Insomnie, par Alexis Lauriet

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[24 Heures de la Nouvelle 2013. Les auteurs devaient placer au moins 5 titres de chansons du même artiste à travers le texte.]

 

Au début je me disais « fichtre, si je continue comme ça, je ne dormirai même plus, je vais devenir un vampire ». Au début, ce n’était pas si mal, j’étais en vacances, et le fait que je vive la nuit ne me dérangeait absolument pas. Bon, il y avait bien mes parents qui gueulaient parce que des fois je mettais le bazar dans ma chambre à quatre heures du matin, que j’apprenais à faire des avions en papier à six, que je parlais tout seul à trois heures, que j’entreprenais de ranger ma chambre à deux et enfin, que je faisais l’inventaire de tous les livres dans ma bibliothèque à une heure.

Au début, moi ça m’amusait bien de vivre comme ça, de dormir au lever du soleil, et de me réveiller pour manger. Je le vivais bien, et puis je découvrais pleins de moyens d’occuper ma nuit, de toutes les façons possibles et inimaginables. Bien sûr, durant cette période, mon ordinateur fut mon meilleur ami, et maintenant que j’y pense, si je ne l’avais pas eu à cette époque, mes vieux auraient eu encore plus envie de me jeter dehors avec ma tente, et mon bazar.
Au début, j’avais limite oublié pourquoi je devais faire ça. Pourquoi j’étais obligé d’attendre que le soleil se lève pour pouvoir enfin fermer mes yeux et sentir le sommeil m’envahir sans que ses visions cauchemardesques viennent m’empêcher de dormir. C’est que j’étais un peu tête en l’air, en vrai.

Alors, le jour où j’ai voulu dormir, où je me suis dit « ah c’est bon, c’est fini », je me suis souvenu de ce miroir juste en face de mon lit, et de l’histoire qui allait avec. Comme quoi il y avait un fantôme qu’on pouvait appeler à une certaine heure, et que dès qu’elle arrivait, elle vous étranglait, le plus souvent, parce que des fois c’était bien pire.

Forcément, vous admettrez que cette histoire était complètement, mais alors stupide au possible. Déjà, je n’étais pas obligé de l’appeler si je ne voulais pas, ensuite, les fantômes ça n’existe pas, et puis au vu de toutes les versions qu’il y avait sur ce fantôme au nom de cocktail il m’était difficile de savoir réellement ce qui allait m’arriver.

Pourtant, c’était bien ça qui était la raison de mes insomnies, depuis trois jours. Ca faisait trois jours, que je m’empêchais de regarder l’heure sur l’ordinateur, voire même de m’approcher du miroir de mon placard, de peur qu’un fantôme m’attrape par derrière et me tue. Et je ne pouvais pas fermer les yeux tant que j’avais cette idée en tête, c’était bien trop effrayant.

Ainsi, le jour où j’ai voulu dormir, j’ai bien compris que ça ne serait pas possible, parce que de toute façon j’avais trop peur pour ça.

Toute la journée, j’ai tenté de me rassurer, à mater des séries débiles genre Les feux de l’humour, où c’était un perso qui hurlait à la mort « la femme de mon pote est trop bonne, je vais me la faire même si c’est un koala ! ». Je m’occupais comme je pouvais l’esprit pour oublier ce maudit fantôme envahissant et inexistant qui me pourrissait la vie.

Mais mes nuits continuaient d’attendre le jour venir, et mes cernes bouchant mes yeux grandissaient à vu d’œil. Alors je ne savais pas quoi faire. J’eus beau demander de l’aide à ma cousine, à ma mère, à mon père, rien à y faire. En plus de cela, mes parents tentaient comme ils pouvaient de me ménager, vu que j’étais aussi de mauvaise humeur. Mais des ménagements n’étaient pas ce qui allaient changer mon air méchant, ni mon problème.

Tout avait commencé à cause de ma sœur, qui elle aussi était fan de séries, et qui en avait regardé une. Me racontant un épisode sur ce fantôme flippant, que je haïssais depuis si longtemps, qui était la cause de ma peur des esprits.

Franchement, encore une fois, quand j’y pense, avoir peur des fantômes avec une mère entrepreneur de Pompes Funèbres. Quel paradoxe.

A cause de cet épisode, et de ma sœur qui tel une lâche m’avait quitté pour partir chez notre frère deux jours après, j’étais devenu noctambule.

Forcément, après, j’étais complètement fatigué, je ne pouvais même plus me lever le matin et avoir la motivation de faire quelque chose. Plus ça allait, moins j’allais bien, justement. Au final, j’ai même arrêté d’écrire, je me contentais de regarder des séries à la noix, de bâiller, de me dire que ça ira. Que ce problème qui me hantait allait finir par être vaincu pour de bon. Pour de vrai.
J’allais pouvoir dormir.

Je n’étais pas insomniaque à ce point quand même, si ? Non.

En même temps, à côté je faisais des déprimes, je pleurais pour rien, je me sentais seul, j’avais qu’une envie c’est me serrer contre quelqu’un et lui dire tous mes malheurs, a la place je versais mes mots sur Skymock, plateforme si connu par sa façon facile de se faire des « amis » et pour devenir connu et avoir le plus de commentaires moi j’avais juste un skytroblog parce que c’était facile à gérer et parce que je me prenais pas la tête à faire que mes articles soient les plus beaux du monde.

Mais personne ne me répondait, parce que ce blog, il était juste pour moi.

Je parlais au vide, qui vous le savez bien, n’est pas en mesure de répondre.

Alors bien sûr, tout le monde n’était pas parti en vacances, d’accord, on était en été, mais il y avait une limite. Donc, je me raccrochais à ces gens, à toutes ses personnes qui sûrement ont dû endurer mon caractère d’insomniaque, qui en a assez.

Mais j’en pouvais plus.

J’en pouvais vraiment plus.

J’avais qu’une envie, fermer les yeux, et dormir.

Je maudissais cette peur qui c’était dévoilé en moi. Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait bien sûr, ah ça non. Tout avait commencé ce jour d’Europapaspark, où la nuit même, au moment où j’ai osé fermer mes yeux, j’étais encore dans les manèges, et ça tournait, ça tournait et…

Ouvrir les yeux et arrêter de voir ça.

C’est ce que je faisais et que je fais toujours à chaque fois que ces choses que je refuse de voir m’envahissaient. Et la seule solution est d’attendre que le soleil se lève, mais qu’est ce qu’il en met du temps ce sale type ! Et vas y qu’en plus des fois je me lève plus tard, et que parfois c’est l’inverse, obligé de regarder tous les jours jusqu’à quand j’ai à attendre.

Jusqu’à quand je vais enfin pouvoir fermer les yeux et sentir Morphée me dire coucou sans me mettre des visions qui me font peur et me bloquent.

Et ça a fait ça avec tout. Un film sur les contes très sombre, un film assez triste, un site sur les tueurs en série….

Je regarde ma sœur jouer à un jeu d’horreur et hop c’est bon. Je regarde un truc à peine traumatisant, et hop. Je regarde le résumé de films d’horreur sans les regarder, et hop.

A la fin, je me disais que j’aimerais bien que cette crise se finisse, et que Bloody Mary, au nom pourri me faisais bien ch…. Et je n’y croyais même plus, c’était presque comme si j’avais pris cette habitude de dormir dès que ce maudit soleil que je hais de toute façon se réveillait.
A la fin, je me disais que c’était pas si mal de dormir la nuit, même si la nuit, c’était très joli de la regarder, surtout quand elle ressemblait à un quartier de mandarine.

A la fin, je regrettais les moments d’école où j’étais de toute façon obliger de dormir la nuit, parce que sinon je mourrais d’une nuit blanche.

A la fin, j’avais qu’une envie, c’est que ma sœur rentre, me remplisse l’esprit d’autre chose, et surtout que je puisse dormir avec elle pour être sûr qu’il ne m’arriverait rien.

Mais bon sang, quand est-ce que cette malédiction va-t-elle me lâcher ? J’ai pas le droit d’avoir une vie normale comme tout le monde, hein ?!

Je peux pas avoir le droit de dormir comme les autres ?

C’est ça ?!

Je suis obligé d’écrire ce texte pour essayer ne serais-ce qu’un peu de briser la malédiction !
On dirait même que j’écris une histoire qui date d’il y a longtemps alors que non bon sang !
Comme si écrire ça allait changer quelque chose !

Il est quatre heures du matin ! Bordel !

J’en ai marre, quand est-ce que tu te lèves soleild e mrde ?

Quand est-ce que tu montres le coin e tonez ?

Qu’est c qur tu fois ?

Allez viens !

S’il te plait sauve-moi la vie, j ‘t’en supplie, ‘jai besoin de toi, si tu me laisses là, qu’st ce que je vais devenir, qu’est ce qui m’arriver, j’ose même pas imaginer, s’ilt e plait, j’en ai marre de boody mary, j’en ai marre de tout ça, tout ce que je veux moi c’est fare un groos dodo et demain me réveiller tout frais tout requinqué et pouvoir envfin écrire saqns sentir la fatigue dans mes doigts, et sans perdre la motivation d’un coup s’il te plait, regarde je regarde le miroir, regarde je dis bloody mary et y se passe même rien, je sais que c’est de l’arnaque, alors merde. Regarde, je me couyche même, mon oreilleer est douillet, mais si je ferme les yeux, ou is ije feme les yeux, ahah je peux e ncore écrire t’as vu je peux encore écrire et c’estn’iùmportequoi moi j’neaipasmarre je veux q_ue ça t’arrête ! Et pismincejelaisestombety et je veux juste dormir moi fouté moi la paix laissef moi trnaquilleehhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhvclkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkùdxswdfghjklmùiyuç-à_z_aqswdjxcvbn, ;lmù*^poiuyo

FIN

 

Artiste choisi : Aldebert.

  • L’inventaire
  • Tête en l’air
  • La femme de mon pote
  • Des ménagements
  • Noctambule

*

L’Auteur : Alexis Lauriet est un koala mangeur de livre et tapeur sur le clavier, qui adore Photoshop et les mangas. Actuellement étudiante en BTS Médias Numériques, elle passe son temps libre à lire, à écrire et à participer à des forums de jeux de rôles. « J’ai beaucoup d’idées mais c’est parfois difficile de les mettre en place, du coup j’écris surtout des nouvelles parce que je suis sûre d’en finir ! »

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