de l’écriture de son roman, il avait besoin d’une pause, il venait s’asseoir à une chaise et observait tout ce monde nocturne, pour s’amuser un peu.

Mais cette fois, il y avait ce type, qui le dérangeait totalement. Alors il ne resta pas longtemps, préférant sortir dehors, rentrer chez lui, ça irait mieux.

La deuxième fois qu’il le rencontra, il cru que c’était le destin qui s’ouvrait à lui. Ce fut lors d’une danse de l’eau, que l’on appelait la pluie, mouillant sans cesse les passants et ceux qui allaient sous les nuages. C’était lorsqu’il avait oublié son parapluie. Habillé tout de jaune, annonçant le soleil, il s’était tout de même décidé à aller acheter du pain, parce qu’il adorait ça. D’accord, cette raison était stupide, mais tant pis, il voulait du pain, et il l’aurait. Et puis la boulangerie n’était pas loin, alors tant qu’à faire !

Puis, Tom tomba dessus. À nouveau comme un éclair qui survenait, éclairant ce mec venant de nulle part comme s’il était un ange tombé du ciel, trempé certes, mais angélique quand même…

— Pousse toi de là le feu-follet, j’ai des affaires qui m’attendent.

À ce moment, il eut envie de le frapper. Peut-être parce que cet inconnu qu’il aimait déjà venait de parler méchamment, et qu’aussi il n’aimait pas les gens comme lui.

Tom eut même envie de se frapper lui-même, de ne pas lui répondre ou de le rejeter.

— Je ne suis pas un feu-follet.

Ah si, tout de même il avait répondu, pas un truc très intelligent, certes, mais c’était déjà pas mal au final. L’homme brun aux yeux bleus scintillants le contempla de bas en haut et haut en bas, puis d’un air méprisant lui répondit :

— Vu tes couleurs, on dirait. Tu prends toute la place sur le trottoir, t’es lourd. Pousse-toi.

— Je vous ai vu, au café, avant-hier.

Tom se demanda pourquoi il venait de dire ça, c’était stupide. D’autant plus que cet amour qui l’envahissait l’ennuyait, et l’encombrait. Il n’était pas un homo, il avait déjà une fiancée et lui vouait corps et âme en cadeau et promesses de futur mariage.

En plus, pire encore, il ne connaissait pas ce sale type qui parlait comme une merde et n’avait vraiment pas envie de savoir qui il était d’ailleurs.

Mais tant pis, le mal était dit.

— Et ? Voilà maintenant tu m’as revu, c’est fini.

— Pourquoi vous vous habillez n’importe comment ?

— Est-ce qu’on a élevé les poules ensemble ? A ce que je sache, non, alors t’as pas à savoir ça.

À ce moment là, celui qui n’avait toujours pas de nom aux yeux de Tom, se mit à s’avancer, bouscula le blond qui restait planté là en lui affligeant une remarque ridicule, mais très intelligente en comparaison avec le reste de ce qu’il avait dit :

— Retourne danser à ton Samain et m’ennuie pas avec tes conneries.

Et c’est ainsi que la deuxième rencontre se termina, sous la pluie, avec un Tom un peu déçu, et à la fois embrouillé.

La troisième vint à tarder, car le blond était tout perdu. Il avait en tête des envies de meurtre, et surtout se demandais comment on pouvait aimer un type pareil. Pourtant tout était là. L’envie de le voir, l’envie de savoir, le manque, et quand il allait chez sa fiancée il pensait à quelqu’un d’autre dont il ne connaissait même pas le nom.

Atteint par le virus d’Aphrodite et la flèche d’Eros, il ne pouvait plus reculer. Un jour quelqu’un le lui avait dit pourtant, tu ne sais pas de qui tu vas tomber amoureux. Et bien, si, de sa fiancée. Il l’aimait de tout son cœur.

Pourtant ce type lui faisait de l’effet alors que c’était un pur inconnu. Du gros n’importe quoi. D’autant plus que même s’il ne cessait de se le répéter encore et encore, il devait se le dire une nouvelle fois : Tom n’était pas gay, point final. D’accord, le mariage gay il voulait bien, l’adoption aussi, ces détails ne le dérangeaient pas….Mais pour le reste, non.

La troisième rencontre se déroula plus vite que prévue finalement. Parce que forcément, comme le destin était contre Tom, il fallu que cet inconnu, non seulement se nomme François, mais en plus soit le frère d’une de ses amies.

Mais pourquoi celle-ci ne lui avait jamais dit qu’elle avait un frère, bon sang de bon soir ? Bon, c’était déjà pas mal, dorénavant il pouvait nommer ce sale mec au caractère aussi moche que sa façon de s’habiller. C’était un peu puéril comme façon de penser, mais Tom s’en moquait pas mal, là tout ce qui l’importait, c’est que sa vie ressemblait de plus en plus à un mauvais film d’amour, et qu’il n’aimait pas ça du tout.

Il ne fallait pas que ça évolue. Ses sentiments devaient s’effacer, il devait rester juste avec sa fiancée. C’est ça, c’était nettement mieux !

Mais forcément, tout allait dans le mauvais sens, et ce type s’appelait François parce qu’il était le frère de cette amie auquel le blond tenait tant.

Ce fut donc lors d’un repas que les deux hommes se rencontrèrent.

— Tom, je te présente François, mon frère… François, Tom, Tom, François.

— Ce type est ton frère ?

Bien évidemment, la remarque de l’écrivain avait laissé un grand froid durant le début de cette rencontre inopportune, mais qu’importe, il n’avait pas pu ravaler ses mots, c’était trop tard, et en même temps la rencontre était trop choquante pour qu’il puisse ne pas la faire.

— Euh, vous vous connaissez ?

— Oui, ce type est un feu-follet insomniaque.

— Je suis pas un feu-follet, et je suis pas insomniaque, juste écrivain !

Tom entendit alors son amie se mettre à rire. Il fallait dire que la remarque de son frère était assez amusante, même si par la suite, le blond appris que c’était ce qu’il sortait toujours aux gens quand ils les voyaient.

— Bon, et si nous allions manger ?

Forcément, il fut à table, et commença à discuter avec le type dont il était amoureux par erreur. C’est ça oui, une erreur, une pure aberration. Dieu avait dû fumer quand il avait osé jouer avec sa magie de l’amour…..Enfin Tom ne savait pas bien comment ça marchait entre dieu et l’amour alors c’était très étrange comme façon de pensée.

Il apprit alors que François était au chômage, mais cherchait désespérément du travail dans le journalisme, et que c’était difficile parce que sa plume était souvent acerbe et trop franche et que ça déplaisait bien souvent.

Tom au départ reconnu mentalement que ça ne l’étonnait pas, puis enfin, il se dit que ce type écrivait aussi, ce qui en un sens était un bon point.

— Moi je suis écrivain.

— Oui j’avais cru comprendre.

Le blond ignora la remarque et continua dans sa lancée :

— J’ai écrit un premier tome d’une saga appelé « Enfants de la musique » et maintenant j’en suis à l’écriture du tome deux.

— Tant mieux pour toi.

Tom eut envie d’écraser le pied de cet odieux personnage, mais n’en fit rien, et laissa son amie arranger les choses. Le repas au final, se passa plutôt calmement, les deux hommes arrivant même à trouver un terrain d’entente sur l’écriture et la lecture.

Ce fut François qui rentra chez lui, Tom restant un peu encore pour profiter de la nuit avec son amie. Déjà adolescents, ils adoraient tous les deux se faire des soirées nuit blanches où ils pouvaient tout se dire.

— Tu sais, mon frère n’est pas si froid, c’est juste qu’il est timide.

— Mouais.

— Non, je te jure. Bon d’accord, sa passion dans la vie, je crois, c’est rembarrer les gens, mais c’est parce qu’il se méfie tu comprends ?

— Se méfier de quoi, je suis ton ami depuis qu’on a 14 ans, ça fait dix ans que ça dure !

— Je sais, mais il a vécu des mauvaises expériences, du coup ça l’a un peu changé.

— C’est pour ça qu’il s’habille comme s’il ne savait pas s’habiller ?

— Entre autre, mais ça c’est aussi par paresse et parce qu’il se moque de ce que les autres peuvent penser.

— Merci, j’avais bien remarqué sans que tu me le dises.

— Tu ne l’aimes pas ?

— …Pas trop.

Tom mentait, il le savait, mais il préférait faire comme si en fait il…

— Tu mens.

— …Je ne voulais pas que tu le vois, mais je ne pourrais jamais te le cacher, de toute façon.

— Non en effet, alors tu l’aimes bien ?

— Non, je l’aime trop

— Comment ça ?

Alors le blond se mit à expliquer toute l’histoire à son amie, qui attentive, fini par exploser de rire à la fin. Forcément, en soi c’était drôle, stupide, et aussi trop ironique.

— T’as vraiment pas de chance. Tu vas faire comment pour…

— Rien du tout, je reste avec elle. Ton frère ne m’intéresse pas !

— Ben si t’es tombé amoureux de lui, ça m’étonnerait.

— Je vais tout faire pour oublier ce fait.

— Mouais. J’en doute, je te connais. A tous les coups il va rester dans ta tête. Et puis la fille avec qui t’es, elle n’est pas géniale, tu sais. Mon frère il est plus bien.

— Je rêve ou non seulement tu parles comme une gamine, mais en plus, tu tentes de me caser avec ton frère ?

— Ben pourquoi pas, je te vois pas comme mon beau frère…

— N’importe quoi.

— Roooh, t’as pas d’humour !

Ce fut ainsi que se termina la troisième rencontre.

La quatrième fut la plus mouvementé et celle qui prononça l’élément déclencheur de cette rencontre orageuse.

On peut même dire que ce fut un beau bazar.

Tout avait commencé lorsque Tom entra dans le café Minuit Bleu, pour se reposer un peu les méninges après une longue nuit d’écriture, il était quelque chose comme quatre heures du matin, et il devait avouer que le passage qu’il venait de pondre n’était pas des plus joyeux, même pire, il avait tué un personnage qu’il aimait beaucoup. Bien sûr quand il avait fait le plan, il avait prévu de l’éradiquer du livre, mais de faire ce passage lui avait retourné le ventre comme chaque fois.
L’empathie, c’était quelque chose qu’on héritait forcément. Et sa mère ressentait vraiment les sentiments des autres avec facilité, et avait sûrement donné ce don à son fils tout blond.

Bref, toujours est-il que quand Tom entra dans le café cette nuit là, il n’avait vraiment pas prévu croiser encore ce type qu’était François. Cela faisait une semaine depuis le diner, et il sentait que le destin se foutait de sa poire et tenait vraiment à les mettre ensemble. Soit celui qui dirigeait toutes les histoires des hommes adorait les couples gays, soit il n’avait que ça à faire que de le retourner dans ses sentiments.

Bon, en même temps c’était pas très malin de retourner dans un café où ils s’étaient déjà rencontrés une première fois, mais Tom ne pensait pas que François ne dormirait pas à quatre heures du matin, ce sale type désagréable !

Tom alla se mettre le plus loin possible de lui, et commanda son éternel chocolat chaud.
Mais comme si l’autre voulait aussi embrouiller son cœur et son esprit, il vint à s’asseoir à côté de lui, commandant au passage un verre de vodka. Quand le blond se tourna vers le brun, il constata que celui-ci semblait bien beurré, et compris son geste

— Quoi ?

— C’est vrai que vu de près t’es pas mal…

— Je n’écouterais pas les élucubrations d’un ivrogne.

— T’es sûr ? Qui a dit que j’étais saoul ?

Le sourire qu’affichait François démontrait clairement qu’il avait bu, et il y avait aussi l’odeur. Pourtant, l’écrivain sentit son cœur battre un peu plus fort, le tonnerre grondant au fond de son ventre, et l’envie, cette envie puissante de le prendre contre lui, et de lui serrer sa main.

Mais il se retenait, même si tous les pores de sa peau hurlaient pour qu’il le fasse. D’autant plus, que de si près, il pouvait contempler cet homme qu’il aimait. Si beau. Bon peut-être avec quelques défauts, un œil qui pars en live, et un nez un peu biscornu, mais ça c’était des détails, Tom s’en foutait. Le reste était juste parfait à ses yeux.

— Ca se sent. Bon je dois y aller.

— Tu dois y aller, alors que t’as même pas fini ton chocolat ?

Observateur pour un mec bourré.

— Oui, exactement.

— Tu ne veux pas plutôt me fuir ?

— Si, c’est bien, tu l’as deviné.

— Et pourquoi tu me fuis, parce que je n’arrête pas de te traiter mal ?

— C’est bien, tu comprends tout. C’est vrai, tu n’es peut-être pas aussi bourré que ça.

— N’est-ce pas ! Nan sérieux, mec, je suis désolé pour ce que j’ai dit, c’est juste que tu vois en ce moment ça va pas fort !

— C’est pour ça que tu bois à quatre heures du matin ?

— Voilààà t’as tout compris !

— Je vois, bon, salut.

Tom commença à descendre de sa chaise pour partir, mais la main de François retint son bras, provoquant une réaction semblable à celle de l’électricité statique dans tout le corps du blond, qui décidemment ne pourrait jamais ô grand jamais fuir ses sentiments. Pourtant, il le devait.

– Attends…Je viens avec toi.

Et quand le brun tenta de s’enlever de sa chaise, il manqua de tomber, alors l’auteur le rattrapa au plus vite. Se doutant qu’il ne pourrait pas rentrer chez lui dans cet état là, il soupira, paya le verre du plus grand – François – et le traina jusqu’à la sortie, en le portant bien que mal. Ce n’était pas que Tom n’avait pas de force, mais c’est que l’autre posait tout son poids sur lui, donc c’était difficile.

— T’habites où ?

— 24 rue des plantes vertes….

C’était pas si loin de chez lui, donc le blond l’emmena jusque là et s’aperçu que c’était un appartement :

— Quelle porte ?

— Troisième étage, tout à gauche… Les clés dans ma poche.

François était tout à fait docile, ce qui signifiait bien qu’il avait compris que de toute façon il n’aurait pas d’autre moyen de faire qu’en se basant sur ce blond qui avait accepté de le ramener jusque chez lui. Tom le porta donc jusqu’à son lit et le posa délicatement :

— Bon voilà t’es chez toi, maintenant salut

Il ne souhaitait vraiment pas rester plus longtemps.

— Pourquoi tu me fuis ?

— Pour rien.

— Menteur. Tu me fuis, tu l’as même dit toi même. Moi je t’aime bien tu sais.

— Tu parles…

— Mais si, en plus, je t’ai pas dit mais je les ai lu tes livres ! Enfin ton livre….Ouais c’est ça t’en as écrit qu’un. Il était cool. Tu sais, si je réagis comme ça c’est parce que je n’aime pas les gens d’habitude, et que je suis timide…

— Je sais ta sœur m’a raconté.

— Ca m’étonne même pas tiens…. Non mais en vrai…. Je t’aime vraiment bien tu sais.

— Oui et moi, je t’aime tout court.

Parfois Tom avait envie de couper sa langue, ou de la tourner sept fois avant de parler. Elle se laissait trop de liberté et avouait bien trop les vérités.

François se redressa, lentement, regarda Tom fixement dans les yeux. Sans se décrocher du regard, les deux hommes restaient là sans bouger. L’un craignait de passer pour une tapette infidèle, et l’autre semblait s’en moquer totalement

— Ah tu m’aimes. Ben oui pourquoi pas. Comment tu peux aimer un type comme moi ?

— J’en sais rien. La foudre m’a pris, faut croire

— Trop romantique ce que tu dis. T’es gay ?

— Non. J’ai une fiancée.

— Mais tu m’aimes quand même. T’es peut-être bisexuel, qui sait.

— On peut arrêter de parler de ça ? Tu peux t’endormir et oublier ?

— Non. Parce que je crois que je t’aime bien aussi.

— Oui, tu m’aimes bien.

— Nan mais ce que je veux dire c’est qu’on pourrait essayer.

— T’es gay ?

— Non, mais je suis libre à toute proposition.

— Quoi, toi ?

— Oui, moi.

— T’es vraiment bourré.

— Oui, et bordel, j’avais raison quand je disais que t’étais beau.

— Ca change rien au fait que t’as bu. Bon j’y vais.

— Non tu ne pars pas.

— Si.

— Non.

Mais Tom n’écouta pas ce que lui disait François et il se leva pour partir. Seulement, encore une fois celui-ci le retint à croire que ça l’amusait.

Cette fois, il le tira et l’embrassa à pleine bouche. Comme ça, à cause de l’alcool et aussi pour tester comment c’était avec un garçon

— C’est pas mal.

Le cœur du blond était tout retourné, et il sentait que tous ses muscles se paralysaient. Ca ne lui faisait jamais ça quand sa future femme lui faisait ça, pourtant à l’instant c’est ce qui venait de se passer.

— Mec, t’es rouge, lui fit remarquer l’homme qu’il aimait réellement.

— Ferme-la.

— Non, j’ai pas envie. C’est pas mal d’embrasser un garçon. Tu sais quoi, on devrait se voir plus souvent.
— N’importe quoi.

— Reste au moins dormir, si je te jette demain t’auras le droit de plus jamais me voir

— Oui et ma réputation sera finie.

— Maiiis non.

— Mais si.

— T’es chiant, allez reste.

Vu le regard insistant du brun, le blond eut un long soupir et fini par accepter. Demain il se ferait sûrement jeter, mais bon.

Seulement, au petit matin quand François ouvrit les yeux, plutôt que de jeter violemment cet écrivain qu’il aimait bien, il le garda contre lui.

Ce fut comme ça que se déroula leur quatrième rencontre.

Après cet événement, et ses aveux que malheureusement François n’avait pas oublié, leur cinquième rencontre ne se fit pas attendre, et encore moins leur sixième voire même leur huitième.

Tom quitta bien évidemment sa fiancée, comprenant que de toute façon il ne pourrait plus reculer, qu’il n’était peut-être pas gay, sûrement bi, et que ce n’était pas si mal, parce que tout salaud qu’il était, François était un type sympa.

Ils restèrent donc ensemble jusqu’à la fin de leurs jours, et sans jamais se quitter.

Tout ça parce qu’un jour, Tom était entré dans ce café qu’il affectionnait, et qu’il l’avait vu. Comme quoi, il suffit d’un seul regard pour que parfois l’amour tombe comme de la foudre.
Mais comme on dit dans le café Minuit Bleu,

Midnight blue, may your dreams come true, hope is midnight blue.

FIN

 

 

Artiste choisi : La phrase à la fin, provient donc de la chanson de Midnight Blue (Minuit Bleu donc), qui vient du groupe d’une amie, nommé « Les Ménestrels des Terres de Lune » dont j’ai utilisé également, Tan-Noz (feu follet), Samain, Enfants de la musique et Danse de l’eau.

*

L’Auteur : Alexis Lauriet est un koala mangeur de livre et tapeur sur le clavier, qui adore Photoshop et les mangas. Actuellement étudiante en BTS Médias Numériques, elle passe son temps libre à lire, à écrire et à participer à des forums de jeux de rôles. « J’ai beaucoup d’idées mais c’est parfois difficile de les mettre en place, du coup j’écris surtout des nouvelles parce que je suis sûre d’en finir ! »

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One thought on “Rencontres orageuses, par Alexis Lauriet

  1. « Est-ce qu’on a élevé les poules ensemble ? »
    Faut que je retienne cette phrase…

    OH, OH, ET JE PEUX FAIRE MON COMMENTATEUR INTÉRESSANT : y’a des fautes d’ortho (une chemise mal boutonnéE, ou barbe mal raséE 😉 )

    Bref ^^ »

    Très touchant. J’ai presque envie de connaître la fiancée pour le coup, mais au final, je trouve bien comme ça. 😀

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